Christian Vasselle vivait depuis plus de 25 ans à Bali. Il s’était embarqué dans l’aventure de « Suzon et la République » dans laquelle il devait jouer le rôle d’un gendarme moustachu qu’il a incarné sur notre couverture du mois dernier ; la mort l’a fauché une semaine avant de monter sur scène. Quelques-uns de ses amis ont voulu lui rendre un dernier hommage.
SMS : « Tu es chez toi ? » - « Oui » - « Je passe. » Evidence des doigts de la main. Christian, vieux frère. Bon vivant, truculent et nonchalant à la fois, gouailleur, ivrogne des bons soirs, bénévole des drôles de causes, oisif devant l'éternel et comme sorti d'un film noir et blanc, il entre en bonhomme du peuple et roi déchu d'un royaume livresque. On pourrait se jeter dans les bras l'un de l'autre et se serrer fort de nos 26 ans d'amitié, mais nos sourires tranquilles et la retenue d'une bise disent tout de la joie de nous revoir. Nos bières et un pâté bien gardé partagé à l'autel des petits plaisirs minuscules, nous évoquons la famille, les amis, la patrie, nos aventures passées et avenir. Moment parfait où tout se joue simplement, complètement. Peinards. Son rôle de gendarme débonnaire qu'il répète avec la troupe de Jean-René le comble de bonheur et lui donne la mesure d'une carrière d'artiste qu'il aurait pu embrasser et qui le rapproche un peu plus de sa sœur comédienne à Paname. Mais Bali lui a sourit. Tout est bien ainsi. Son séjour récent en notre bonne vieille France l'a rempli de ses proches et de sa gourmandise. Il a bien bonne mine, plus serein et joyeux qu'à l'habitude. Pour un peu, on irait se taper la cloche à la brasserie du coin en souvenir de notre resto Topi Koki, on monterait au temple de son village pour la prochaine pleine lune, on se repasserait « Les enfants du Paradis » ou « Devos ». C'est comme si c'était fait, mais on a tout le temps... A bientôt alors...
Lola
Et mon ami s’est endormi au pays des histoires. Que sa vie a été bien remplie. Un peu trop tôt l’échappatoire. Un peu plus tard, nous nous r'trouv'rons. Nous y ferons les 400 coups dont quelques-uns à boire au vieux comptoir du temps perdu. Comme une voile dans le lointain, le temps s'étale, Christian, le temps s'étend et se retient. Le temps s'étale, Christian, le temps s'éteint et se restreint. Bises à toi et aux amis.
Philippe
Pilier du Comite des fêtes du Consulat de Bali depuis sa création, Christian en était un des principaux animateurs et cumulait les fonctions de trésorier et d'animateur de notre site qu'il faisait vivre continuellement. Il était de ceux qui avaient accueilli Socrate à son arrivée à Bali, pour la création de ce qui devait devenir la Gazette de Bali. Plus qu'un ami, Christian était incontournable et il sera irremplaçable. Je ne sais comment exprimer ma tristesse devant ce brusque drame, que rien ne laissait présager... Christian, toi qui incarnais la joie de vivre, tu me manques déjà et tu nous manqueras à tous, pour toujours. Sois heureux là où tu es maintenant et continue à veiller de la haut sur la bonne marche du Comité des fêtes qui, sans toi, se sent terriblement orphelin… Mille pensées pour ta famille et pour tes proches.
Un de tes amis de Bali, Michel Schmit
Ceux qui savent s'adapter
Nouveau rebond, cette fois encore en contrepoids, à cette vague de détestation de Bali qui semble s’emparer à la fois des résidents de longue date et des touristes nouvellement arrivés et qui se fait de plus en plus souvent écho dans notre journal. Michel Schmit, contributeur occasionnel de la page sport, a son idée sur la question….
A mon sens, il y a 2 catégories de gens. Ceux qui savent s'adapter en sachant habilement et intelligemment contourner les obstacles qui se présentent. Ceux-là n’ont généralement pas ou peu de problèmes et sont donc aptes à voyager. Et puis, il y a les autres, les plus nombreux, ceux qui tombent dans tous les pièges et souvent attirent, voire provoquent les ennuis.
Je suis très étonné par les nombreux courriers dénonçant toutes sortes d'arnaques et d'attitudes hostiles balinaises. Il y en a, certes, mais que ces râleurs comparent avec toutes les régions touristiques françaises ou autres en période estivale. Peut-être que je me trouve tout simplement toujours au bon endroit au bon moment tandis que d'autres, allez savoir, ont la « malchance » de se retrouver systématiquement du mauvais côté au mauvais moment. Mais j'en doute. Collectionner en quelques jours plus de problèmes que je n'en ai jamais rencontré en 13 ans de vie à Bali, c'est vraiment la malchance ultime. Jamais de problème avec mon voisinage balinais, dont tous sont devenus des amis, jamais de gros problèmes avec des policiers corrompus, qui n'insistent jamais trop longtemps lorsque nous sommes en règle, il suffit de rester ferme et souriant, sans plus. En cas de légère infraction, 50 000Rp sans reçu et le policier est content.
Jamais de problème avec les gardiens de temple, tellement il est évident que le port du sarong est logique. Jamais de problème avec les fillettes vendeuses de cartes postales et colifichets en tout genre qui essaient seulement autour des temples de gagner un peu d'argent auprès des touristes. Là encore, il suffit de refuser avec le sourire ou de leur acheter 3 cartes postales pour quelques roupies, sachant qu'elles seraient bien plus heureuses à jouer avec des gamines de leur âge si la possibilité leur en était donnée. Jamais de problème avec les chauffeurs de taxi de l'aéroport car ils ne cherchent à arnaquer que ceux en qui ils sentent le pigeon et qui sont désagréables. Jamais entendu de réflexion du genre : « si t'es pas content, retourne dans ton pays » ou « si tu n'as pas d'argent, pourquoi tu discutes avec moi ». Jamais de problème avec un « parking guy », qu'il ne me viendrait jamais à l'esprit de traiter de « rossignol local à qui on a greffé un sifflet sur les lèvres depuis tout petit », même si le son est agressif, j'en conviens. Il vaut bien mieux qu'ils sifflent, plutôt que de voler. Alors pour moi, les pneus crevés, les menaces des voisins et les arnaques policières ou autres, sont avant tout le résultat d'un comportement inadapté aux habitudes locales, prouvant que ces gens ne sont pas prêts à voyager. Pour les Balinais vivant du tourisme, l'étranger, qui pour eux a forcément de l'argent puisqu'il a pu s'offrir le voyage à Bali, est peut-être un pigeon à plumer, mais il ne plumeront que ceux en qui ils sentent l'arnaque possible, car ce sont de fines mouches.
Par le passé, seuls voyageaient les gens d'expérience, des quasi professionnels rompus à tous les exercices du routard. Maintenant, avec toutes les facilités qui leur sont offertes, beaucoup font le grand saut sans y être préparés et se retrouvent désarmés devant le plus petit obstacle qui fatalement se présentera à eux. Ils se noient dans une goutte d'eau. D'où leurs désillusions et rancœurs exposées, car ces malheureux, se prenant pour des grands aventuriers, pensent tout pouvoir obtenir rapidement, facilement et quasi gratuitement en venant dans des îles paradisiaques encore peuplées, à leurs yeux, de gens en voie de développement.
J'ai travaillé dans une bonne cinquantaine de pays d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient, sans jamais rencontrer de problèmes majeurs et pourtant certains étaient en période de troubles, avec coup d'Etat et couvre-feu. Savoir voyager n'est pas donné à tout le monde et il faut un état d'esprit pour cela. Amitiés. Michel Schmit.
A mon sens, il y a 2 catégories de gens. Ceux qui savent s'adapter en sachant habilement et intelligemment contourner les obstacles qui se présentent. Ceux-là n’ont généralement pas ou peu de problèmes et sont donc aptes à voyager. Et puis, il y a les autres, les plus nombreux, ceux qui tombent dans tous les pièges et souvent attirent, voire provoquent les ennuis.
Je suis très étonné par les nombreux courriers dénonçant toutes sortes d'arnaques et d'attitudes hostiles balinaises. Il y en a, certes, mais que ces râleurs comparent avec toutes les régions touristiques françaises ou autres en période estivale. Peut-être que je me trouve tout simplement toujours au bon endroit au bon moment tandis que d'autres, allez savoir, ont la « malchance » de se retrouver systématiquement du mauvais côté au mauvais moment. Mais j'en doute. Collectionner en quelques jours plus de problèmes que je n'en ai jamais rencontré en 13 ans de vie à Bali, c'est vraiment la malchance ultime. Jamais de problème avec mon voisinage balinais, dont tous sont devenus des amis, jamais de gros problèmes avec des policiers corrompus, qui n'insistent jamais trop longtemps lorsque nous sommes en règle, il suffit de rester ferme et souriant, sans plus. En cas de légère infraction, 50 000Rp sans reçu et le policier est content.
Jamais de problème avec les gardiens de temple, tellement il est évident que le port du sarong est logique. Jamais de problème avec les fillettes vendeuses de cartes postales et colifichets en tout genre qui essaient seulement autour des temples de gagner un peu d'argent auprès des touristes. Là encore, il suffit de refuser avec le sourire ou de leur acheter 3 cartes postales pour quelques roupies, sachant qu'elles seraient bien plus heureuses à jouer avec des gamines de leur âge si la possibilité leur en était donnée. Jamais de problème avec les chauffeurs de taxi de l'aéroport car ils ne cherchent à arnaquer que ceux en qui ils sentent le pigeon et qui sont désagréables. Jamais entendu de réflexion du genre : « si t'es pas content, retourne dans ton pays » ou « si tu n'as pas d'argent, pourquoi tu discutes avec moi ». Jamais de problème avec un « parking guy », qu'il ne me viendrait jamais à l'esprit de traiter de « rossignol local à qui on a greffé un sifflet sur les lèvres depuis tout petit », même si le son est agressif, j'en conviens. Il vaut bien mieux qu'ils sifflent, plutôt que de voler. Alors pour moi, les pneus crevés, les menaces des voisins et les arnaques policières ou autres, sont avant tout le résultat d'un comportement inadapté aux habitudes locales, prouvant que ces gens ne sont pas prêts à voyager. Pour les Balinais vivant du tourisme, l'étranger, qui pour eux a forcément de l'argent puisqu'il a pu s'offrir le voyage à Bali, est peut-être un pigeon à plumer, mais il ne plumeront que ceux en qui ils sentent l'arnaque possible, car ce sont de fines mouches.
Par le passé, seuls voyageaient les gens d'expérience, des quasi professionnels rompus à tous les exercices du routard. Maintenant, avec toutes les facilités qui leur sont offertes, beaucoup font le grand saut sans y être préparés et se retrouvent désarmés devant le plus petit obstacle qui fatalement se présentera à eux. Ils se noient dans une goutte d'eau. D'où leurs désillusions et rancœurs exposées, car ces malheureux, se prenant pour des grands aventuriers, pensent tout pouvoir obtenir rapidement, facilement et quasi gratuitement en venant dans des îles paradisiaques encore peuplées, à leurs yeux, de gens en voie de développement.
J'ai travaillé dans une bonne cinquantaine de pays d'Asie, d'Afrique et du Moyen-Orient, sans jamais rencontrer de problèmes majeurs et pourtant certains étaient en période de troubles, avec coup d'Etat et couvre-feu. Savoir voyager n'est pas donné à tout le monde et il faut un état d'esprit pour cela. Amitiés. Michel Schmit.
l'histoire de la ceinture verte
Sous le titre « L’histoire de la ceinture verte », notre ancien contributeur Rainer nous compte par le menu une malencontreuse rencontre nocturne avec un reptile de bonne taille et son dénouement heureux et sans violence pour tous les protagonistes.
Ceci est une histoire à 100% vraie. Une nuit, ma femme se lève pour satisfaire un besoin naturel. Comme elle connaît la maison par cœur, elle n’a pas besoin de chausser ses lunettes, même si sa myopie lui fait miroiter les objets de façon légèrement déformée et qu’elle évolue dans un monde plus fantastique que réel. Ainsi handicapé, les yeux embués par le sommeil, ses pieds nus frôlent le carrelage lisse dont la lune fait faiblement luire l’uniformité beige. Quand elle aperçoit une ceinture qui traîne par terre, elle se fait la remarque judicieuse : « C’est bizarre, je n’ai pas de ceinture verte ! » Juste à ce moment-là, la ceinture se met à bouger ce qui engendre la prochaine réflexion ingénieuse : « Je n’ai pas de ceinture qui bouge ! »
Frappée par la cruelle évidence qu’aucune ceinture serait capable de se tortiller devant ses pieds, des souvenirs d’enfance lui reviennent à l’esprit. Née et élevée à la campagne balinaise, elle a souvent côtoyé des serpents, lors de rencontres les unes plus désagréables que les autres. Ce qui ne la rend pas plus aguerrie pour autant. Au contraire, depuis cette époque-là, elle garde une peur bleue de tout ce qui rampe par terre. Réaction normale : elle me réveille. Bien que je ne sois qu’à cinq mètres du lieu du crime, j’arrive juste à temps pour voir une queue verte disparaître sous ma bibliothèque. Une queue d’une belle épaisseur d’ailleurs, disons celle d’une saucisse. Non pas d’une merguez, plutôt celle d’un boudin. (Et nous sommes des spécialistes !)
Bien, résumons : il est deux plombes du mat et nous avons un serpent vert dans notre chambre à coucher. Il faut savoir que les Balinais ont une frousse carabinée des serpents verts, bien que Ron Lilley affirme que sur les 35 espèces de serpents présents à Bali, il n’y en ait que cinq de venimeuses (cf. La Gazette de Bali n°42 – novembre 2008). Encore faudrait-il les reconnaître… J’avais eu connaissance d’un service qui promettait d’enlever gratuitement des reptiles 24/24h. Je retrouve les coordonnées de la « Bali Reptile Rescue » et, légèrement gênés, car entretemps il est 2h30, nous téléphonons. Vingt minutes plus tard, Peter et Shinta arrivent et se font expliquer la situation. Munis d’une longue tige métallique, l’extrémité courbée en crochet, ils regardent derrière les rideaux, sous les lits et sous les armoires.
Ma crainte, c’est d’avoir appelé pour rien, si la bête s’est déjà échappée par les fenêtres de derrière. C’est là que Peter, petit Anglo-Saxon barbu et sympathique, finit par dénicher l’intrus enroulé derrière mes livres, à quelques centimètres de l’endroit où il avait disparu de notre vue. Il s’écrie : « Oh, what a beauty! », comme s’il en était tombé amoureux. Mais certainement faut-il être amoureux des serpents pour avoir créé cette organisation à fonds privés (Les dons sont les bienvenus !) et pour avoir envie de se lever plusieurs fois par semaine en pleine nuit pour de telles expéditions. Il la tient en l’air, la regarde de tous les côtés, et n’arrête pas de répéter comme elle est belle : « Such a nice specimen of a white-lipped green pit viper .» En effet, c’est une vipère arboricole de presque un mètre qui semble trop grosse pour que nos chats aient envie de l’affronter. Peter nous montre les crocs impressionnants : longs de plus d’un centimètre, ils peuvent traverser n’importe quels gants de cuir. A ma question, Peter m’explique le sort des animaux qu’il capture. Les agriculteurs sont très demandeurs de serpents non-venimeux pour exterminer les rongeurs. Tandis que les venimeux sont relâchés au fin fond de la forêt du parc national. Si Peter n’avait pas une tête inspirant une confiance sans limites, j’aurais parié en entendant son cri joie devant l’excellente constitution de la bête, qu’il se faisait un bon paquet de fric en les vendant au restaurant « King Cobra » de Kuta.
Ainsi se termine l’histoire de la ceinture verte. Ma femme insiste pour dire qu’elle m’a sauvé la vie (si jamais tu avais voulu saisir un de tes livres…) Moi, j’estime avoir sauvé la sienne en faisant venir si promptement la cavalerie à la rescousse. En fin de compte, c’est certainement ce couple hors normes qui nous a sauvé… au moins d’une nuit blanche. Rainer Bali Reptile Rescue tél. : 0812 46 67 21 90 (anglais) 0821 46 38 02 70 (bahasa) http://breptile-rescue.blogspot.com
Ceci est une histoire à 100% vraie. Une nuit, ma femme se lève pour satisfaire un besoin naturel. Comme elle connaît la maison par cœur, elle n’a pas besoin de chausser ses lunettes, même si sa myopie lui fait miroiter les objets de façon légèrement déformée et qu’elle évolue dans un monde plus fantastique que réel. Ainsi handicapé, les yeux embués par le sommeil, ses pieds nus frôlent le carrelage lisse dont la lune fait faiblement luire l’uniformité beige. Quand elle aperçoit une ceinture qui traîne par terre, elle se fait la remarque judicieuse : « C’est bizarre, je n’ai pas de ceinture verte ! » Juste à ce moment-là, la ceinture se met à bouger ce qui engendre la prochaine réflexion ingénieuse : « Je n’ai pas de ceinture qui bouge ! »
Frappée par la cruelle évidence qu’aucune ceinture serait capable de se tortiller devant ses pieds, des souvenirs d’enfance lui reviennent à l’esprit. Née et élevée à la campagne balinaise, elle a souvent côtoyé des serpents, lors de rencontres les unes plus désagréables que les autres. Ce qui ne la rend pas plus aguerrie pour autant. Au contraire, depuis cette époque-là, elle garde une peur bleue de tout ce qui rampe par terre. Réaction normale : elle me réveille. Bien que je ne sois qu’à cinq mètres du lieu du crime, j’arrive juste à temps pour voir une queue verte disparaître sous ma bibliothèque. Une queue d’une belle épaisseur d’ailleurs, disons celle d’une saucisse. Non pas d’une merguez, plutôt celle d’un boudin. (Et nous sommes des spécialistes !)
Bien, résumons : il est deux plombes du mat et nous avons un serpent vert dans notre chambre à coucher. Il faut savoir que les Balinais ont une frousse carabinée des serpents verts, bien que Ron Lilley affirme que sur les 35 espèces de serpents présents à Bali, il n’y en ait que cinq de venimeuses (cf. La Gazette de Bali n°42 – novembre 2008). Encore faudrait-il les reconnaître… J’avais eu connaissance d’un service qui promettait d’enlever gratuitement des reptiles 24/24h. Je retrouve les coordonnées de la « Bali Reptile Rescue » et, légèrement gênés, car entretemps il est 2h30, nous téléphonons. Vingt minutes plus tard, Peter et Shinta arrivent et se font expliquer la situation. Munis d’une longue tige métallique, l’extrémité courbée en crochet, ils regardent derrière les rideaux, sous les lits et sous les armoires.
Ma crainte, c’est d’avoir appelé pour rien, si la bête s’est déjà échappée par les fenêtres de derrière. C’est là que Peter, petit Anglo-Saxon barbu et sympathique, finit par dénicher l’intrus enroulé derrière mes livres, à quelques centimètres de l’endroit où il avait disparu de notre vue. Il s’écrie : « Oh, what a beauty! », comme s’il en était tombé amoureux. Mais certainement faut-il être amoureux des serpents pour avoir créé cette organisation à fonds privés (Les dons sont les bienvenus !) et pour avoir envie de se lever plusieurs fois par semaine en pleine nuit pour de telles expéditions. Il la tient en l’air, la regarde de tous les côtés, et n’arrête pas de répéter comme elle est belle : « Such a nice specimen of a white-lipped green pit viper .» En effet, c’est une vipère arboricole de presque un mètre qui semble trop grosse pour que nos chats aient envie de l’affronter. Peter nous montre les crocs impressionnants : longs de plus d’un centimètre, ils peuvent traverser n’importe quels gants de cuir. A ma question, Peter m’explique le sort des animaux qu’il capture. Les agriculteurs sont très demandeurs de serpents non-venimeux pour exterminer les rongeurs. Tandis que les venimeux sont relâchés au fin fond de la forêt du parc national. Si Peter n’avait pas une tête inspirant une confiance sans limites, j’aurais parié en entendant son cri joie devant l’excellente constitution de la bête, qu’il se faisait un bon paquet de fric en les vendant au restaurant « King Cobra » de Kuta.
Ainsi se termine l’histoire de la ceinture verte. Ma femme insiste pour dire qu’elle m’a sauvé la vie (si jamais tu avais voulu saisir un de tes livres…) Moi, j’estime avoir sauvé la sienne en faisant venir si promptement la cavalerie à la rescousse. En fin de compte, c’est certainement ce couple hors normes qui nous a sauvé… au moins d’une nuit blanche. Rainer Bali Reptile Rescue tél. : 0812 46 67 21 90 (anglais) 0821 46 38 02 70 (bahasa) http://breptile-rescue.blogspot.com
déclaration au poste de police
Retour de l’écrivaine Papaya avec un petit texte sur la corruption ordinaire…
La corruption prospère sur le terreau de toutes ces situations apparemment anodines où l’Indonésien n’ose pas s’affirmer par peur de déplaire ou de se faire remarquer : au warung où il n’osera pas renvoyer un plat infect à la cuisine ou bien au travail où il ne mouftera pas si on lui fait faire des heures sup à gogo. Hier, de retour de France, je me suis présentée au poste de police pour faire enregistrer ma présence sur le territoire indonésien. Il faut se dépêcher, on n’a que 24h pour le faire (une seule nuit, pour être précise) et il parait que de nos jours des policiers affamés rôdent autour des kost (= studio) à touristes pour vérifier que la loi est appliquée. Comme je me suis déjà fait griller une fois je me dépêche ! Les amendes sont costaudes. Moi, j’ai payé 5.000.000 rp… négociable, si vous voyez ce que je veux dire.
Mais certains bailleurs ou hôtes négligents ont raqué encore bien plus que cela, parait-il. Le policier me demande pourquoi c’est moi qui vient et non mon propriétaire. « Il ne peut s’absenter de sa boutique » réponds-je. Il remplit alors un formulaire sur une machine à écrire à l’ancienne et me le tend. « C’est tout ? » demandé-je bêtement.
Zut, pourquoi lui ai-je tendu une perche ? Voici qu’il me montre deux doigts en me regardant d’un air glauque. Je fais semblant d’avoir reconnu le V de la Victoire mais il précise « 20000 rp for admin’. » « Ah bon ?? Y a des fois ou c’est payant et des fois où c’est gratis ?? » Euh, il n’avait rien dit ! Il balaye vite tout ça d’un «Tidak apa apa! » et me voilà dehors.
Plus tard, à l’occasion d’un coup de téléphone à mon propriétaire, je glisse à celui-ci que le policier a regretté son absence. « Normal ! Si c’est moi, le Balinais qui me présente, il va me soulager de 50 000 rp, c’est plus rentable pour lui.» Et il rit, selon la coutume. Nancy Causse Yogya dite Papaya
La corruption prospère sur le terreau de toutes ces situations apparemment anodines où l’Indonésien n’ose pas s’affirmer par peur de déplaire ou de se faire remarquer : au warung où il n’osera pas renvoyer un plat infect à la cuisine ou bien au travail où il ne mouftera pas si on lui fait faire des heures sup à gogo. Hier, de retour de France, je me suis présentée au poste de police pour faire enregistrer ma présence sur le territoire indonésien. Il faut se dépêcher, on n’a que 24h pour le faire (une seule nuit, pour être précise) et il parait que de nos jours des policiers affamés rôdent autour des kost (= studio) à touristes pour vérifier que la loi est appliquée. Comme je me suis déjà fait griller une fois je me dépêche ! Les amendes sont costaudes. Moi, j’ai payé 5.000.000 rp… négociable, si vous voyez ce que je veux dire.
Mais certains bailleurs ou hôtes négligents ont raqué encore bien plus que cela, parait-il. Le policier me demande pourquoi c’est moi qui vient et non mon propriétaire. « Il ne peut s’absenter de sa boutique » réponds-je. Il remplit alors un formulaire sur une machine à écrire à l’ancienne et me le tend. « C’est tout ? » demandé-je bêtement.
Zut, pourquoi lui ai-je tendu une perche ? Voici qu’il me montre deux doigts en me regardant d’un air glauque. Je fais semblant d’avoir reconnu le V de la Victoire mais il précise « 20000 rp for admin’. » « Ah bon ?? Y a des fois ou c’est payant et des fois où c’est gratis ?? » Euh, il n’avait rien dit ! Il balaye vite tout ça d’un «Tidak apa apa! » et me voilà dehors.
Plus tard, à l’occasion d’un coup de téléphone à mon propriétaire, je glisse à celui-ci que le policier a regretté son absence. « Normal ! Si c’est moi, le Balinais qui me présente, il va me soulager de 50 000 rp, c’est plus rentable pour lui.» Et il rit, selon la coutume. Nancy Causse Yogya dite Papaya
Une réaction à un élément périphérique du témoignage de l’ex-consul Raphaël Devianne sur la première bombe à Bali : le fait que le Sari Club était interdit aux Indonésiens. Avant de s’en offusquer de façon simpliste, rappelons qu’au Paddy’s, on pratiquait une autre ségrégation, cette fois en forme de maquereautage, puisque les Indonésiennes venant non accompagnées - automatiquement considérées comme des prostituées - devaient payer leur entrée. Ce n’était pas le cas des Indonésiens de sexe masculin ni des touristes occidentaux ou autres. Enfin, n’oublions pas la double tarification en vigueur dans de nombreux endroits à Bali où les « bule » payent plus chers que les locaux. Le problème revêt donc de multiples facettes.
Bonjour, je suis un Français vivant à Bali depuis un peu plus d'un mois. J'ai vécu auparavant à Jakarta entre 2002 et 2010 et je parle couramment l'indonésien. J'ai été particulièrement touché par vos articles à propos du Bali Bombing en 2002. Je m'en souviens parfaitement bien, je venais juste d'arriver en Indonésie à ce moment là. Des Balinais m'avaient déjà parlé, quelques mois après ce terrible drame, de cette pancarte à l'entrée du Sari Club qui en interdisait l'accès aux Indonésiens sauf s'ils accompagnaient un « bule ». J'ai appris dernièrement que d'autres établissements à Kuta font actuellement payer un droit d'entrée aux Indonésiens alors que les « bule » peuvent y accéder gratuitement (l'information m'a été donnée par des amis indonésiens et je ne l'ai pas vérifiée de mon propre fait). Les gens ont-ils la mémoire courte, sont-ils dénués de toute capacité de réflexion, ou bien les deux à la fois ? Je me pose la question et je vous pose la question.
Nicolas Clémentz
En réaction à notre article de la page « National » du mois dernier « La police indonésienne à nouveau dans l’œil du KPK », les remarques d’un lecteur à qui nous rappelons que la liberté de la presse a fait d’énormes progrès en Indonésie…
Alors là je dis chapeau ! Je ne sais pas si c'est du courage ou de l'inconscience mais en tout cas c'est bien écrit, comme toujours, et bien dit. Peut être savez-vous pouvoir compter sur la tolérance des responsables balinais, ou bien êtes vous certain qu'ils ne sauront pas lire le français, ou peut- être encore est-ce la disparition mystérieuse de journalistes dérangeants qui n'est pas dans les spécialités balinaises, mais ce que je peux vous dire c'est que vous auriez écrit cela des autorités de certaines républiques des Caraïbes... que personne ne s'étonnerait plus désormais de votre éventuelle disparition ! (ce que je ne vous souhaite bien évidemment pas) Chapeau donc. Et sus à la corruption !
Moi
Ensuite, un autre commentaire de la même personne, cette fois sur un autre article de la même rubrique datant de juin et intitulé « La tolérance indonésienne en échec »…
« Et il y a eu cette levée de boucliers contre la venue de la chanteuse Lady Gaga à Jakarta. L’intolérance prônée par ces islamistes est actuellement dans une spirale ascendante inquiétante. » Mouais... Et en même temps on voit bien avec Lady Gaga et consorts justement jusqu'où nous a conduit cette tolérance (qui est essentiellement de l'abandon, du laisser-faire) et sa spirale ascendante dans nos cultures occidentales. C'est vraiment pas bien brillant à mes yeux et par certains côtés, j'en arriverai presque à comprendre les intolérants dont vous parlez ici et pour ce dont il est question. La vraie question n'est-elle pas plutôt : n'aurait on pas largement dépassé les bornes du côté de « chez nous en se voulant à tout prix libertaires, en s’affichant (s'imposant) au monde ainsi, sous prétexte que c'est de l'art et de la liberté d'expression ? C'est d'ailleurs du commerce, par dessus tout !
Moi
Même Fransoa, notre superstar indonésienne bien à nous, n’a pas hésité à prendre la plume pour critiquer le courrier de Louis…
Bien cher Louis Claus, je m'apprêtais à passer un bon moment en lisant votre lettre « Tribulation... » dont le titre me ravissait déjà, moi-même friand de toutes ces petites arnaques dont nous avons tous été un jour baptisés. Cependant, le sourire qui s'était esquissé sur mon visage disparut au fur et à mesure de ma lecture et à la vue de la noirceur de votre texte. Je souhaiterai donc vous répondre et revenir sur les points dont vous vous êtes trouvé « le pigeon ». Nous passerons vos réflexions sur Kuta et sur sa mer vantée partout (allez donc à la piscine) et sur les masseurs-ouvreurs-vendeurs de noix de coco... (pff, écœurante réflexion...) Bref, vous vous êtes plaint d'avoir payer 500 000 Rp parce que vous ne portiez pas de casque ! Mon dieu, mais vous étiez en parfaite infraction avec la loi du pays ! Le port du casque est obligatoire partout cher Monsieur, à moins d’être en tenue de cérémonie sur votre moto... Vous ne vous seriez pas risqué à rouler sans casque en France je présume, non ? Bien, ici comme partout, il faut respecter la loi si on ne veut pas prendre un PV. Ensuite, votre ascension au mont Batur avec le guide impatient... Oh, mon dieu, mais c'est affreux de se laisser perturber à cause d'un simple guide avec qui il suffisait de converser quelques minutes ou d'expliquer les choses ; vous auriez dû essayer de vous concentrer un peu plus sur la beauté de l'endroit féérique, plutôt que sur le guide, et vous dire par exemple : « Quand je pense qu’au même moment, là, il y en a qui sont dans le métro à Châtelet-les Halles... » Vous verrez ça marche ! Et nous approchons de votre paragraphe le plus écœurant, vos réflexions concernant les temples, ses locations, les redevances péages, les enfants à qui on apprend à mendier et la fameuse « invasion de moustiques entourés de chiens aboyant et la merde touristique de Bali... Bali c'est beau tu verras... » Oh, my God, que vous êtes pathétique... non mais vous n'avez jamais voyagé de votre vie ou quoi ? Des péages et des parcmètres, c'est vrai, ca n'existe nulle par ailleurs qu'à Bali, surtout dans les centres-villes. Les enfants qui mendient ! Jésus-Marie-Joseph... Quelle horreur ! Mais que font-ils là ? C'est vrai, la mendicité, il n'y en a qu’à Bali. Louer un sarong par respect des coutumes ?! La prochaine fois (il n'y en aura pas j'espère), amenez-en un... Je pense, cher Monsieur Claus, qu'avec le niveau de tolérance dont vous êtes guindé, vous ne devriez surtout plus bouger vos fesses de chez vous et rester bien tranquillement à regarder La Roue de la Fortune, ce sera bien meilleur pour votre tranquillité d'esprit touristique et plus adapter à votre étroitesse d'esprit. Quant à la rayure et les 1 200 000 Rp de votre moto, cela reste toujours moins cher que la franchise d'une location de voiture dans n'importe qu'elle pays. Bali, si vous saviez comme c'est beau... sans vous.
Fransoa
Heureusement, il en reste encore qui savent voir les choses de façon positive et sans avoir recours à la méthode Coué de Pierre. En réponse au courrier de Louis le mois dernier titré « Tribulation d’un pigeon voyageur », ce texte de Patrick…
Très cher Louis, vous savez sans doute que des enquêtes internationales classent les Français parmi les touristes les plus râleurs, les plus impolis, les plus radins du monde… une enquête a même désigné pendant trois ans les Français comme les pires touristes du monde… Je ne sais pas si vous êtes Français mais votre courrier de ce mois-ci dans la Gazette de Bali me laisse à penser que vous êtes totalement passé à côté de Bali, est-ce que je me trompe ou bien est-ce votre tournure d’esprit que de ne mettre en avant que les désagréments encourus lors de votre voyage à Bali intitulé avec humour « Tribulation d’un pigeon-voyageur » ?
Si vous n’aviez pas en tête des images de paradis avec jeunes femmes aux seins nus, paysans labourant leurs rizières, nuits éclairées à la seule lumière des lucioles, indigènes souriant aux gentils visiteurs, vous vous attendiez au moins à une île préservée du développement, le silence pour toute musique de fond et une culture tellement empreinte par la religion que l’appât du gain y serait totalement étranger !
Grâce à Internet et/ou à un bon guide, on prépare son séjour et on évite Kuta et Seminyak quand on n’aime pas la vie des stations balnéaires et le shopping, on privilégiera plutôt Munduk et ses rizières. Quand on veut grimper sur une montagne en Indonésie, la seule qu’on évite, c’est le mont Batur et c’est marqué dans tous les guides ! Quand on a une égratignure sur sa motocyclette, on évite de tendre la joue pour se faire battre en la signalant au loueur. Si on rencontre un policier et qu’on est muni de son casque, de son permis international et des papiers de la moto, on ne risque rien, sinon on lâche un billet de 50 000 Rp.
Une fois ces petits problèmes d’intendance réglés, parce que ce ne sont que de petits soucis d’intendance, on peut se livrer entièrement à son bonheur de visiter Bali et d’apprendre tant de choses auprès de ses habitants, de leur sourire, de leur gentillesse. Ici, malgré les apparences, la vie est plus rude qu’en Occident, l’ultra-libéralisme qui ne porte même pas son nom est le mode de pensée unique, aucune protection de quelque nature que ce soit. La vie peut s’arrêter du jour au lendemain à cause d’un accident de motocyclette, d’une dengue, d’un séisme, d’un tsunami ou d’une éruption volcanique alors, quand on peut emmagasiner l’argent rapidement, main business comme on dit ici, on ne s’en prive pas, y compris sur le dos des gentils touristes qui doivent être si riches pour être capables de prendre l’avion pendant tant d’heures !
En quelques jours, quelques semaines ou quelques années passées ici à Bali, on peut réviser tous ces jugements sur la vie, sur l’Orient et l’Occident, sur le travail, sur les relations de couples ou dans sa communauté et c’est sans doute pourquoi tant d’étrangers ont décidé de s’installer sur cette île magique. Bali est tout ce que vous décrivez et parfaitement son contraire. Pour nous étrangers, touristes de quelques jours ou résidents de longue date, c’est une école de vie et si le bizutage ressemble aux « tribulations d’un pigeon-voyageur », sachez que le « diplôme » délivré ici est sans doute le meilleur au monde.
Patrick T.
la méthode coué
Intitulé « Ou l’art de devenir maître dans l’application de la méthode Coué… », un texte qui s’inscrit dans la longue litanie des diatribes qui critiquent le Bali d’aujourd’hui et dont cette page se fait malheureusement de plus en plus souvent l’écho.
Apres 18 ans de vie à Bali, je suis en mesure de pouvoir faire un constat implacable. Les gens qui vivent à Bali sont devenus maître dans l’application de la méthode Coué. Que c’est beau Bali ! La vie n’est vraiment pas chère à Bali ! Les gens sont si sympas à Bali ! Quelle sérénité et quelle quiétude de vivre à Bali !
Sur le point n°1 « C’est beau Bali, tu verras ! » Issu de notre belle île de beauté la Corse, après avoir vécu à la Réunion, avoir visité les Seychelles, l’île Maurice, Raja Ampat, pour ne citer que cela, je me demande encore qu’est-ce qu’il y a d’extraordinaire et d’unique en terme de paysage à Bali ! Pour ma part, je suis plus souvent excessivement gêné où que j’aille, sur la terre comme en mer, par les déchets et autres sacs plastiques disséminés partout ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « Que c’est beau Bali ! »
Sur le point n°2 « La vie n’est vraiment pas chère à Bali. » Il serait plus juste de dire ce n’était vraiment pas cher… Car maintenant, cela en devient hallucinant. On vient de me proposer un terrain à Kuta de 6 ares… 36 milliards! Oupssss ! Je rentre régulièrement en France et depuis quelques années, je refais ma garde robe là-bas, car à Bali les prix avoisinent ceux de la Côte d’Azur en été… Pour finir (car les 44 pages de La Gazette ne seraient pas suffisantes pour l’énumération complète), j’ai eu plusieurs devis pour une cuisine intégrée qui étaient tous supérieurs à 200 millions de roupies… A Ikea, j’ai la même chose pour 7000 euros ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « La vie n’est vraiment pas chère à Bali. »
Sur le point n°3 « Les gens sont si sympas à Bali ! » A la lecture des commentaires de La Gazette, des amis, clients et touristes de passage à Bali, cela semblerait se dégrader à vitesse grand V. J’ai plus l’impression d’être souvent un portefeuille sur 2 jambes qu’autre chose. Même s’il est évident que nous y avons une part de responsabilité (même involontairement). Faire payer un spot de surf… C’est quand même fort de café ! Et j’espère que vous n’aurez pas de problème avec le voisinage (balinais) car vous vous rendrez très vite compte que le sourire légendaire se métamorphose en quelque chose de bien moins accueillant ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « Les gens sont si sympas à Bali ! »
Sur le point n°4 « Quelle sérénité et quelle quiétude de vivre à Bali ! » Alors là, c’est le pompon des pompons… Où que l’on aille, quelque soit le jour ou l’heure de la journée, des embouteillages à n’en plus finir, à tel point que la qualité de vie en devient perturbée. Et bien que je ne détienne pas la vérité, d’après moi c’est loin d’être terminé. Bali, quiétude, sérénité, zenitude, cela rimerait plus avec stress et ras-le-bol ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « Quelle sérénité et quelle quiétude de vivre à Bali ! »
Bravo ! Vous êtes devenus maître dans l’application de la méthode Coué. Pour ma part et pour reprendre une phrase célèbre : Veni, vici, lari ! Bon courage !
Pierre
Tribulation d'un pigeon voyageur
Cette fois, toujours dans le registre des arnaques à Bali, un texte fort bien écrit et amusant (rire jaune quand même !) sous le titre « Tribulation d’un pigeon voyageur ». Notre touriste y passe en revue toutes les escroqueries minables dont les nouveaux visiteurs sont encore et toujours les victimes. A l’heure où les autorités du tourisme et autres marchands de rêves font de plus en plus la promo d’un Bali de pur fantasme, retour à la triste réalité !
Bali, c’est beau, tu verras, les plages, les rizières… Ce qui me fut cru fut fait ! En arrivant à Bali chaudement démoulé de l’avion, j’emmenais mes courbatures à Kuta. En arrivant là, un peu effrayé, je dis au chauffeur du taxi de continuer plus loin afin de m’enfuir de cet enfer grouillant, mais il refusa vu les embouteillages bloquant toutes initiatives d’espoir d’en sortir. J’allais donc à pied vers Legian tout aussi rempli sans discontinuation de bars et boutiques, de vendeurs de babioles unilatérales estampillées « tourist only ». Ici la fraude aux copies de marques n’est pas du tout scandaleuse comme ailleurs, montres, sacs, vêtements, etc. S’habiller en vulgaire nouveau riche comme au paradis donne l’embarras du choix à la portée de toutes les bourses.
Quelle ne fut ma déception ensuite, que dans cette mer vantée partout, on ne nage pas, et il faut s’installer avec les nombreux autres dans la procession de vendeurs-masseurs-ouvreurs de noix de cocos - qu’il y a longtemps qu’ils ne boivent plus eux-mêmes, laissant cette exotique remplissage d’estomac aux touristes - pour regarder les intrépides surfeurs affronter les assauts des vagues. Bali c’est beau tu verras… Plus tard, je me retrouve à Sanur, j’y loue une moto avec casque mais voyant que personne ou presque ne le porte, je me risque un jour de faire les 50 mètres qui me séparent de la plage, non couvert (plage où nager est encore moins probable, pour cause de peu d’eau). Un policier à moto m’ayant repéré à ma couleur étrangère, me rattrape et me réclame 500 000 roupies pour absence de casque ! Rien à faire et il faut payer de suite. A voir les autres, un simple petit foulard noué à l’Indonésienne aurait suffi, ou rien du tout comme la plupart des Balinais. C’est râlant mais bon, si la tranquillité d’esprit est à ce prix, je paie. Et le voilà qui enfourche sa moto et, sans un adieu, il s’en va avec mes sous dans sa poche, me laissant déçu et sans reçu. C’est encore plus râlant. Pour m’en remettre, je me dis que son karma lui revaudra bien ça. Bali, c’est beau, tu verras…
Avec des amis, nous avons programmé une belle excursion au mont Batur. Départ à 4 heures du matin pour arriver à temps pour y voir, du sommet, le lever du soleil. L’arrivée à pied d’œuvre au parking de départ pour l’assaut final fut épique. Prendre un guide désigné et certifié HPPGB est obligatoire, on se demande vraiment pourquoi car il s’agit d’un sentier de randonnée à suivre. Le chauffeur du taxi qui nous a emmenés ne veut pas que nous descendions avant qu’il ne soit allé parler aux guides « officiels » et leur payer notre passage. Sentant le bizarre, pas question, je vais avec lui, les guides essaient de m’empêcher d’entrer dans le bureau de tickets et me dirigent presque de force dans une autre pièce pour me montrer une image du chemin à faire. Pour le guide, on me réclame 250 000 Rp. Aucun tarif affiché ni tickets ! C’est le prix quel que soit le nombre de personnes soit un million pour quatre. Nous avions l’intention de prendre un autre sentier renseigné dans les guides, mais on nous prétend que c’est interdit car endommagé (étonnant non). Finalement, je préfère payer pour acheter notre tranquillité, plutôt que de s’énerver avant le jour qui pointe et râler ensuite. Cela sans tickets ni reçu. Bali, c’est beau, tu verras… Mais le plaisir de marcher dans ce chemin difficile par moment est bien vite gâché par ce guide qui s’impatiente quand l’on s’arrête pour déguster le paysage ou se reposer un peu dans cette belle nature mystérieuse et dramatique. Il semble pressé d’en avoir fini de ce bête chemin avec ces bêtes touristes pour aller chercher les clients suivants. Essayer de lui faire comprendre que nous avons envie de flâner rend la situation peu sympathique, une amie ne voulant suivre ce rythme, décide de s’arrêter et de nous attendre pour la descente. Nous avons bien vu ce beau lever du soleil mais sur fond de pensées ravageuses, il est difficile d’avoir les yeux des premiers jours se levant sur ce panorama d’immense cratère brumeux avec au loin le grand lac se réveillant dans cette fin de nuit d’ombres. Moment fort devant ce puissant phénomène : un volcan. Ceci écrit après coup pour faire joli, car avoir ces pensées contemplatives avec ce guide qui piétine en nous parlant de redescendre, ce que nous fîmes docilement pour en avoir fini de cette randonnée à un million, donné à cette mafia et au gentil taximan qui n’était qu’un truand nous ayant pris en otages dans sa nasse.
Je ne parlerai pas de la visite du temple de Besakih, car là, heureusement, c’est écrit dans tous les bons guides de ne pas y aller. J’ai risqué et suis allé à moto. Je n’ai pas payé la fausse redevance sur la route, ni le parking, ni un ticket d’entrée, ni le guide obligatoire, ni l’enfant qu’on a envoyé me suivre et à qui j’ai demandé de s’en aller, ni le droit de prier et me faire imposer une cérémonie payante, ni le droit d’aller partout où il me plaisait, alors que c’est mensongèrement interdit, ni loué un sarong pour le respect des lieux qu’ils profanent, ni donné d’argent aux enfants à qui l’on apprend à mendier soi-disant pour l’école. On dirait une invasion de moustiques, entourée de chiens aboyant pour finir par les mouches sur la merde touristique. Bali, c’est beau, tu verras…
Quelques jours plus tard en rendant la moto au loueur, par honnêteté, je fais remarquer une griffe dans le plastique de la carrosserie qui fut faite dans un parking en mon absence (moto tombée sans doute). Il revient plus tard à mon hôtel pour me réclamer sans preuves 1 200 000 Rp pour remplacer la pièce car il a téléphoné à l’importateur, impossible de la repeindre etc. Et voilà il veut du cash ce soir car je m’en allais le lendemain. A nouveau, j’ai pensé à ma tranquillité de vacancier, et ne voulant pas partir avec une conscience de voleur, je les lui ai donné.
L’industrie touristique est une manne florissante. Il est dommage que le voyageur soit principalement au contact de ces arnaqueurs anarchiques, avides de plumer des pigeons voyageurs en les apostrophant vulgairement à tous les coins de rue comme des pêcheurs affamés. Sans souci de dégrader et saboter les efforts que certains mettent naturellement à être agréables aux visiteurs qui aiment leur pays. Bali, c’est beau, tu verras… les gens ont tous le sourire,
sauf parfois quelques touristes…
Louis Claus
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