Bule atau boulet

 
 
Gérard Luzi a au moins fait un émule avec cette lettre titrée : « Bule atau boulet »…
De l’importance de l’orthographe ! Dans le dernier courrier de la gazette, j’ai lu avec plaisir le témoignage de Gérard Luzi, et ne peux que partager son commentaire sur le Sud de Bali. Mais pour qui vous prenez-vous, les gens dans le Sud ? N’avez-vous pas compris que le temps des colonies était révolu ? Que pour les tamu à Bali (invités, n’est-ce pas une formule élégante ?), la moindre des choses serait de s’intéresser
au pays et à ses habitants, plutôt qu’au seul business ?

Ah que vous semblez bien tristes, parqués dans vos ghettos pour riches ou prétendus tels ! Qu’êtes-vous venus chercher à Bali, sinon jouer aux roitelets au soleil ? Dans vos cours de  bahasa, avez-vous appris d’autres questions à poser que « Harganya berapa ? » Ne vous étonnez pas alors de fausser la relation et de vous faire dépouiller d’une partie de votre « précieux » que vous exhibez de façon aussi voyante.

Savez-vous qu’à force de vous regarder le nombril, vous accumulez des tensions dorsales que même les meilleures masseuses auront du mal à soulager ?

Savez-vous que s’intéresser aux Balinais et à leur culture apporte un bien-être fou, de par leur philosophie de vie ?

Savez-vous que sourire sollicite beaucoup moins de muscles que de faire la gueule ? Au fait, pourquoi être venu à Bali si c’est pour continuer à reproduire ce comportement ?

Un peu de remise en question et de légèreté dans votre attitude transformeront le boulet que vous êtes devenu en bule heureux de s’épanouir dans cette île aux multiples trésors…

Gilles Cocq, bule heureux de vivre le Bali authentique

Pas de champagne pour TF1

Le billet d’humeur de Didier Chekroun du mois dernier intitulé « Pas de champagne pour TF1 » reçoit les louanges de ce lecteur retraité…


Bonjour Didier. Je dois dire que j’ai pleinement apprécié votre lettre ouverte à Mme TF1, tant sur le fond que sur la forme. Les chaines TV et TF1 en particulier, c’est exactement ça : du trash, encore du trash, toujours du trash... ça fait monter l’audience. Ces spécialistes du bidonnage en télé réalités qui se prétendent journalistes ou reporters sont en réalité un ramassis de journaleux avides de « scoops » fabriqués qui vont hypnotiser un troupeau de bovidés.



Malheureusement, cette attitude va dans le sens du poil des bovidés moyens. Les Français ont toujours préférer que le possesseur d’une Rolls redevienne possesseur d’une Twingo comme eux, plutôt que d’espérer réussir et posséder un jour une Rolls comme lui. Ils sont comme ça.

J’ai quitté la France parce que justement j’en avais par dessus la tête (pour être poli...) de toute cette « intelligentsia » qui abrutit jour après jour le troupeau, et pour bien d’autres raisons. J’ai un long passé d’expatrié au Moyen-Orient et j’ai toujours remarqué cette rancœur non exprimée de ceux qui sont restés vis-à-vis de ceux qui sont partis voir ailleurs comment ça se passe. A fortiori quand ils vivent dans des endroits comme Bali.

Maintenant retraité, je suis à nouveau reparti de France pour Bali pour ne plus subir cette médiocrité ambiante dont la TV et TF1 en particulier sont à la fois le miroir et le projecteur. Je ne suis pas vraiment sûr que votre lettre, par son style et sur le fond, soit à la portée intellectuelle de Mme TF1 (ou de sa secrétaire) mais au moins, certains lecteurs l’auront appréciée. C’est l’avantage des lettres ouvertes. Cependant, il y a un point sur lequel je ne suis pas d’accord avec vous, c’est lorsque vous terminez votre lettre par « respectueusement ». Cordialement.

Claude Lant


Bali : peu de résidents étrangers et déjà beaucoup d’intolérance

L’article « Média » d’Eric Buvelot du mois dernier : « Bali : peu de résidents étrangers et déjà beaucoup d’intolérance », reçoit les commentaires suivants…


Article très intéressant. C’est très préjudiciable que des organismes d’une telle importance répandent de telles âneries. Comme vous le dites, il n’y a pas eu de sondages mis en place pour connaître le ressenti des Balinais envers les étrangers (et quand bien même, si ce sondage existait, serait-il authentique...), mais comme vous le laisser entendre, je pense que la majeure partie de la population se dirait peu enthousiaste quand au flux de touristes et aux résidents étrangers. C’est en tout cas ce que je crois, car quand vous demandez à des Balinais ce qu’ils pensent des touristes, s’ils « aiment » bien les touristes, ils répondent toujours oui, mais je pense que lorsqu’ils sont entre eux, dans leur village, en famille ou entre amis, la réponse doit être tout autre. Ce n’est que mon avis. Dans tous les cas, ce qui serait regrettable, ce serait que cette population devienne hostile envers les résidents étrangers, non pas parce qu’ils en subissent directement des conséquences négatives, mais parce qu’ils seraient « manipulés » par leurs élites.




Ben



Très bon article sur un sujet complexe et belle conclusion de l’auteur. Par contre, pour la phrase « notre devoir à nous autre est ...de connaitre nos droits et d’espérer de les savoir respectés en retour », je pense que c’est faux. Ce n’est pas notre devoir d’ESPERER que nos droits soient respectés mais c’est notre devoir d’EXIGER que nos droits soient respectés...

Simon

Le mois dernier, nous nous étions livrés à une critique de la description du contexte balinais du dernier roman de l’écrivain français Denis Parent intitulé « Grand chasseur blanc ». Nous lui avions transmis nos articles, il nous fait la gentillesse de nous répondre…


Merci pour ces articles. Que dire ? Qu’il y ait des erreurs factuelles, je m’en excuse auprès des intéressés. On peut toujours corriger un livre via une réédition. Qu’il y ait un exotisme sombre, certes, c’est même le propos littéraire du livre qui est écrit du point de vue d’un exilé, d’un Occidental donc. Et sans doute d’un touriste de l’âme. Le discours est sur la sensation d’être étranger en soi et dans le monde. Alors que l’action ait pu se passer en Thaïlande ou en Birmanie, je le concède volontiers. Il se trouve que j’ai résidé à plusieurs reprises à Bali pour des raisons personnelles et que plutôt que d’en faire un livre de voyage (et Le guide du routard ou n’importe quel blog sera sans doute mieux autorisé), j’en ai fait un roman, ce qui est mon boulot d’écrivain. Vous y vivez, inévitablement votre regard est « balinaisé ». Je ne me suis pas beaucoup penché sur les Balinais pour la simple raison que le livre était sur des Occidentaux à Bali. Que je me trompe de singe et inévitablement le zoologue me tombe dessus. Mais qu’importe le singe pourvu qu’on ait l’ivresse un peu dérisoire du lieu. Il me semble que j’ai montré du respect et de l’amour pour ce pays que je connais mal pour ne pas y résider, mais qui m’a touché dans ce qui constitue ma problématique d’écrivain. Après ça, ce qui m’importe, c’est que le lecteur fasse un voyage littéraire. Pas un voyage touristique. Pas un voyage identitaire. Si ces êtres existent dans mon Bali et que des lecteurs se promènent dans ce Bali-là, alors cela suffira pour mon bonheur d’auteur. Embrassez l’île pour moi. Et qu’elle me pardonne mon impudence. J’y ai trouvé du bonheur. Amicalement.


Denis Parent
Un élément intéressant à rajouter à l’article de Ron Lilley du mois dernier sur les singes de Bali « L’armée d’Hanuman, une bande de pillards en maraude ». Selon les observations de ce lecteur, les macaques ont compris les subtilités du troc…



Il faut aussi savoir que pour récupérer une paire de lunettes volée par un singe (à Uluwatu, je l’ai vu, ça doit être pareil ailleurs...) les gardiens du temple font un troc avec lui. Vous payez le prix d’un paquet de cacahuètes plus un pourboire au gardien et il fait l’échange avec le singe. Le gardien ne lâche les cacahuètes que quand le singe a posé les lunettes par terre, le truc est visiblement bien rodé. Ceci explique que les singes volent des choses pas du tout comestibles ni intéressantes pour eux, car ils ont compris que c’était une monnaie d’échange.

Manu
Nous avions publié un premier courrier d’Anne en mars dans lequel elle s’inquiétait des agressions de plus en plus nombreuses dont sont victimes les femmes (surtout occidentales) à Bali, mettant ainsi en lumière une insécurité grandissante et préoccupante. En avril, Gérard, sous le titre « On a le Bali qu’on mérite » avait réagi au courrier d’Anne d’une façon qu’on qualifiera de « bien française » en fustigeant l’attitude des Occidentaux à Bali. Cette façon de se voir à la source de tous les maux, qu’Alain Finkielkraut décrit très bien sous le terme de « narcissisme pénitentiel », et qui consiste à se désigner en coupable quand on est la victime. Ce mois-ci, Anne lui répond…


Bonjour, désolée pour le retard de ma réponse, le boulot a pris une grosse part de mon temps. La réponse de Gérard est plutôt décalée en fin de compte. Si le Bali que je mérite est des tentations de vols à répétition, je dois avoir un karma bien mal en point… Je tiens à préciser que je ne vis pas dans la zone de Kuta-Seminyak, mais à Sanur et dans la partie village de Sanur. Mes voisins sont majoritairement indonésiens. Je vis dans une rue passante et non au fond d’un gang. De surcroit, je vis plutôt normalement et sans ostentation : pas de chauffeur privé (pas de voiture d’ailleurs), pas de piscine, je ne me balade pas dévêtue. Je parle indonésien et respecte mes voisins et commerçants alentours. Mon conjoint est indonésien. Je peux dire que je suis plutôt bien intégrée et respectée dans le quartier.


Petit aparté, avez vous déjà vu les maisons des riches Balinais ? Car les Balinais ne sont pas tous de pauvres hères sans le sous, peut être le savez-vous. Baladez-vous à Sanur ou Denpasar et vous verrez comme les maisons sont très m’as-tu-vu. Ca n’est pas le privilège des expats.

C’est drôle que tout ceci ai été pris pour un débat « bule riches et irrespectueux » vs « pauvres Balinais qui tentent de garder le sourire ».

Le fond de mon message n’était pas là. Je n’écrivais pas en tant que Française installée à Bali, mais en tant que femme se sentant en insécurité. Comme je l’ai dit, parmi mes amis qui ont été victimes de vols à l’arraché, il y a aussi des Indonésiennes. 

Le but de mon message était de dire que Bali n’est plus aussi sécurisé qu’avant et que ça n’est pas mal de le dire, au contraire, et que les autorités locales doivent réagir de façon efficace. Il n’est pas question de savoir si l’insécurité vient des immigrés javanais, comme les Balinais aiment à le dire ou de la mauvaise attitude des expats ; mais de dire qu’elle existe réellement et qu’il faut en tenir compte. Merci.

Anne Montion

Toujours sur ces questions relatives aux vols avec voie de fait sur des femmes seules, qui semblent de plus en plus nombreux, et à la dernière agression révoltante d’une figure ancienne de Bali, l’Italienne Valeria, qui s’est retrouvée depuis en réanimation à l’hôpital, ces réactions de membres de la communauté expatriée qui s’inquiètent et s’interrogent…


Chers amis,


Le problème va s’intensifier, les medias et organismes officiels peuvent s’en faire l’écho. Bali doit rester un endroit jouissant de sécurité, or récemment de plus nombreux crimes sont commis envers les ressortissants étrangers. Sans action nous, nos amis, nos enfants risquent plus d’attaques et peut-être bientôt des kidnappings. Faites passer l’info aux media et officiels qui pourraient faire parler du problème. Regards,

Fabrice Garrigues



Hi everybody. Just heard again about a really bad story that happened to Valeria, a friend leaving here for 30 years, mother of Marlon and married to Lucas. She got attacked on Kerobokan Street Friday night on her way home. She was on her bike, with helmet. They pushed her, grab the bag and beat her up on the head almost to death, on the side of the road with people passing by!!... Nobody helped, helmet was found aside. Her condition is extremely critical with 3 fractures on the skull... trepanation, blood all over inside... Please, pray for her. Not only Valeria but all the other ones... Almost every day now, with more cruelty, they always attack women foreigners on bikes. At day, at night, even if you have a locked box at the back of your bike, they push you, take the key, and open the box. 2 girls on a bike between Petitenget and Umalas, 6 pm, hit on the face with beer glass bottle... and so many other stories, over and over... Legian, Seminyak, Kerobokan, Umalas, Berawa, Canggu but also Ubud now... And I’m not talking about robbery in homes... Girls, no more visible bag on bike and no box... Those criminals are crazy! Police doesn’t move, solidarity doesn’t work much here, maybe a big buzz and a media scandal could make a difference? Or pressure on the touristic industry? Please, pass it on, even if you are not directly concerned. It could be your friends, kids. Protect yourself and the people... 

Lola



I feel the proper way to do it and get the word out there is first call up all the newspapers and journalists and let them know that there will be a protest in front of Bali chief of police office. Women, lots of women, Indonesian women, Bule women, all women carrying signs of protest, with an Indonesian woman shouting emotional protests in a megaphone. And if the chief of police doesn’t listen to them, then they go to the airport and greet the tourist as they arrive with the reality and the brutality that are happening on the streets of Bali, to all women Indonesian and foreign. The press will love it!

Michael



Salut Socrate, Je crois qu’il y a un article urgentissime à faire sur le sujet !!! Moi, je ne prends plus ma moto depuis longtemps entre autres à cause de ça. Amicalement,

Véronique

Quelques bénévoles se sont mobilisés afin de faire prendre conscience aux autorités balinaises de la montée des violences à Bali contre les étrangers et aussi contre les Indonésiens eux-mêmes.




Parce que les victimes vont trop rarement le signaler à la police ou à leurs consulats, les autorités n’ont pas pris en compte réellement l’ampleur du problème.

Un questionnaire a donc été mis au point pour relater les délits et violences, la perception du niveau d’insécurité et invite à des suggestions pour améliorer la sécurité à Bali. Demandez-le à keepbalisafe@gmail.com, faites-le aussi passer à vos connaissances et renvoyez-le rapidement à la même adresse. Il sera traité au courant du mois de mai et les résultats seront publiés dans la Gazette de Bali et d’autres journaux qui le souhaitent dès le mois de juin.

Par ailleurs, une pétition circule depuis quelques jours sur internet pour demander au gouverneur I Made Mangku Pastika de protéger les habitants de Bali, signez-la et faites passer le message. http://www.avaaz.org/en/petition/I_Made_Mangku_Pastika_provide_more_security_We_need_to_be_protected_by_authority/?kPDFrab

Une seule adresse désormais pour relater vos agressions, violences et cambriolages : keepbalisafe@gmail.com



Une annonce de casting transmise par la société Derchemol pour le tournage d’une série.

 

Après le succès de la rediffusion de la série « L’Ile Fantastique » sur la RTBF en 2012, un remake de cette fameuse série des années 80 est en cours de production. Les premiers épisodes seront tournés à Bali et dans les petites îles de la Sonde (Pulau Moyo  et Pulau Satonda).

Nous recherchons pour le tournage du 17 mai au 24 juin :

-       47 figurantes entre 35 et 50 ans sans implant mammaire (défraiement 150 USD/jour)

-       34 figurants mâles non bronzés et non tatoués entre 18 et 45 ans (défraiement 250 USD/jour)

 

Merci d’adresser votre photo, email et contact téléphonique avant le 8 avril à John Roarke

Email : Roarke@fantasyisland.com

on a le Bali qu'on mérite


Sous le titre « On a le Bali qu’on merite », ce courrier d’un lecteur qui réagit à la fois à la lettre sur l’insécurité à Bali que nous avons publié le mois dernier et au billet « Benesari » de Romain Forsans sur l’état déliquescent de Kuta aujourd’hui.

En lisant dans la Gazette n°106 de mars le courrier d’Anne se plaignant amèrement d’une recrudescence des agressions et cambriolages ainsi que le papier d’humeur « Avocat du Diable à Kuta », il m’est venu irrésistiblement à l’esprit cette pensée de Mao : « Les peuples ont les gouvernants qu’ils méritent », car en paraphrasant cette pensée on pourrait dire aussi : « On a le Bali qu’on mérite ».

Si dans le fameux triangle d’or très prisé, Kuta-Seminyak-Legian, les agressions augmentent, les commerçants sont à la limite de la probité, les cambriolages se multiplient, si les gens ont perdu leur sourire en regardant le fond de leur porte-monnaie et j’en passe, c’est bien parce qu’Anne, comme des millions d’étrangers, subissent l’oukase de la mode selon lequel, hormis ce triangle, il n’est point de Bali, parce que vous avez choisi de rester dans ce petit espace sale, pollué et toujours saturé par les véhicules, parce que vous voulez faire comme les autres en vous agglutinant là où il faut être vu, sans oser voir la réalité en face.

Pourquoi voudriez-vous que les gens du cru se sentent tenus par des règles quand les étrangers n’en respectent aucune, se promènent à moitié nu dans les rues, une bouteille de Bintang dans chaque main, sans se soucier de la pudeur traditionnelle des Balinais et exhibent leur pouvoir d’achat effrontément alors que chez eux ils auraient du mal à boucler le mois. Vous pourriez rétorquer que vous y êtes obligée pour des raisons professionnelles mais là aussi vous avez choisi de venir travailler à Bali en sachant que vous seriez prisonnier de tous les mauvais côtés de cette société en demeurant à Kuta

Vous auriez pu, comme moi, choisir de vivre dans le Bali authentique en faisant simplement un petit effort car dans le village où je réside, je vous affirme qu’il n’y a jamais d’agression, que je ne ferme jamais les portes de ma maison quand je sors, que les commerçants me sourient et me font payer le prix normal et si j’ai oublié mon porte-monnaie me disent de passer payer plus tard mais, évidemment, il n’y a ni discothèque, ni soirées de m’as-tu vu et les plages sont totalement désertes. Ce village s’appelle Pantai Balian et non Kuta Beach ou Legian Beach.
Gérard Luzi

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar