Un beau projet intitulé « La Beach Nettoyeuse » mené par un Breton qui a de la suite dans les idées. Après une première démonstration sur une plage de Tanah Lot le 13 décembre dernier, les guides francophones de Bali utiliseront cette machine pour le nettoyage qu’ils organisent le samedi 24 janvier à 10h sur la plage de Goa Lawah, près de Klungkung.


Bonjour, nous sommes venus, ma femme et moi, passer 15 jours de vacances à Bali en janvier dernier. L’atmosphère du pays, la gentillesse de ses habitants et le fait que l’on s’y sente bien nous ont donné envie d’y revenir, mais pour plus longtemps. Lors d’une promenade à la plage de Kuta, quelle ne fut pas notre stupéfaction de voir, non pas une plage de sable, mais une couverture de plastique qui la recouvrait. Petit à petit, l’idée de faire quelque chose m’est apparu comme un « devoir », je voulais agir. De retour en France, je me suis mis à la recherche de ce qui se faisait, de ce qui existait pour le nettoyage de plage. De fil en aiguille, j’ai rencontré une association qui travaillait dans ce domaine, près de chez moi, en Bretagne. Leur matériel n’est autre qu’une ancienne râteleuse à foin modifiée. L’ayant vue à l’œuvre, et compte tenu de sa rusticité et du résultat obtenu, et bien j’en commandais une pour Bali. C’est Guy Pogu qui a assuré les modifications de la première, c’est donc lui qui va me préparer la bête.



Pendant ce temps, je me suis mis à la recherche d’organismes, d’ONG susceptibles de faire importer cette bécane. Pas évident. Mais j’ai trouvé le site de Matt : OPBali (Océan Protection Bali). Son action cadrait exactement avec mon projet. Nous sommes donc entrés en contact et il m’a suggéré de contacter Archipelago Adventure et m’a mis en relation avec TTM (Ticket To The Moon). Echange d’emails réguliers, ça avance. Finalement, un transitaire peut s’en occuper. C’est pas donné mais je ne vais pas tout annuler pour quelques centaines d’euros.

  

Arrivé sur Bali, nous avons rencontré Régis d’Archipelago, qui nous avait toujours suivis et encouragés. Adhérent complètement à notre projet, il nous a aimablement mis à disposition une place pour garer la bécane et sa voiture pour effectuer les premiers essais. De plus, il m’a permis de rencontrer les guides balinais francophones à qui j’ai pu soumettre le projet, c’était à l’occasion de la rencontre du tourisme francophone organisée par la Gazette de Bali et le Museum Pasifika le 26 novembre. Mon 1er but étant que des locaux soient intéressés me semble atteint. Mon 2ème souhait, maintenant, serait de la voir régulièrement sur une plage. On y arrivera, c’est certain.   

Si vous voulez plus de renseignement, rendez-vous sur ma page FB : Philippe Monfort (BaliBreizh)



Philippe


La suite de l’opération menée par Gaia pour l’orphelinat « The Seeds of Hope Children’s Home » qui continue de faire appel à votre générosité car le budget de l’établissement n’est pas encore complètement bouclé pour l’année 2015…


Bonjour, j’avais écrit le mois dernier dans la Gazette pour lever de l’argent et trouver des bénévoles pour une opération caritative menée le vendredi 12 décembre dernier dans un orphelinat de Dalung qui s’appelle panti asuhan Benih Harapan (Seeds of Hope children’s home). Comme prévu, nous avons emmené les enfants au parc accrobranche Bali Tree Top à Bedugul. C’était non seulement la première fois qu’ils allaient à Bedugul mais aussi qu’ils participaient à une activité dans les arbres. Les enfants ont adoré, ils ne s’attendaient pas à être obligés d’enfiler des baudriers et d’apprendre le maniement des mousquetons, ils ont très vite capté toutes les techniques de sécurité puis se sont élancés dans les arbres. Au bout d’une demi-heure, certains avaient déjà atteint le circuit noir, le plus difficile, tandis que les plus petits âgés de moins de 5 ans se sont éclatés sur le circuit jaune. Il n’y avait qu’une adulte de l’orphelinat pour les encadrer et trois autres bénévoles étrangers. Les enfants sont tous très indépendants, c’était frappant de voir qu’ils ne se disputent jamais, ils s’entraident. Nous avons eu beaucoup de chance avec la météo, il a fait très beau et la pluie s’est mise à tomber seulement au moment du déjeuner (merci à Robert de Casa d’Angelo pour les sandwiches et les donuts). Dès que le soleil est revenu, les enfants ont demandé l’autorisation de pouvoir retourner jouer dans les arbres.



Pendant ce temps, Carine et Michel, Esther (qui nous a fait découvrir à tous cet orphelinat), Susan (qui a aussi géré l’énorme gâteau d’anniversaire de la fondatrice), Augustin et Jean-René avaient commencé à installer les tables et la décoration pour la soirée qui se préparait dans l’orphelinat. Nous les avons rejoints avec mon père qui avait préparé la veille dans la cuisine de Balibel (merci à Puspa et au chef Ketut pour son aide) 30 kilos de sauce bolognaise alors que nous n’étions que 140 ! Ensuite, Jérémy, le chef de Pearl restaurant, est arrivé pour donner un coup de main en cuisine, il avait aussi préparé de délicieux lumpia et une très bonne salade. Les invités ont commencé à affluer dont une partie des donateurs. La fondatrice de l’orphelinat, Ibu Sandra, s’était faite toute belle pour recevoir les invités depuis son fauteuil roulant. C’est son fils qui a ouvert la soirée avec un petit discours, ensuite les enfants ont chanté puis dansé.



Pendant ce temps, les bénévoles installaient la nourriture sur les tables. Nous avions fait 12 kilos de frites qui ont été servies en entrée et elles ont été avalées en quelques minutes, grand succès, merci à Siti la cuisinière de l’orphelinat qui a épluché les patates et à Komang et Made (villa Warna Warni) de les avoir fait cuire à la mode belge en deux fois. La grande surprise de la soirée, vers 19h30, c’était l’arrivée du Père Noël sur un dokar (une charrette à cheval) qui était venu de Kuta tout exprès (merci à Franck Metay et à Yuri de Julia Costumes). Ca a fait une très grande impression sur les enfants. Le père Noël ne parlait pas couramment indonésien, il a expliqué aux enfants en français qu’il arrivait du Pôle nord et qu’il avait chaud. Je l’ai aidé à distribuer la masse de cadeaux que Sean et Erna du Sky Garden ont offerts : chaque enfant a reçu un sac avec un nécessaire de toilette, une serviette, du matériel d’art plastique, des livres, un dictionnaire, des cahiers d’anglais, des fournitures scolaires, des snacks, du matériel de sport, des CD de musique, des partitions…



Merci à mon ancienne école Montessori et à sa directrice Wilma Grier qui a accepté de faire passer un message à tous les parents. Il a fallu plus d’une heure et demie pour distribuer les cadeaux à chacun des 67 enfants de l’orphelinat. J’ai été vraiment touchée de voir la réaction des enfants, ils étaient bien sûr excités de voir le père Noël et hyper contents d’avoir autant de cadeaux. Ils ont suivi le père Noël longtemps dans la rue lors de son départ, ils n’avaient pas envie de le quitter. Ensuite, la musique a commencé. Deux guides indonésiens francophones sont venus faire l’animation : Gusti Leo a joué à la guitare quelques rocks endiablés et chanté une chanson de Joe Dassin puis Petrus a carrément mis le feu jusqu’à minuit à la salle. Le grand Patrick a joué aussi avec les musiciens indonésiens et les enfants de Seeds of Hope, merci aussi à tous ceux qui ont osé prendre le micro pour chanter : Dewi Porte ou encore Jamy qui nous a interprété du Piaf. Encore merci à tous les bénévoles qui ont apporté leur aide et à tous ceux qui ont financé cette soirée : Djamal et Agus, Pierre Porte, Carine et Michel, Franck Metay, Véronique et Caroline, Dominique et Jean-Marc, Jean-René, Agnès Harsono, Nancy Causse, Fabrice Giraud…

Merci à tous ceux qui se sont engagés à verser un million par mois tout au long de l’année 2015 (Pierre Porte, Claire Guillot, Jean-René Gossart, Club Bien à Bali) ou 500 000 Rp (Carine François et Michel Papazoglou, Socrate Georgiades, Rodolphe de Montesquieu). Mon plus grand objectif pour l’année 2015, c’est d’aider Ibu Sandra à rassembler chaque mois le budget nécessaire pour payer la nourriture des enfants de l’orphelinat. Nous avons encore besoin de trouver 6.5 millions par mois pendant douze mois, faites vos donations par virement directement sur le compte ci-dessous !

Gaia Georgiades




Tel. 0815 17 17 9615




Jl. Panji l N° 7 Br. Kwanji, Dalung, Kuta Utara, Denpasar, Bali

Tél. (0361) 439 723



Coordonnées bancaires :

Bank: Pt. Bank Negara Indonesia
Address: Jl. Gajah Mada n° 30, Denpasar, Bali, Indonesia

Acct Name: Panti Asuhan Benih Harapan


Swift Code: BNINIDJADPS

ACCT: 0049404826






Cette « Lettre ouverte à Eric et Franck Girardot », à mettre dans le dossier judiciaire de la société Vivalavi en France, écrite par un investisseur floué. Nous profitons de cette occasion pour rappeler une nouvelle fois à nos lecteurs que la pleine propriété est interdite aux étrangers en Indonésie et que dans ce cas précis, il est tout à fait illusoire de penser pouvoir « enregistrer à Bali des actes de propriété » signés en France sur du foncier indonésien.


Messieurs Eric et Franck Girardot, la société Vivalavi que vous dirigez a entrepris un projet de construction d’un complexe touristique à Bali, appelé Rening Bay, pour lequel vous avez recueilli les fonds de près de deux cents investisseurs. En raison de graves difficultés financières, ce projet est aujourd’hui interrompu. Ma compagne et moi avons reçu jeudi 30 octobre 2014 l’email que vous adressez à ces investisseurs, dans lequel vous annoncez, pour résoudre ces difficultés, différentes démarches parmi lesquelles la vente des six villas situées sur le site de Kerobokan, déjà construit et indépendant du projet ci-dessus. Ma compagne et moi-même sommes propriétaires de deux de ces villas. Je viens par la présente vous enjoindre très solennellement de cesser la mise en vente du site de Kerobokan. Pourquoi ? La première raison est qu’en vendant Kerobokan, comme le précisent plusieurs des journalistes qui ont tenté de décrire la complexité du panorama de la situation de Vivalavi, vous tuez le rêve. Non pas tant le rêve trop tentant, pour de multiples investisseurs, de se constituer un revenu du fait d’un placement réussi, que celui de s’investir dans un projet dont la nature écologique, sociale, éthique et économique donnait à cet investissement la dimension d’une contribution, et pour certains d’une participation, à la construction d’un monde plus équitable. Vous tuez le rêve parce que vous bradez Kerobokan, dont tous les visiteurs témoignent qu’il est un « petit paradis », pour un gain dérisoire au regard des difficultés financières de Vivalavi. La deuxième raison est que pour vendre Kerobokan, vous semblez avoir congédié l’équipe indonésienne qui s’est consacrée à son développement et son animation durant plusieurs années, une équipe dont la professionnalisation était un gage de crédibilité pour les valeurs que vous défendez. En vendant Kerobokan, vous transformez l’image d’un projet éthique en une marchandise où les hommes sont de simples pions entre les mains de comités exécutifs uniquement préoccupés de logiques financières. En revenant sur la vente de Kerobokan, une partie du projet reprend vie. La troisième raison, et non la moindre, est que Kerobokan ne vous appartient pas : vous avez déjà vendu les six villas de ce site à six propriétaires, contrats de vente français à l’appui, six propriétaires qui n’ont pas été consultés pour cette mise en vente. En ce qui nous concerne, ma compagne et moi, nous vous rappelons, et vous ne l’ignorez pas, que ces villas ne sont pas à vendre. Nous vous les avons achetées, et vous vous êtes engagés contractuellement, il y a deux ans déjà, à réaliser l’enregistrement, à Bali, des contrats de vente correspondants, en conformité avec la loi indonésienne. Vous nous avez assuré par la suite que les actes de propriété des villas de Kerobokan étaient en cours d’enregistrement à Bali, dans un pays où les procédures « peuvent être longues ». A ce jour, ma compagne et moi sommes toujours en attente de nos actes d’achat enregistrés à Bali. De ce fait, nous exigeons maintenant que vous nous adressiez ces actes enregistrés, ou que vous fassiez procéder à leur enregistrement, la totalité du prix convenu vous ayant été versée. En résumé, comme nous vous l’avons dit expressément à plusieurs reprises, en privé et lors de la réunion publique du 27 juin 2014 au cours de laquelle vous exposiez votre « plan de sauvetage », nous vous répétons que les villas que ma compagne et moi-même avons achetées ne sont pas à vendre. Jusqu’à ce jour, vous ne semblez pas en avoir tenu compte. L’entendrez-vous aujourd’hui, dans cette lettre ouverte ? Une dernière raison, personnelle cette
fois : Eric, « les yeux dans les yeux », selon l’expression que vous aimez utiliser, vous m’avez personnellement affirmé que vous étiez homme de parole, au point que les écrits n’ont de portée qu’à l’aune de la poignée de main qui les accompagne. C’est pour partie sur la foi de cette assertion que je vous ai donné ma confiance. Je vous demande aujourd’hui d’être à la hauteur de cette confiance ; il y va de votre honneur.



Denis Brochier, le 8 novembre 2 014


Une élève de l’école française de Bali – qui n’est pas sans avoir un lien particulièrement étroit avec le journal – nous fait parvenir cette info sur une initiative qu’elle lance pour aider l’orphelinat « The Seeds of Hope Children’s Home » à l’occasion de Noël. Sortie, cadeaux mais aussi recherche de moyens afin de garantir des donations régulières à cet établissement dont le journal a déjà parlé (cf. La Gazette de Bali n°107 – avril 2014), Gaia en appelle à notre générosité et nous explique son programme…


J’ai 14 ans et je suis élève à l’école française de Bali. Il y a quelques mois, j’ai décidé de monter un projet qui me tient beaucoup à cœur avec un orphelinat. Cet orphelinat s’appelle « The Seeds of Hope Children’s Home » (Panti Asuhan Benih Harapan en indonésien), il se situe à Dalung, au nord de Kerobokan, dans le sud de Bali. J’ai rencontré les 67 enfants de cet orphelinat lors d’un spectacle donné par la troupe de théâtre de Jean-René Gossart à laquelle j’appartiens. Les enfants étaient venus pour participer à ce spectacle, ils ont d’abord dansé et ensuite ont chanté après la pièce de théâtre tous ensemble sur scène. Il n’y avait pas d’adultes pour les encadrer, juste les chauffeurs de leurs minibus, ils sont très autonomes et très indépendants. J’ai été vraiment émue comme tout le monde dans la salle, ils étaient heureux d’être sur scène, tous de 3 à 22 ans. A la fin du spectacle, il y a eu une vente aux enchères de tableaux réalisés par les enfants avec Carine François et de photographies d’Agnès Harsono. J’ai réalisé à ce moment-là que j’avais beaucoup de chance d’avoir autant de choses dans ma vie, ça m’a donné envie de partager quelque chose avec eux et pas seulement de leur donner de l’argent.

Il y a quelques mois, l’idée m’est venue de leur offrir un grand repas de Noël, des cadeaux et une sortie. Si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que je cherche des bénévoles pour m’aider et aussi de l’argent pour financer ces opérations.



Le vendredi 12 décembre, nous commencerons le matin par une sortie. Ils avaient le choix entre Bali Tree Top à Bedugul ou le Waterbom, ils ont choisi le parc accrobranche. Nous avons besoin de 3 millions de roupies pour payer les tickets d’entrée et la nourriture pour les 67 orphelins. Le soir à partir de 18h, nous organisons un grand dîner de Noël dans l’orphelinat à Dalung. Les enfants adorent les spaghettis bolognaise et les frites. Nous allons aussi leur offrir un gâteau et des friandises. Sur la base de 30 000 rp/personne, il me faut rassembler 2,5 millions pour payer ce repas aux 80 enfants et adultes présents. Pour les cadeaux, j’ai demandé à mon ancienne école Montessori où on avait l’habitude d’offrir chaque année des cadeaux à un orphelinat ou à une école défavorisée. J’ai envoyé à tous les parents d’élèves une liste de choses essentielles qu’on va remettre à chacun des enfants dans un sac personnalisé. Ca comprend des affaires de toilette, des fournitures scolaires, des cahiers d’anglais, du matériel de dessin, des partitions ou des disques parce qu’ils aiment vraiment tous la musique, des vêtements, des jouets pour les plus petits, des jeux pour les plus grands et des articles de sport. Le propriétaire de Sky Garden a proposé d’offrir ces sacs-cadeaux à tous les enfants. Si vous avez envie de nous aider à préparer le repas ou à le financer ou aussi à animer la soirée, vous êtes les bienvenus.





Enfin, la dernière partie de cette action consiste à lever des fonds pour l’orphelinat. Ibu Sandra qui a créé en 2000 cet endroit étonnant avec l’aide de son mari et de ses enfants nous a expliqué que sa seule difficulté financière, c’est de trouver chaque mois le budget nourriture pour les 67 enfants. Le budget est de 18 millions par mois, soit moins de 9000 roupies par enfant et par jour. Pour l’instant, elle reçoit juste une donation de 500 dollars australiens/mois, il lui manque donc environ 12 millions par mois qu’elle récolte en contactant des donateurs chaque mois. L’idée, c’est donc de trouver 12 personnes ou entreprises, parmi les lecteurs du journal, capables de s’engager à verser pendant un an un million par mois. Nous ferons un bilan de toutes ces opérations dans le journal du mois de janvier et nous remercierons tous les bénévoles et les donateurs. Je compte sur votre générosité et je vous remercie énormément. A chaque Noël, on dépense tous beaucoup d’argent pour faire plaisir à nos proches et surtout à nous-mêmes  mais ce Noël, ça serait génial de donner un petit quelque chose à des enfants qui en ont vraiment besoin.



Gaia Georgiades



Des touristes ont été scandalisés durant leur récent séjour à Bali par les déchets qui s’amoncellent partout. De retour en France après un séjour gâché disent-ils, ils ont écrit à l’office du tourisme d’Indonésie à Paris ainsi qu’à la Gazette de Bali. Nous publions leur courrier dont les considérations sur l’environnement et le manque de gestion des déchets sont plus pertinentes que celle relative à la religion pratiquée par les Balinais…



Je me permets de vous adresser cette lettre afin de vous faire part de mes interrogations et inquiétudes, suite à mon séjour touristique d’un mois passé à Bali et Lombok au courant de cet été. Nous étions partis dans l’esprit baroudeur, avec le sac à dos et des images paradisiaques en tête telles que l’on peut les voir dans les magazines ou les reportages sur Bali. Car dans l’inconscient collectif, cette île est synonyme de paradis perdu, de retour aux sources, de sérénité et de communion avec la nature, car les Balinais sont pour la plupart bouddhistes (sic). Ces images d’Epinal, nous les avons retrouvées mais en partie seulement. Car la publicité faite sur cette île, ne correspond pas à la réalité visible sur le terrain et l’écart est conséquent. Nous avons été littéralement choqués et même agacés par la gestion environnementale de Bali mais aussi Lombok, qui en portent déjà aujourd’hui les stigmates.



Car au delà du centre ultra touristique de Kuta ou Legian, où les plages sont belles, nettoyées, les rues exemptes de déchets, Bali est tout simplement en péril partout ailleurs et je pèse mes mots. En effet, partout où se pose le regard ou la curiosité, dans les rizières, dans les rivières, dans la mer, dans les rues, derrière les hôtels, à coté des maisons, partout la même constatation navrante et affligeante : celle du spectacle dantesque des déchets qui s’amoncellent, qui se déversent ou qui brûlent. On en prend alors plein la vue et le nez. Insupportable ! Ils sont là, partout envahissants tel un poison qui gangrène ce paradis qu’est (qu’était ?) Bali, représentant une véritable nuisance, bien plus pour les touristes que pour les Balinais, qui eux n’ont ni les moyens ni même l’envie de les ramasser.



C’est en discutant avec les habitants que l’on s’aperçoit que rien n’est fait pour résorber ce problème : le gouvernement n’a rien mis en place pour faciliter la collecte voire le tri des déchets, qui ne font que s’accroitre avec l’arrivée massive de touristes de plus en plus nombreux chaque année. Pire encore, la nécessité de ramasser ne s’impose pas à eux, rien n’a été fait jusque-là pour informer ou éduquer les jeunes à la préservation de l’environnement et plus largement à celles des espèces marines, qui elles font les frais de cette pollution. Bali est au pied du mur : va-t-elle continuer à fermer les yeux ou va-t-elle enfin réagir, comme le font avec beaucoup de courage certaines associations locales, tenues par des Occidentaux  mais dont les moyens sont insuffisants.



Qu’est ce qui peut expliquer cette situation chaotique ? La corruption ? Le manque de moyens ? La volonté politique ? Les solutions et l’argent dégagé par la manne touristique existent pourtant : ne pourrait-on pas créer une taxe écologique, comme il en existe déjà dans certains pays, ne pourrait-on pas rendre la matière « éducation à l’environnement » obligatoire dans les programmes scolaires, comme on le fait en France, par exemple ? Pourquoi ne pas installer davantage de poubelles dans les villes ? Car force est de constater qu’elles sont très rares voire inexistantes. Le gouvernement ne pourrait-il pas appuyer financièrement les actions des associations locales qui font un travail remarquable, elles ?



Je vous adresse ce courrier pour vous lancer un cri d’alarme, mais aussi pour vous faire part de ma grande déception suite à notre séjour que nous avons planifié de longue date. Gâché, le voyage l’a été assurément car nous avons été incommodés à plusieurs reprises par les odeurs dans les hôtels et home stays ou nous séjournions, sans parler des déchets sur les plages ou dans la mer, les exemples sont multiples. En échangeant avec d’autres touristes, nous ne sommes pas les seuls à avoir partagé ces désagréments ! Nous sommes convaincus que Bali est en péril dans les prochaines années, rattrapée par son inaction face aux problèmes environnementaux majeurs qu’elle rencontre et qu’elle ne peut plus aujourd’hui nier.



Pour notre part, nous ne recommanderons pas cette destination à notre entourage. Bali sera désertée par les touristes si elle continue à nier le problème, car le gouvernement oublie que c’est la beauté de la nature et de ses fonds sous-marins qui attirent les touristes. Déjà les guides touristiques de référence comme Lonely Planet évoquent dans le dernier exemplaire le péril écologique et s’interroge sur l’avenir touristique de l’île. Merci de bien vouloir transmettre mon courrier aux services qui pourront ou auront envie de réagir avant qu’il ne soit trop tard ou qui sont concernés par le contenu de ma lettre. En vous remerciant d’avoir pris la peine de lire mon courrier et en espérant qu’il vous interpellera, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les meilleures.



Mme Vix et Mr Ledanois, Sélestat

La suite des témoignages dans l’affaire Vivalavi, cette fois-ci, celui de Thierry Blancheton dont le nom a été cité dans le droit de réponse du fondateur Franck Girardot publié le mois dernier….



Bonjour, je m’appelle Thierry Blancheton et je remercie la rédaction de publier ce courrier, en réponse aux accusations de Franck Girardot à mon égard, dans la Gazette du mois d’octobre. J’invite les lecteurs, qui n’auraient pas lu ces déclarations, à en prendre connaissance dans les archives du site Internet du journal. Il s’agit d’une réaction de l’ex-patron du groupe Vivalavi et de 3V Fitness, à la lettre d’une investisseuse victime de la banqueroute du groupe, diffusée dans l’édition de septembre. J’ai moi-même, avec mon épouse, investi dans les projets de cette compagnie pour laquelle nous avons également travaillé.



F. Girardot déclare : « Thierry Blancheton ne se prive pas, depuis plusieurs mois, de raconter, à qui veut bien l’écouter, sa version des faits ». Je lis, ici, le lapsus, sans doute révélateur, d’un esprit troublé par une affaire qui semble le dépasser. En effet, il n’existe pas plusieurs versions des faits, il n’y a pas « ma » version des faits opposable à une autre. Les faits sont ce qui existe, de nature indéniable, les faits sont opposables à la théorie et non à la réalité. La bonne formule eût été alors de dire, tout simplement, « que je ne me privais pas de raconter, à qui voulait bien l’écouter, toute une série de mensonges », mais monsieur Girardot ne se risque pas à dire que je mens, tant il lui devient difficile de nier une réalité qui s’établit de jour en jour. Voulant, malgré tout, tenter de défendre l’indéfendable, il parle de « ma version des faits » de façon, pour le moins, mal appropriée. Il s’est ainsi hasardé à vouloir reconnaître les faits sans pour autant les cautionner... L’ex-patron de 3V Fitness veut bien assumer mais il n’accepte aucune conséquence...



F. Girardot se dit surpris que La Gazette de Bali, donc que les médias, la presse en général, accomplisse tout simplement et en toute logique, son travail d’information. Il s’interroge sur l’anonymat du témoignage d’une victime relatant la ruine de sa société. Les nombreux articles, émissions de radio et de télévision déjà parus et diffusés dans les médias français ont également souvent été réalisés d’après des témoignages anonymes. A ce jour, aucun autre support que la Gazette, n’a donné l’occasion à Franck Girardot de s’exprimer aussi longuement. Ce dernier aurait donc été bien avisé d’utiliser cette vitrine pour apporter des réponses et en premier lieu des signes de remords et de compassion aux victimes, plutôt que de se perdre en conjectures. Il aurait également pu, je pense, remercier la rédaction comme je le fais aujourd’hui, de lui avoir donné la possibilité de s’exprimer, plutôt que d’invectiver.



Il est facile de comprendre pourquoi les victimes ont peur de parler, à visage découvert, quand on lit, par exemple, que monsieur Girardot, cherchant à rejeter la faute sur autrui, s’en prend publiquement à moi alors que je ne suis pas l’auteur de l’article (ndlr – il ne s’agit pas d’un article mais d’un droit de réponse) et que je l’ai découvert comme tout lecteur, lors de sa parution. Depuis l’annonce de sa cessation de paiement, le groupe 3V Vivalavi, tente de diviser ses investisseurs en trouvant des boucs émissaires. Je serais donc le grand méchant loup qui aurait propagé une « version des faits », une rumeur, qui aurait détruit la santé financière de l’entreprise. Nombre de Français installés à Bali depuis longtemps, se gaussent de lire de telles affirmations puisque, si quelqu’un est bien au fait de l’histoire de cette compagnie ce sont justement mes compatriotes. Contrairement à ce que Franck Girardot croit ou pense, c’est bien cette communauté française qui m’a informé des agissements « borderline » de 3V Vivalavi et non pas l’inverse. Il n’y a, en fait, jamais eu d’autre rumeur au sujet de la fausse épopée Vivalavi, que celle colportée, à juste titre, par la communauté française.

Le bruit courrait, à priori depuis longtemps, au sujet d’agissements malhonnêtes, de trains de vie disproportionnés, de comportements et d’attitudes claniques mais quand celui-ci arriva à mes oreilles, je n’y ai pas accordé d’importance... Comment l’aurais-je pu ? Lors de mon départ de la compagnie, ces informations étaient tellement en décalage avec l’image du sportif charismatique que je connaissais de F. Girardot et avec ce que je pensais connaître de la viabilité de l’entreprise, que je ne pouvais pas croire en de telles rumeurs. Qui plus est, on ne m’a jamais parlé d’un schéma de Ponzi*, tout simplement parce que personne, à Bali (ou à Paris) n’était au courant de ce montage.



Pour le reste, je laisse le lecteur apprécier par lui-même, les propos, à la candeur suspecte, de monsieur Girardot. Il dit lui-même ne pas contester nombre des éléments le mettant en cause. Il déclare ne pas être un escroc « professionnel » ! Il reconnait avoir « pété les plombs », avoir « facilement récolté » beaucoup d’argent et l’avoir « gaspillé », avoir eu « la folie des grandeurs » et s’être finalement perdu dans « une fuite ». Il dit aussi avoir été « présomptueux », avoir été tellement créatif qu’il ne pouvait pas attirer dans ses équipes des gens d’un niveau comparable au sien, avoir été « orgueilleux, naïf, aveugle, sans compétence, sans expérience » et même avoir constitué, avec ses compères, une « bande de Pieds Nickelés »... Pourquoi une telle débauche d’aveux ? Par excès de sincérité, pour tenter de se racheter ou simplement parce que, fasse à la justice, il n’est plus possible de nier l’évidence ? Mais monsieur Girardot ne se sent en rien responsable pour autant. Dans une formule qui rivalise de dédain et de désinvolture, il déclare que lui était prêt « à tout perdre » et pas les investisseurs : « j’ai emmené avec moi des gens qui n’étaient pas prêts, comme je le suis, à tout perdre ». Ce chef d’entreprise qui manageait plus de 100 personnes « n’a pas su s’entourer » des bons collaborateurs et a dû faire face parmi son personnel à « une masse d’incompétents et de profiteurs » ? Tout juste a-t-il eu « la chance de croiser quelques personnes de valeurs » ? Comme si un entrepreneur recrutait ses cadres à la loterie !



Ce serait donc de la faute des personnes qui lui ont fait confiance et de celles qui ont travaillé scrupuleusement à respecter la politique commerciale et « la vision » de leur patron pour Bali Barat et pas de sa faute à lui si l’entreprise a fait banqueroute ! Banqueroute qu’il appelle « une expérience » ! Mais cet « entrepreneur » oublie de livrer un léger détail : il est facile de dire être prêt à tout perdre quand on n’a pas soi-même investi un seul Rupiah dans l’entreprise... Etre prêt à perdre l’argent des autres, en parlant en plus, de « son propre business », c’est facile et c’est surtout très léger comme attitude... Nous avons, finalement, ici une explication très claire du processus qui fut mis en œuvre. Son propre business = s’affranchir de toute responsabilité envers l’argent des investisseurs, argent que l’on nomme chiffre d’affaires et que l’on confond ensuite avec les bénéfices...



Léger aussi que de dire, pour justifier la faillite, que les centaines d’investisseurs lui ont confié leurs fonds « en toute connaissance de cause ». Je n’ai connaissance d’aucun document contractuel indiquant cela... Facile également d’affirmer que les (soit disant) 6000 clients du coaching ne sont pas devenus 6000 investisseurs alors que la réalité est inverse : 90 % des investisseurs sont issus du coaching... Il se perd dans des explications, des suppositions, des spéculations pour éviter de répondre très concrètement à la seule question essentielle : où sont passés
les plus de 20 millions d’euro que lui ont confié quelques 200 investisseurs français ? Il parle de « plan de sauvetage » pour mieux se présenter en héros venant au secours des victimes qu’il a lui même ruinées. Drôle de capitaine qui quitte le navire en pleine tempête, après l’avoir lui-même sabordé tout en accusant les passagers du naufrage... Ce même capitaine qui voudrait maintenant rester à quai pendant que les passagers, eux, embarqueraient, cette fois-ci, dans une chaloupe déjà en train de couler. On nage en plein vaudeville !



Monsieur Girardot dit faire face à ses responsabilités et nous délivrer « la » vérité. La vérité, au contraire des faits, est contestable car elle résulte de l’adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense. Il voudrait que nous ayons une larme compatissante à l’égard de sa situation familiale alors que dans toute la longueur de son texte il ne manifeste que de l’indifférence face aux situations catastrophiques dans lesquelles il a plongé nombre de personnes qui lui ont remis les économies de, souvent, toute une vie. Monsieur Girardot était mandaté pour gérer des fonds qu’il a dilapidés, voilà « la » vérité. La seule responsabilité que lui réclament, pour l’instant, les investisseurs qui ont porté plainte, c’est de justement laisser la justice travailler pour tenter de lever le voile sur cette affaire. Une attitude responsable consisterait donc, dans l’intérêt de tous, à collaborer étroitement avec la justice.



Pour ma part, je tiens avec mon épouse, à profiter de cette occasion de m’exprimer pour remercier tous les membres de la communauté française et francophone, chefs d’entreprise ou particuliers, nos amis balinais, nos copains de toutes nationalités ainsi que nos anciens collègues indonésiens de nous avoir témoigné leurs soutiens au cours des derniers mois. S’il avait fallu faire plus court pour vous apporter une connaissance de cette affaire j’aurais tout aussi bien pu vous livrer seulement ces deux citations : « J’ai longtemps cru au miracle » (Les confessions de Madoff - S Fishman) et « J’emmerde mes victimes » (Bernard Madoff. Source : New York Magazine)



Thierry Blancheton



* Charles Ponzi (mars 1882 - janvier 1949) est un Italien, concepteur d’un mode d’escroquerie élaboré sur une chaine d’emprunt. La vente pyramidale dite « de Ponzi » fonctionne par effet boule de neige. Ponzi (tout comme Madoff après lui) promettait à ses souscripteurs des rendements bien au-dessus des réalités du marché et a honoré ses engagements en reversant à ses premiers clients, l’argent des nouveaux souscripteurs. Bernard Madoff, lui, au lieu de placer l’argent en bourse pour le faire fructifier, utilisait les fonds de ses nouveaux clients pour les redistribuer aux anciens investisseurs. En d’autres termes, 15 $ de gains des
115 $ étaient simplement issus des sommes prêtées par les nouveaux investisseurs. Lorsque les gains espérés n’étaient pas au rendez-vous, au lieu de diminuer les rendements de ses clients, Madoff utilisait donc l’argent des uns pour le reverser aux autres. Un système pyramidal qui ne pouvait fonctionner qu’à condition que tout le monde ne souhaite pas récupérer son investissement au même moment. Ainsi, ceux qui récupéraient leurs investissements étaient satisfaits des rendements exceptionnels quand les autres espéraient une satisfaction future d’après la réputation de l’escroc en chef. Ignorant évidemment que Madoff, en vérité, dilapidait le capital de ses clients.



Madoff a chuté, car avec la crise, certains clients ont demandé le remboursement de leurs « cotisations ». Impossible en répartition pure, car justement tout est dépensé de suite pour les allocataires, d’où la faillite de ce système basé sur la fuite en avant. Quand la crise boursière a éclaté (avec la crise des subprimes), les investisseurs se trouvèrent face à un marché en grande difficulté. Ayant besoin d’argent, et moins confiants qu’auparavant, ils décidèrent en masse de récupérer l’argent déposé auprès de Madoff. Trop à la fois. Madoff n’a plus assez d’argent pour rémunérer tous ses clients. Le 11 décembre 2009, B. Madoff est arrêté. Comment la clientèle de Madoff, supposée avertie pour la grande majorité en tant qu’investisseur institutionnel, s’est-elle laissée dupée par un système subreptice d’une simplicité déconcertante ? L’explication est tout aussi simple. Cette fraude gargantuesque s’est construite sur l’image, plus particulièrement sur la réputation d’un individu, dont l’intégrité était unanimement reconnue du seul fait de sa présence dans les plus hauts cercles décisionnels de la finance américaine. Madoff, compte tenu de sa stature, rendait très peu compte de ses activités, faisant peut-être l’objet de questionnement mais jamais de contrôle digne de ce nom.




Note : la clientèle des investisseurs du groupe 3V Vivalavi s’est construite, entre autre, de la même façon sur une réputation en métropole, de Franck Girardot, qui n’était pas entachée des rumeurs circulant à Bali.

Les agressions à deux-roues se poursuivent. Cette fois, le témoignage de quelqu’un qui n’a pas le profil des victimes habituelles…

Avant de rentrer en vacances en famille, j’étais touché et ému par la vague de mobilisation suscitée par les nombreux crimes perpétrés à Bali ces derniers mois. Et comme nous tous, j’ai été ravi de voir que les autorités locales s’étaient engagées à écouter notre cri d’alarme. Dans notre entourage direct, au moins une demi-douzaine de femmes ou jeunes filles ont été victimes de vols à l’arraché sur leur moto. Plusieurs d’entre elles ont été blessées mais grâce à dieu, les séquelles furent minimes. Ces accidents ont suscité en moi une certaine anxiété, mais étant un homme de près de 90 kg, je me sentais plutôt immunisé contre ces bandits dont les visées et le mode opératoire semblaient davantage se porter sur des jeunes filles. J’avais tort. Tout juste de retour de vacances, à 15h, j’avais un rendez-vous à sentral parkir à Kuta. La personne que je devais rencontrer ayant fait défection, j’ai décidé de rentrer après m’être arrêté changer de l’argent. Je me dirige ensuite vers jalan Dewi Sri. Le trafic au niveau de cette avenue est dense et les policiers au niveau du croisement affairés à gérer la circulation. J’ai un petit sac avec mon téléphone, de l’argent et d’autres petites choses. Je m’arrête au feu 100 mètres avant le McDonalds et je me mets à voir des motos exposées à ma gauche. Mon attention est faible à ce moment-là. Le feu passe au vert, je démarre doucement et 5 secondes plus tard, mon petit sac se fait arracher avec une dextérité incroyable. J’ai le temps de résister mais une deuxième moto donne un coup à la mienne et je préfère sauter de ma moto et abandonner mon sac. J’ai eu le temps de voir en eux un petit sourire de satisfaction avant qu’ils ne se volatilisent. Bien évidemment, plusieurs témoins ont assisté à la scène, et au mieux, ils m’ont regardé avec un regard compassionnel.




Après le temps de la colère est venue celui de la réflexion. Ai-je été suivi en sortant du changeur de monnaie ? N’étais-je pas prétentieux de croire que cela n arriverait pas à une personne de ma corpulence ? N’étais-je pas dans le tort à exposer visiblement mon sac ? Comment avaient-ils osé, en plein jour, au milieu de dizaines de témoins et à moins de 100 mètres d’un barrage de police ? Au delà de mes interrogations, j’ai pris certaines résolutions : je roule avec une très grande prudence car si les vols à l’arraché existent dans tous les pays, le fait d’être commis à moto les rend particulièrement dangereux. Je range désormais absolument tout sous le siège de ma moto. Au final, cela reste le moyen le plus simple et le plus efficace de ne plus être une cible. Je suis convaincu que Bali affiche un niveau de sécurité que beaucoup d’endroits envieraient. Il faut rester mobiliser pour que cela le reste encore longtemps.

Simo





Sous le titre « Ici, on s’attache rapide », cette anecdote d’un lecteur sur une fin de soirée qui s’annonçait comme une galère et pourtant… Comme quoi, à Bali, il faut toujours croire à son good karma !



Deux heures du matin, après une soirée bien arrosée, je décide de rentrer à la maison. J’enfourche mon enduro et je roule à bonne vitesse. La nuit, il fait bon et la route est libre. Jalan Kunti, alors que je m’apprête à traverser la Sunset, la moto se retrouve en roue libre ! A coup sûr, un problème de transmission. Sur mon élan, je laisse filer jusqu’au début de Kunti 2. Je m’arrête et vérifie : bingo, c’est la chaîne qui a cassé ! Ca ne vaut pas le coup de retraverser à pied pour tenter de la retrouver car il y a peu de chance que je retrouve l’attache-rapide et, de toute façon, je n’ai pas d’outils avec moi. Je me prépare donc à pousser les 4 ou 5 km jusqu’à chez moi. Je suis sportif, il fait frais, j’ai tout mon temps, pas de problème donc, je pousse.



Cela ne fait pas trois minutes que j’avance à bon pas que deux mecs à moto me dépassent et s’arrêtent devant moi : « Mister, Mister, votre chaîne ! » Je les regarde interloqué. « C’est très gentil, les gars. » Le passager s’avance vers moi et me la tend, les pognes pleines de cambouis. « Vous ne la remontez pas ? », qu’il me dit en me remettant aussi l’attache-rapide, incomplète toutefois et donc inutilisable. Je les remercie en leur disant que je m’occuperai de ça demain car la chaîne n’est pas remontable puisque il manque des pièces. Ils s’en vont et je me remets à pousser après avoir enroulé la chaîne au guidon. Trois minutes plus tard, Jalan Gunung Athena, c’est un couple à scooter qui m’arrête. « What’s the problem Mister ? » J’explique. Le pilote dit qu’il va me pousser avec son pied. Jusqu’à chez moi ? Il ne répond pas et commence à me pousser. On passe devant un bengkel. Il veut que je fasse réparer. Par politesse, j’y vais. Mais le gars qui somnolait au milieu de ses pneus explique bien sûr que l’attache-rapide étant incomplète, il ne peut rien faire.



On repart donc. Un peu gêné par tant de sollicitude, je lui dis qu’il peut me lâcher quand il veut, je me démerderais. Il continue de me pousser avec son pied, tout en discutant avec son épouse derrière lui. On avale la Gunung Salak, il va me ramener jusqu’à mon gang. En arrivant, je dis « C’est là ». Il me répond « Ok Mister », fait demi-tour et s’apprête à repartir dans l’autre sens. Je les arrête, veux leur prouver ma reconnaissance. « Attendez, je vous donne uang capek ! » Je sors tous mes biftons dans la lumière de son phare et lui tends 100 000. « Nous, on est Balinais, on aime bien aider », qu’il me dit. Eh ben, demain, vous irez manger et boire à ma santé ! Terima kasih ! J’étais rentré chez moi en 20 minutes. Avec ma chaîne.



René

Après la publication le mois dernier d’un courrier volontairement non signé par son auteur relatant l’affaire Vivalavi, qui est actuellement portée devant les tribunaux français, voici le droit de réponse de Frank Girardot, l’un des responsables mis en cause. Comme ce courrier était en premier lieu destiné de façon privée à Socrate Georgiades et qu’avec l’accord de Franck Girardot, il doit servir désormais de droit de réponse, nous en avons changé les pronoms personnels afin qu’il s’adresse désormais à la Gazette de Bali et non à Socrate Georgiades en particulier…



J’ai été un peu surpris de voir sortir une pleine page dans La Gazette concernant une affaire dans laquelle je suis mis en cause. Plus que la présence d’un sujet traitant de cette affaire, ce qui me surprend, c’est la forme choisie pour en parler. Un témoignage, anonyme de surcroit. Je m’interroge. Pourquoi ? Dans quel but ? Dans quelle intention ?



J’ai été, depuis 2 mois, contacté par de nombreuses rédactions qui souhaitaient traiter le sujet dans leurs colonnes. Si La Gazette voulait le faire, elle savait où me trouver. Donc pourquoi avoir choisi de traiter le sujet sans le faire vraiment ? En parler brièvement dans l’édito… Laisser la parole à un anonyme… Les témoins, pourtant, ne manquaient pas. Thierry Blancheton ne se prive pas, depuis plusieurs mois, de raconter, à qui veut bien l’écouter, sa version des faits. Une autre de nos clientes, Karine Willemez est, elle aussi, résidente à Bali. Et j’ai eu, vous le savez bien, jusqu’à 100 employés à Bali qui ont chacun, eux aussi, leur version de cette histoire. Enfin, sur un simple coup de fil, ou par email, je suis tout à fait disposé à vous raconter cette histoire, en toute transparence, comme je l’ai fait avec mes clients depuis plusieurs mois.



Il y a, dans la lettre que vous avez publiée, des éléments de vérité que je ne conteste pas. Mais il y a aussi un bon nombre d’erreurs et d’affabulations qui n’aideront en rien un lecteur lambda à comprendre ce qui s’est réellement passé.



Premièrement, et c’est très important, il est tout à fait faux de dire que nous sommes en train de continuer à lever des fonds. Cette accusation est grave parce qu’elle sous-entendrait que nous sommes des « escrocs professionnels » ce qui n’est tout simplement pas le cas. Nous avons cessé toute activité de levée de fonds depuis le 31 mars 2014. Date à laquelle nous avons (sans doute beaucoup trop tardivement) pris acte de l’échec de notre projet et entamé le processus de sauvetage de ce qui pouvait être sauvé.



Deuxièmement, le plan de sauvetage est présenté comme protégeant nos intérêts. C’est encore faux. Sur ce sujet, je ne vais pas vous faire de dessin, depuis 5 mois, j’ai reçu des propositions de rachat des actifs de la société au rabais avec transfert du cash sur des comptes off-shore. Plusieurs millions de dollars. Largement de quoi me prendre une retraite au soleil. Si j’étais un escroc, un vrai, c’est ce que j’aurais fait, et à l’heure qu’il est, je me gausserais de cet article (ndlr- il s’agit d’un courrier de lecteur et non d’un article). Mais ce n’est pas le cas. Fidèle à la ligne que j’ai toujours tenue, depuis le début de ce projet, j’ai fait de mon mieux (ce qui n’a souvent pas été suffisant) pour faire aboutir les choses et donner à mes clients une chance de récupérer le maximum de leur investissement. Et j’ai tenu mes clients informés de chacune de mes actions.



Vous connaissez Bali mieux que moi, et vous devez savoir que la perspective de voir le terrain de Rening Bay valorisé à 250jt par are à une échéance de 4-5 ans est très réaliste. Il s’agit d’un terrain de première qualité, magnifiquement situé en bord de plage, à mi-chemin entre Negara et Gilimanuk. Donc, oui, il faudra encore du temps avant que ce marché ne décolle, mais cela viendra et quand ça arrivera, ce terrain vaudra des dizaines de millions de dollars. Notre objectif est d’arriver à 16 millions pour rembourser tout le monde intégralement. Et je pense que nous y arriverons dans les délais estimés.



Troisièmement, une chose doit être précisée : nous avons toujours été parfaitement clairs sur notre situation financière. Nous avons toujours clairement signifié à nos clients que nous ne disposions d’aucune garantie financière. Ils ont investi en pleine connaissance de cause. Non seulement nous n’avons pas cherché à cacher cet état de fait, mais nous l’avons clairement mis en avant en précisant que leur seule garantie tenait 1) à notre engagement de rester auprès de nos clients quoi qu’il arrive (ce que nous faisons), 2) de développer des activités opérationnelles pour asseoir la solidité commerciale du groupe (ce que nous avons toujours fait jusqu’au moment où nous avons été contraints de fermer ces activités), 3) d’investir dans des terrains dont la valeur constituerait, à terme, notre seule « sécurité » financière (ce qui est le cas aujourd’hui).



Autre point : Le coaching. Cette activité est présentée comme un prétexte ou un attrape-nigaud nous permettant d’endoctriner des gogos afin de leur soutirer leurs économies. Là aussi c’est une présentation à la fois fausse et grave. Fausse, parce que mon activité de coaching, tout comme celle d’André Pitra, notre associé, a commencé en 1997, et nous avons de 1997 à 2014, travaillé avec plus de 6000 clients, dont la plupart ont été très satisfaits de nos services sans jamais investir le moindre euro dans quelque projet d’investissement que ce soit. En 2006 (et non en 2003 comme la lettre l’affirme), nous avons lancé un premier projet à Bali en réponse aux difficultés que nous rencontrions depuis 12 mois avec la qualité très discutable des programmes immobiliers proposés en France dans le cadre la loi de Robien et que nos clients nous demandaient, dans le cadre de notre activité de conseil en gestion de patrimoine. Devant le succès de ce premier test, nous avons décidé, à partir de 2008, de viser plus grand, ce qui a, indiscutablement, été une erreur fatale.



Je pourrai continuer en réfutant, une par une, les nombreuses allégations contenues dans cette lettre, mais je pense que l’essentiel est ailleurs. Que s’est-il réellement passé ? Et en quoi cette expérience peut-elle servir à apprendre (un petit) quelque chose à vos lecteurs ?



Pour répondre à cette question, je dirai que mon seul regret aujourd’hui, c’est d’avoir trahi un rêve. Un rêve auquel j’ai cru très fort, au plus profond de moi. Et un rêve auquel j’ai fait croire des tas de gens. Avec rien. Juste la force de ma propre conviction, de ma propre passion. Pour ce rêve. En courant après ce rêve et en me laissant emporter par une certaine folie des grandeurs, en pétant, à certains moments, les plombs devant tant d’argent « facilement » récolté, en ne prenant pas le temps de consolider les premiers signes de succès, en me laissant emporter dans une course (fuite) en avant pour maintenir ce rêve en vie, j’ai emmené avec moi des gens qui n’étaient pas prêts, comme je le suis, à tout perdre.



Oui, je suis coupable de ça. Je suis coupable d’avoir franchi des lignes, ignoré des signaux d’alarme. Je suis coupable d’avoir été présomptueux en pensant que mon énergie et ma créativité sauraient attirer les experts dont j’avais besoin pour faire tourner mon business. Et c’est là ma plus grande erreur. Je n’ai pas su m’entourer. Par ignorance. Par orgueil aussi sans doute. Par naïveté. Par aveuglement. J’ai eu la chance de croiser quelques personnes de valeurs. Elles ont apporté une contribution importante à l’entreprise que nous avons créée. Mais elles ont été trop rares et noyées dans la masse des incompétents (dont je fais partie) et des profiteurs (qui ont été nombreux).



Donc ce qui s’est passé, c’est qu’une bande de « pieds nickelés » a cru, très sincèrement, qu’ils allaient changer le monde en développant un projet immobilier touristique d’un nouveau genre. Sans argent, sans compétence, sans expérience. Et de toutes les choses qu’il aurait fallu réussir à faire pour mener ce projet au succès, la seule chose que nous aillons vraiment réussi à faire, ça a été de lever de l’argent. Enormément d’argent. 18 millions d’euros pour être précis. C’est beaucoup. Mais c’est bien peu, pour un projet qui dans sa version la plus ambitieuse, en aurait couté 30. Et surtout c’est trop peu lorsque cet argent est collecté sur 8 ans, au prix d’énormes efforts et de la mobilisation de trop de ressources financières, économiques et humaines…



De cet argent, il ne reste aujourd’hui que le vague souvenir de quelques activités de fitness à Bali et un terrain de 7,5ha bordant la mer. Le reste est parti en fumée. Dépensé, « investi », gaspillé… mais jamais, comme j’ai pu l’entendre dire, détourné pour alimenter je ne sais quel compte off-shore nous garantissant une fortune facilement faite.



Pour conclure, je dirai que je suis aujourd’hui occupé à faire face à mes responsabilités. Responsabilité d’entrepreneur, en faisant mon possible pour aider mes clients à récupérer leur investissement. Responsabilité de citoyen en me préparant à répondre de certains de mes actes devant les juges. Responsabilité d’homme, en faisant le bilan de toute cette histoire et en essayant d’en tirer des conclusions positives et constructives. Responsabilité de mari et de père, en faisant mon possible pour éviter à ma famille d’avoir à trop souffrir des conséquences, directes et indirectes de cette affaire.



Je ne cherche pas à endosser le beau rôle. J’ai commis des erreurs, et je dois payer, de plusieurs façons, pour mes erreurs. En exposant les faits, tels qu’ils sont, je ne cherche en rien à minimiser ma responsabilité, elle est entière, mais je tiens à préciser qu’à aucun moment je n’ai eu la moindre intention de nuire à qui que ce soit, ni à abuser de la confiance de qui que ce soit à mon seul profit. Toutes les sommes collectées ont été injectées dans l’entreprise et ont servi, directement et indirectement, à financer ce qui était le Grand Projet Bali. Je ne vous demande pas de me croire. Je ne cherche pas à vous convaincre. Je vous le dis, parce que c’est la vérité. Merci pour votre attention. Très cordialement.



Franck Girardot

La réponse de la rédaction...
Bonjour Franck, comme tu as pu le lire dans mon édito, je relaie une info concernant une  affaire qui salit l’image de Bali et des entrepreneurs français d’Indonésie. Je ne te fais pas la morale, l’affaire est entre les mains des juges.



Alors que j’étais encore en vacances en Europe, j’ai reçu des emails de nos lecteurs qui se sont émus de cette affaire. Ils ont tous un avis très tranché sur la question et sur le système que vous avez mis en place, le plus sobre vous qualifie de, je copy-paste « les enfoires », le moins élégant d’  « Encule » (sans accent, désolé), et la plus vindicative a lancé un  « Au bucher Les Escrocs de Bali ! ».



Voilà, je ne pouvais pas ne pas en toucher un mot dans le journal d’autant que vous avez été nos annonceurs, je ne voudrais pas donner à nos lecteurs l’impression que je vous protège même si personne ne sait que vous me devez encore de l’argent.  Quant à faire une enquête sérieuse, en faisant la part des choses, c’est bien au-delà de nos possibilités parce qu’il faudrait que nous puissions accéder à toute ta comptabilité, à tes comptes à Hong Kong et à tout l’historique de Vivalavi. Ca dépasse non seulement nos compétences, la mission de notre modeste journal et je ne vois pas non plus comment tu communiquerais à la presse des infos que tu refuses de donner à tes nombreux investisseurs. Au final, tous les plaignants sont français et l’affaire se plaide en France, nous sommes extérieurs à tout cela en dehors du fait qu’elle nous affecte parce qu’elle rejaillit vraiment sur nous tous et sur notre crédibilité.



C’est une femme qui a écrit ce témoignage que nous avons publié le mois dernier dans le journal, elle l’a fait sous couvert d’anonymat parce qu’elle ne voulait pas que tu la reconnaisses. Tes investisseurs ont peur de s’exprimer à découvert, ils semblent fragiles, c’est sans doute pour ça qu’ils fréquentaient des salons du bien-être où vous les avez recrutés.



C’est pourquoi je t’accorde un droit de réponse mais je ne suis pas persuadé que ça ne déclenche pas une avalanche de réactions.Bien cordialement.



Socrate Georgiades

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar