En réaction à notre article de la page « National » du mois dernier « La police indonésienne à nouveau dans l’œil du KPK », les remarques d’un lecteur à qui nous rappelons que la liberté de la presse a fait d’énormes progrès en Indonésie… Alors là je dis chapeau ! Je ne sais pas si c'est du courage ou de l'inconscience mais en tout cas c'est bien écrit, comme toujours, et bien dit. Peut être savez-vous pouvoir compter sur la tolérance des responsables balinais, ou bien êtes vous certain qu'ils ne sauront pas lire le français, ou peut- être encore est-ce la disparition mystérieuse de journalistes dérangeants qui n'est pas dans les spécialités balinaises, mais ce que je peux vous dire c'est que vous auriez écrit cela des autorités de certaines républiques des Caraïbes... que personne ne s'étonnerait plus désormais de votre éventuelle disparition ! (ce que je ne vous souhaite bien évidemment pas) Chapeau donc. Et sus à la corruption ! Moi Ensuite, un autre commentaire de la même personne, cette fois sur un autre article de la même rubrique datant de juin et intitulé « La tolérance indonésienne en échec »… « Et il y a eu cette levée de boucliers contre la venue de la chanteuse Lady Gaga à Jakarta. L’intolérance prônée par ces islamistes est actuellement dans une spirale ascendante inquiétante. » Mouais... Et en même temps on voit bien avec Lady Gaga et consorts justement jusqu'où nous a conduit cette tolérance (qui est essentiellement de l'abandon, du laisser-faire) et sa spirale ascendante dans nos cultures occidentales. C'est vraiment pas bien brillant à mes yeux et par certains côtés, j'en arriverai presque à comprendre les intolérants dont vous parlez ici et pour ce dont il est question. La vraie question n'est-elle pas plutôt : n'aurait on pas largement dépassé les bornes du côté de « chez nous en se voulant à tout prix libertaires, en s’affichant (s'imposant) au monde ainsi, sous prétexte que c'est de l'art et de la liberté d'expression ? C'est d'ailleurs du commerce, par dessus tout ! Moi
Même Fransoa, notre superstar indonésienne bien à nous, n’a pas hésité à prendre la plume pour critiquer le courrier de Louis… Bien cher Louis Claus, je m'apprêtais à passer un bon moment en lisant votre lettre « Tribulation... » dont le titre me ravissait déjà, moi-même friand de toutes ces petites arnaques dont nous avons tous été un jour baptisés. Cependant, le sourire qui s'était esquissé sur mon visage disparut au fur et à mesure de ma lecture et à la vue de la noirceur de votre texte. Je souhaiterai donc vous répondre et revenir sur les points dont vous vous êtes trouvé « le pigeon ». Nous passerons vos réflexions sur Kuta et sur sa mer vantée partout (allez donc à la piscine) et sur les masseurs-ouvreurs-vendeurs de noix de coco... (pff, écœurante réflexion...) Bref, vous vous êtes plaint d'avoir payer 500 000 Rp parce que vous ne portiez pas de casque ! Mon dieu, mais vous étiez en parfaite infraction avec la loi du pays ! Le port du casque est obligatoire partout cher Monsieur, à moins d’être en tenue de cérémonie sur votre moto... Vous ne vous seriez pas risqué à rouler sans casque en France je présume, non ? Bien, ici comme partout, il faut respecter la loi si on ne veut pas prendre un PV. Ensuite, votre ascension au mont Batur avec le guide impatient... Oh, mon dieu, mais c'est affreux de se laisser perturber à cause d'un simple guide avec qui il suffisait de converser quelques minutes ou d'expliquer les choses ; vous auriez dû essayer de vous concentrer un peu plus sur la beauté de l'endroit féérique, plutôt que sur le guide, et vous dire par exemple : « Quand je pense qu’au même moment, là, il y en a qui sont dans le métro à Châtelet-les Halles... » Vous verrez ça marche ! Et nous approchons de votre paragraphe le plus écœurant, vos réflexions concernant les temples, ses locations, les redevances péages, les enfants à qui on apprend à mendier et la fameuse « invasion de moustiques entourés de chiens aboyant et la merde touristique de Bali... Bali c'est beau tu verras... » Oh, my God, que vous êtes pathétique... non mais vous n'avez jamais voyagé de votre vie ou quoi ? Des péages et des parcmètres, c'est vrai, ca n'existe nulle par ailleurs qu'à Bali, surtout dans les centres-villes. Les enfants qui mendient ! Jésus-Marie-Joseph... Quelle horreur ! Mais que font-ils là ? C'est vrai, la mendicité, il n'y en a qu’à Bali. Louer un sarong par respect des coutumes ?! La prochaine fois (il n'y en aura pas j'espère), amenez-en un... Je pense, cher Monsieur Claus, qu'avec le niveau de tolérance dont vous êtes guindé, vous ne devriez surtout plus bouger vos fesses de chez vous et rester bien tranquillement à regarder La Roue de la Fortune, ce sera bien meilleur pour votre tranquillité d'esprit touristique et plus adapter à votre étroitesse d'esprit. Quant à la rayure et les 1 200 000 Rp de votre moto, cela reste toujours moins cher que la franchise d'une location de voiture dans n'importe qu'elle pays. Bali, si vous saviez comme c'est beau... sans vous. Fransoa
Heureusement, il en reste encore qui savent voir les choses de façon positive et sans avoir recours à la méthode Coué de Pierre. En réponse au courrier de Louis le mois dernier titré « Tribulation d’un pigeon voyageur », ce texte de Patrick… Très cher Louis, vous savez sans doute que des enquêtes internationales classent les Français parmi les touristes les plus râleurs, les plus impolis, les plus radins du monde… une enquête a même désigné pendant trois ans les Français comme les pires touristes du monde… Je ne sais pas si vous êtes Français mais votre courrier de ce mois-ci dans la Gazette de Bali me laisse à penser que vous êtes totalement passé à côté de Bali, est-ce que je me trompe ou bien est-ce votre tournure d’esprit que de ne mettre en avant que les désagréments encourus lors de votre voyage à Bali intitulé avec humour « Tribulation d’un pigeon-voyageur » ? Si vous n’aviez pas en tête des images de paradis avec jeunes femmes aux seins nus, paysans labourant leurs rizières, nuits éclairées à la seule lumière des lucioles, indigènes souriant aux gentils visiteurs, vous vous attendiez au moins à une île préservée du développement, le silence pour toute musique de fond et une culture tellement empreinte par la religion que l’appât du gain y serait totalement étranger ! Grâce à Internet et/ou à un bon guide, on prépare son séjour et on évite Kuta et Seminyak quand on n’aime pas la vie des stations balnéaires et le shopping, on privilégiera plutôt Munduk et ses rizières. Quand on veut grimper sur une montagne en Indonésie, la seule qu’on évite, c’est le mont Batur et c’est marqué dans tous les guides ! Quand on a une égratignure sur sa motocyclette, on évite de tendre la joue pour se faire battre en la signalant au loueur. Si on rencontre un policier et qu’on est muni de son casque, de son permis international et des papiers de la moto, on ne risque rien, sinon on lâche un billet de 50 000 Rp. Une fois ces petits problèmes d’intendance réglés, parce que ce ne sont que de petits soucis d’intendance, on peut se livrer entièrement à son bonheur de visiter Bali et d’apprendre tant de choses auprès de ses habitants, de leur sourire, de leur gentillesse. Ici, malgré les apparences, la vie est plus rude qu’en Occident, l’ultra-libéralisme qui ne porte même pas son nom est le mode de pensée unique, aucune protection de quelque nature que ce soit. La vie peut s’arrêter du jour au lendemain à cause d’un accident de motocyclette, d’une dengue, d’un séisme, d’un tsunami ou d’une éruption volcanique alors, quand on peut emmagasiner l’argent rapidement, main business comme on dit ici, on ne s’en prive pas, y compris sur le dos des gentils touristes qui doivent être si riches pour être capables de prendre l’avion pendant tant d’heures ! En quelques jours, quelques semaines ou quelques années passées ici à Bali, on peut réviser tous ces jugements sur la vie, sur l’Orient et l’Occident, sur le travail, sur les relations de couples ou dans sa communauté et c’est sans doute pourquoi tant d’étrangers ont décidé de s’installer sur cette île magique. Bali est tout ce que vous décrivez et parfaitement son contraire. Pour nous étrangers, touristes de quelques jours ou résidents de longue date, c’est une école de vie et si le bizutage ressemble aux « tribulations d’un pigeon-voyageur », sachez que le « diplôme » délivré ici est sans doute le meilleur au monde. Patrick T.

la méthode coué

Intitulé « Ou l’art de devenir maître dans l’application de la méthode Coué… », un texte qui s’inscrit dans la longue litanie des diatribes qui critiquent le Bali d’aujourd’hui et dont cette page se fait malheureusement de plus en plus souvent l’écho. Apres 18 ans de vie à Bali, je suis en mesure de pouvoir faire un constat implacable. Les gens qui vivent à Bali sont devenus maître dans l’application de la méthode Coué. Que c’est beau Bali ! La vie n’est vraiment pas chère à Bali ! Les gens sont si sympas à Bali ! Quelle sérénité et quelle quiétude de vivre à Bali ! Sur le point n°1 « C’est beau Bali, tu verras ! » Issu de notre belle île de beauté la Corse, après avoir vécu à la Réunion, avoir visité les Seychelles, l’île Maurice, Raja Ampat, pour ne citer que cela, je me demande encore qu’est-ce qu’il y a d’extraordinaire et d’unique en terme de paysage à Bali ! Pour ma part, je suis plus souvent excessivement gêné où que j’aille, sur la terre comme en mer, par les déchets et autres sacs plastiques disséminés partout ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « Que c’est beau Bali ! » Sur le point n°2 « La vie n’est vraiment pas chère à Bali. » Il serait plus juste de dire ce n’était vraiment pas cher… Car maintenant, cela en devient hallucinant. On vient de me proposer un terrain à Kuta de 6 ares… 36 milliards! Oupssss ! Je rentre régulièrement en France et depuis quelques années, je refais ma garde robe là-bas, car à Bali les prix avoisinent ceux de la Côte d’Azur en été… Pour finir (car les 44 pages de La Gazette ne seraient pas suffisantes pour l’énumération complète), j’ai eu plusieurs devis pour une cuisine intégrée qui étaient tous supérieurs à 200 millions de roupies… A Ikea, j’ai la même chose pour 7000 euros ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « La vie n’est vraiment pas chère à Bali. » Sur le point n°3 « Les gens sont si sympas à Bali ! » A la lecture des commentaires de La Gazette, des amis, clients et touristes de passage à Bali, cela semblerait se dégrader à vitesse grand V. J’ai plus l’impression d’être souvent un portefeuille sur 2 jambes qu’autre chose. Même s’il est évident que nous y avons une part de responsabilité (même involontairement). Faire payer un spot de surf… C’est quand même fort de café ! Et j’espère que vous n’aurez pas de problème avec le voisinage (balinais) car vous vous rendrez très vite compte que le sourire légendaire se métamorphose en quelque chose de bien moins accueillant ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « Les gens sont si sympas à Bali ! » Sur le point n°4 « Quelle sérénité et quelle quiétude de vivre à Bali ! » Alors là, c’est le pompon des pompons… Où que l’on aille, quelque soit le jour ou l’heure de la journée, des embouteillages à n’en plus finir, à tel point que la qualité de vie en devient perturbée. Et bien que je ne détienne pas la vérité, d’après moi c’est loin d’être terminé. Bali, quiétude, sérénité, zenitude, cela rimerait plus avec stress et ras-le-bol ! Ah oui, j’oubliais, la méthode Coué… Répétez jusqu'à en être persuadé « Quelle sérénité et quelle quiétude de vivre à Bali ! » Bravo ! Vous êtes devenus maître dans l’application de la méthode Coué. Pour ma part et pour reprendre une phrase célèbre : Veni, vici, lari ! Bon courage ! Pierre

Tribulation d'un pigeon voyageur

Cette fois, toujours dans le registre des arnaques à Bali, un texte fort bien écrit et amusant (rire jaune quand même !) sous le titre « Tribulation d’un pigeon voyageur ». Notre touriste y passe en revue toutes les escroqueries minables dont les nouveaux visiteurs sont encore et toujours les victimes. A l’heure où les autorités du tourisme et autres marchands de rêves font de plus en plus la promo d’un Bali de pur fantasme, retour à la triste réalité ! Bali, c’est beau, tu verras, les plages, les rizières… Ce qui me fut cru fut fait ! En arrivant à Bali chaudement démoulé de l’avion, j’emmenais mes courbatures à Kuta. En arrivant là, un peu effrayé, je dis au chauffeur du taxi de continuer plus loin afin de m’enfuir de cet enfer grouillant, mais il refusa vu les embouteillages bloquant toutes initiatives d’espoir d’en sortir. J’allais donc à pied vers Legian tout aussi rempli sans discontinuation de bars et boutiques, de vendeurs de babioles unilatérales estampillées « tourist only ». Ici la fraude aux copies de marques n’est pas du tout scandaleuse comme ailleurs, montres, sacs, vêtements, etc. S’habiller en vulgaire nouveau riche comme au paradis donne l’embarras du choix à la portée de toutes les bourses. Quelle ne fut ma déception ensuite, que dans cette mer vantée partout, on ne nage pas, et il faut s’installer avec les nombreux autres dans la procession de vendeurs-masseurs-ouvreurs de noix de cocos - qu’il y a longtemps qu’ils ne boivent plus eux-mêmes, laissant cette exotique remplissage d’estomac aux touristes - pour regarder les intrépides surfeurs affronter les assauts des vagues. Bali c’est beau tu verras… Plus tard, je me retrouve à Sanur, j’y loue une moto avec casque mais voyant que personne ou presque ne le porte, je me risque un jour de faire les 50 mètres qui me séparent de la plage, non couvert (plage où nager est encore moins probable, pour cause de peu d’eau). Un policier à moto m’ayant repéré à ma couleur étrangère, me rattrape et me réclame 500 000 roupies pour absence de casque ! Rien à faire et il faut payer de suite. A voir les autres, un simple petit foulard noué à l’Indonésienne aurait suffi, ou rien du tout comme la plupart des Balinais. C’est râlant mais bon, si la tranquillité d’esprit est à ce prix, je paie. Et le voilà qui enfourche sa moto et, sans un adieu, il s’en va avec mes sous dans sa poche, me laissant déçu et sans reçu. C’est encore plus râlant. Pour m’en remettre, je me dis que son karma lui revaudra bien ça. Bali, c’est beau, tu verras… Avec des amis, nous avons programmé une belle excursion au mont Batur. Départ à 4 heures du matin pour arriver à temps pour y voir, du sommet, le lever du soleil. L’arrivée à pied d’œuvre au parking de départ pour l’assaut final fut épique. Prendre un guide désigné et certifié HPPGB est obligatoire, on se demande vraiment pourquoi car il s’agit d’un sentier de randonnée à suivre. Le chauffeur du taxi qui nous a emmenés ne veut pas que nous descendions avant qu’il ne soit allé parler aux guides « officiels » et leur payer notre passage. Sentant le bizarre, pas question, je vais avec lui, les guides essaient de m’empêcher d’entrer dans le bureau de tickets et me dirigent presque de force dans une autre pièce pour me montrer une image du chemin à faire. Pour le guide, on me réclame 250 000 Rp. Aucun tarif affiché ni tickets ! C’est le prix quel que soit le nombre de personnes soit un million pour quatre. Nous avions l’intention de prendre un autre sentier renseigné dans les guides, mais on nous prétend que c’est interdit car endommagé (étonnant non). Finalement, je préfère payer pour acheter notre tranquillité, plutôt que de s’énerver avant le jour qui pointe et râler ensuite. Cela sans tickets ni reçu. Bali, c’est beau, tu verras… Mais le plaisir de marcher dans ce chemin difficile par moment est bien vite gâché par ce guide qui s’impatiente quand l’on s’arrête pour déguster le paysage ou se reposer un peu dans cette belle nature mystérieuse et dramatique. Il semble pressé d’en avoir fini de ce bête chemin avec ces bêtes touristes pour aller chercher les clients suivants. Essayer de lui faire comprendre que nous avons envie de flâner rend la situation peu sympathique, une amie ne voulant suivre ce rythme, décide de s’arrêter et de nous attendre pour la descente. Nous avons bien vu ce beau lever du soleil mais sur fond de pensées ravageuses, il est difficile d’avoir les yeux des premiers jours se levant sur ce panorama d’immense cratère brumeux avec au loin le grand lac se réveillant dans cette fin de nuit d’ombres. Moment fort devant ce puissant phénomène : un volcan. Ceci écrit après coup pour faire joli, car avoir ces pensées contemplatives avec ce guide qui piétine en nous parlant de redescendre, ce que nous fîmes docilement pour en avoir fini de cette randonnée à un million, donné à cette mafia et au gentil taximan qui n’était qu’un truand nous ayant pris en otages dans sa nasse. Je ne parlerai pas de la visite du temple de Besakih, car là, heureusement, c’est écrit dans tous les bons guides de ne pas y aller. J’ai risqué et suis allé à moto. Je n’ai pas payé la fausse redevance sur la route, ni le parking, ni un ticket d’entrée, ni le guide obligatoire, ni l’enfant qu’on a envoyé me suivre et à qui j’ai demandé de s’en aller, ni le droit de prier et me faire imposer une cérémonie payante, ni le droit d’aller partout où il me plaisait, alors que c’est mensongèrement interdit, ni loué un sarong pour le respect des lieux qu’ils profanent, ni donné d’argent aux enfants à qui l’on apprend à mendier soi-disant pour l’école. On dirait une invasion de moustiques, entourée de chiens aboyant pour finir par les mouches sur la merde touristique. Bali, c’est beau, tu verras… Quelques jours plus tard en rendant la moto au loueur, par honnêteté, je fais remarquer une griffe dans le plastique de la carrosserie qui fut faite dans un parking en mon absence (moto tombée sans doute). Il revient plus tard à mon hôtel pour me réclamer sans preuves 1 200 000 Rp pour remplacer la pièce car il a téléphoné à l’importateur, impossible de la repeindre etc. Et voilà il veut du cash ce soir car je m’en allais le lendemain. A nouveau, j’ai pensé à ma tranquillité de vacancier, et ne voulant pas partir avec une conscience de voleur, je les lui ai donné. L’industrie touristique est une manne florissante. Il est dommage que le voyageur soit principalement au contact de ces arnaqueurs anarchiques, avides de plumer des pigeons voyageurs en les apostrophant vulgairement à tous les coins de rue comme des pêcheurs affamés. Sans souci de dégrader et saboter les efforts que certains mettent naturellement à être agréables aux visiteurs qui aiment leur pays. Bali, c’est beau, tu verras… les gens ont tous le sourire, sauf parfois quelques touristes… Louis Claus

La première vague payante du monde

Sous le titre « La première vague payante au monde », un surfeur nous fait part de son indignation devant la tentative du banjar qui gère la plage de Batubolong d’imposer un droit d’entrée pour accéder aux vagues. Un autre courrier en anglais sur le même sujet est sur notre site internet.   Une île à la dérive La dérive touristique entamée depuis deux décennies sur l’île de Bali ne s’arrête pas, bien au contraire. Depuis hier matin sur la plage de Oldman-Batubolong située au sud de l’île de Bali, paradis des surfeurs,  « un péage à vague » a été mis en place. Il y a encore deux jours, le parking coutait 1000 rupiah. Aujourd’hui, pour rentrer sur le site, vous devez désormais vous acquitter d’un droit d’entrée de 5000 rupiah pour garer votre véhicule et de 5000 autres rupiah si vous désirez « profiter des vagues », « menikmati ombak » en indonésien. Si vous arrivez à pied avec votre planche sous le bras, il vous en coûtera donc quand même 5000 rupiah. Prix qui ne varie pas encore selon la taille des vagues mais au rythme où vont les choses, on peut s’attendre au pire.  Morosité matinale A l’origine de cette surprenante mesure, le banjar, entité traditionnelle de base à Bali qui règle les affaires de la communauté de quartier. Il est constitué d’un membre de chaque famille et d’un chef élu démocratiquement par les membres du village. Ce dernier pouvant être révoqué à tout moment. Généralement, les décisions sont prises en réunion mais vraisemblablement celle-ci a échappé à la règle comme en témoigne à demi-mot un des deux loueurs de planches,  qui a instantanément subi de plein fouet les répercussions d’une telle mesure. La mine fermée, ce qui est très rare pour un Balinais lorsqu’il s’adresse à un touriste, il s’étonne non seulement que l’on puisse faire payer une vague mais également, et ce sans considération d’ordre éthique, que le prix ait décuplé. La vague de « Oldman » déroule, comme son nom l’indique, assez tranquillement. La location de planche, sur ce site accessible à tous les niveaux, fonctionne bien. Aujourd’hui, la fréquentation était réduite du tiers. Les surfeurs à l’eau qui ont payé la taxe sont également abasourdis par une telle mesure. S’il restait le tiers des surfeurs aujourd’hui, il risque de n’en rester que le quart demain. Maladresse ou nouveau tournant ? Les employés du péage ont également du mal à  justifier une telle mesure. Les raisons avancées sont multiples, changeantes et parfois surprenantes. Ils évoquent parfois la prise en charge du coût du nettoyage de la plage, le fait de profiter de la vague comme d’un monument payant ou plus étonnant encore, un alignement commercial avec les vagues déjà payantes dans certains pays. Que le banjar veuille ainsi profiter un peu de l’argent généré par le tourisme est une chose et personne ne peut vraiment lui en vouloir. Mais la recherche systématique du profit n’autorise pas à tout et n’importe quoi. Les côtes ont déjà été saccagées par les investisseurs et leurs hôtels, et la pollution est un problème catastrophique et irrésolu. Si l’état d’esprit balinais continuait à se dégrader comme son littoral, l’île prendrait vraiment un virage dangereux. Espérons seulement que cette idée maladroite ne fera pas d’émule, qu’elle sera vite oubliée et enterrée profondément sous le sable. La mer reviendra alors à ceux à qui elle appartient, c’est à dire à tout le monde. Puis il nous fait part de la suite de l’histoire dans un deuxième courrier… Réunion de crise Heureusement, les mesures saugrenues ne sont pas toujours toutes définitives. Celle de faire payer pour avoir le droit de surfer en fait partie, en tout cas jusqu’à nouvel ordre. En effet, le mécontentement fut tel qu’une seule petite journée suffit à rendre la plage et le spot de surf de Batubolong  quasiment déserts. Conscients du manque à gagner qui allait toucher le banjar lui-même, l’ensemble des vendeurs de souvenirs, les loueurs de planche et les petits restaurants, une réunion se tint précipitamment le vendredi 3 août au soir entre les membres de la communauté. La suspension du péage y fut votée. Le banjar devrait se réunir dans la journée de lundi afin de procéder à un remaniement de cette mesure. Le tarif d’entrée sur le site devrait être revu à la baisse et l’explication commerciale de ce droit d’accès ne devrait plus reposer sur le droit de profiter des vagues mais sur d’autres points qui sont encore à définir. Mais si, le samedi 4 août, la barrière du péage était bien levée, le drapeau blanc, lui, n’était pas hissé par tout le monde. Les réactions des membres du banjar sont partagées. Quand l’un vous invite amicalement à la nouvelle réunion, l’autre, veste militaire sur le dos, vous demande avec un sourire forcé comment vous êtes au courant de cette information. Certains sont visiblement agacés de devoir faire marche arrière et le molosse tatoué qui surgit derrière moi en me tapotant l’épaule, était aussi, selon toute vraisemblance, de cet avis. Nous en saurons plus lundi ou mardi. Mathieu Sechet

Décès de Daniel Cirlande

Nous avons la douleur de vous apprendre le décès de Daniel Cirlande survenu le vendredi 13 juillet dernier dans sa 61ème année. Il laisse derrière lui son fils de 11 ans Laislee, sa femme Suly, ses deux grandes filles et beaucoup d’amis, pas seulement dans la communauté belge. Daniel collaborait de temps en temps à la Gazette et avait signé en juin dernier un article sur son voyage en Papua à la rencontre des tribus Dani dans la vallée de Baliem. Nous caressions le projet avec lui de publier d’ici quelques mois quelques photos extraites de sa magnifique collection d’archives sur Bali, c’était un amoureux de l’île des dieux qui cherchait constamment à mettre en valeur la beauté de cette île et de ses habitants, et son patrimoine. Rappelons qu’il avait commencé sa carrière dans la gendarmerie en 1972 avant de passer à la 23ème brigade de police judiciaire. Il a brillé dans quelques enquêtes liées au grand banditisme et avait hérité du surnom Dandy. Daniel s’est installé définitivement à Bali il y a une quinzaine d’années.
Un commentaire sur notre article media de juin intitulé « La France, le socialisme et les Indonésiens ». Précisons quand même que ce n’est pas tant Suharto que les USA via la CIA qui a permis ce coup d’état en Indonésie afin d’y installer le dictateur Suharto. Car le président d’alors, Sukarno, dérangeait fortement, notamment à la suite de la célèbre conférence de Bandung (Afrique-Asie unis, les non-alignés...). En pleine guerre froide avec cette chasse au communisme, les USA en voyaient partout. Sukarno (nationaliste de gauche, socialiste ?) n’était pas communiste, mais plus facile pour le destituer aisément de le faire croire. Oui le capitalisme actuel est une autre forme de dictature. Comme il est si justement dit : « le capitalisme ne peut pas avancer sans être soutenu par une force de travail compétente et des pays qui le servent » et lorsque l’on voit que les manifestations se font nombreuses en Indonésie, on peut espérer que le peuple fasse entendre à nouveau sa voix à l’avenir. 1998 et la révolution n’est pas si loin que cela... Les jeunes en ont ras-le-bol de voir que la corruption est toujours là. Il se pourrait qu’un ou plusieurs partis s’opposent au tout capitalisme et à cette logique du profit avant tout, avant l’amélioration des conditions de vie du peuple. David
Un animateur-radio de l’autre bout du monde invite les gens du Midi installés à Bali à apporter leur témoignage sur leur nouvelle vie… Je suis Eric, animateur-radio sur France Bleu Provence. Pour mon émission « Les Provençaux du bout du monde », je recherche des expatriés originaires ou ayant vécu quelques années dans les départements des Bouches du Rhône, Var et Alpes de Haute Provence pour faire une interview téléphonique afin de nous faire découvrir cette nouvelle vie, à l’étranger ou dans les Dom Tom. Voyager dans le monde entier, c’est mon souhait, alors contacte-moi à eric.thomas@radiofrance.com. Les chroniques s’écoutent sur francebleuprovence.fr et sur le Facebook « Les Provençaux du bout du monde », les photos de rêve ! A bientôt ! Merci de votre collaboration et si j’ai un contact je ne manquerai pas de parler dans une des chroniques du journal la gazette de Bali... A bientôt. Eric Thomas
Un commentaire sur notre article media de juin intitulé « La France, le socialisme et les Indonésiens ». Précisons quand même que ce n’est pas tant Suharto que les USA via la CIA qui a permis ce coup d’état en Indonésie afin d’y installer le dictateur Suharto. Car le président d’alors, Sukarno, dérangeait fortement, notamment à la suite de la célèbre conférence de Bandung (Afrique-Asie unis, les non-alignés...). En pleine guerre froide avec cette chasse au communisme, les USA en voyaient partout. Sukarno (nationaliste de gauche, socialiste ?) n’était pas communiste, mais plus facile pour le destituer aisément de le faire croire. Oui le capitalisme actuel est une autre forme de dictature. Comme il est si justement dit : « le capitalisme ne peut pas avancer sans être soutenu par une force de travail compétente et des pays qui le servent » et lorsque l’on voit que les manifestations se font nombreuses en Indonésie, on peut espérer que le peuple fasse entendre à nouveau sa voix à l’avenir. 1998 et la révolution n’est pas si loin que cela... Les jeunes en ont ras-le-bol de voir que la corruption est toujours là. Il se pourrait qu’un ou plusieurs partis s’opposent au tout capitalisme et à cette logique du profit avant tout, avant l’amélioration des conditions de vie du peuple. David

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar