Devant cette frénésie sanguinaire qui semble s’être emparée de l’Indonésie avec l’exécution de condamnés pour des infractions sur la législation concernant les narcotiques, une lectrice s’étonne des incohérences et des injustices du système judiciaire et pénal de l’Archipel…
 
Bonjour à toute l’équipe,

Je ne sais pas si vous prévoyez d’écrire quelque chose sur la peine de mort en Indonésie et sur Serge Atlaoui qui est incarcéré depuis 10 ans, on imagine les contraintes qui sont les vôtres mais il faut s’élever contre ce traitement inhumain. L’Indonésie est un pays souverain, nous n’avons pas à lui donner de leçons mais on peut quand même s’étonner du regain d’exécutions qui se déroulent depuis l’élection du nouveau président Jokowi. Etrangement, ce sont surtout des étrangers qui sont exécutés comme s’ils étaient les seuls à convoyer de la drogue.

On sait que la peine capitale n’empêche aucun délit, même si on aimerait bien l’appliquer à des gens qui violent des enfants ou qui font sauter des bombes et tuent des innocents. Dans de nombreux pays, le nombre d’assassinats a diminué depuis l’abolition de la peine de mort alors qu’à l’inverse, dans les états des USA qui pratiquent la peine de mort, le nombre d’assassinats est plus élevé. On sait aussi que lorsque la peine de mort a été donnée, il n’y a pas moyen de ressusciter les gens pour leur apprendre qu’ils ont été victimes d’une erreur judiciaire. Pour votre connaissance et ce sont les sources d’Amnesty International, sachez que depuis 1973, 123 personnes condamnées à mort ont été libérées aux Etats-Unis parce qu’elles étaient innocentes. Enfin, le dernier argument contre la peine de mort, c’est qu’elle est surtout appliquée à des gens pauvres, qui n’ont pas les moyens de se défendre ou qui appartiennent à des minorités.

Je ne connais pas bien le cas de tous les condamnés à mort en Indonésie mais je me suis surtout intéressée à notre compatriote Serge Atlaoui. C’était un soudeur qui semble-t-il n’a pas été bien défendu ou bien n’a pas payé ce qu’il fallait à qui de droit pour alléger sa peine. En faisant appel, il a écopé de la peine de mort. Il était soudeur, il n’a rien de l’étoffe d’un grand caïd ou d’un baron de la drogue mexicain qui tue tous les jours pour asseoir son pouvoir. Demandez-vous si ses employeurs ont écopé de la peine de mort, ce n’est pas le cas. Ca fait 10 ans qu’il est en prison parce qu’il était soudeur dans une usine de drogues à Java et il doit être fusillé d’un jour à l’autre. En Indonésie, si on commandite la mort d’un juge de la cour suprême qui vous a condamné, on écope de 15 ans de prison, on sort au bout de 5 en ayant passé plus de la moitié de sa peine dans des hôtels de luxe, nous connaissons tous le nom de l’intéressé.

Dans la presse indonésienne en ce moment, vous ne trouverez rien sur le cas de ces condamnés à mort. Même les défenseurs indonésiens de l’abolition de la peine de mort sont étrangement muets comme si c’était un fait acquis que la drogue vient de l’étranger et que c’est un mal apporté par les étrangers. Les statistiques sur lesquelles s’appuient le président sont fausses, il prétend que la drogue tue 50 personnes par jour en Indonésie.

C’est difficile d’expliquer à des enfants que la drogue est autorisée et en vente libre aux USA, qu’elle rapporte même tant de taxes à des états comme le Colorado qu’ils vont être obligés d’en reverser une partie à leurs contribuables. C’est difficile aussi de leur expliquer que l’herbe est de plus en plus utilisée pour soulager la douleur des malades alors qu’ici la simple possession de moins d’un gramme de shit peut vous envoyer en prison.

Mes propos sont décousus, j’en ai bien conscience mais j’avoue que ça tape sur le moral de vivre dans un pays où on a relâché au bout de 10 ans de prison la semaine dernière un gars qui avait aidé à l’assemblage d’une des bombes qui ont explosé en 2005 à Bali et tué une vingtaine de personnes. Dans ce même pays, on a aussi appris il y a quelques jours que Marco Archer Cardoso Moreira le Brésilien exécuté il y a quelques semaines n’a même pas eu droit de rencontrer un prêtre avant d’être exécuté… pour des raisons administratives, c’est ce qu’a raconté le père Charles Burrows qui devait être son confesseur et à qui on a refusé l’accès à l’île de Nusakambangan. Que se passe-t-il en Indonésie ? N’y a-t-il plus de place pour le pardon, pour la rémission, pour la pénitence, pour l’extrême onction, pour les Chrétiens, pour les étrangers ? Peut-on nous répondre ?



Françoise

Merci Ricky, ou ode à l’espoir

Sous le titre « Merci Ricky, ou ode à l’espoir », ce courrier de Lucy qui s’apparente à celui de René il y a quelques mois et qu’on résumera par : à Bali, il ne faut jamais désespérer…
 
Tous les jours, je me lève à 6h. Parfois à l’aide de mon réveil, parfois au seul bruit du battement de la queue de ma chienne en anticipation du moment le plus attendu de sa journée. Tous les jours, je l’amène à la plage, tous les jours, les yeux pas encore en face des trous, tous les jours, les mêmes gestes endormis. Quasi en pyjama, nu pieds, je n’apporte rien à part mon permis dans son enveloppe en plastique, la laisse et quelques biscuits sous la selle. Je me réveille (un peu…) petit à petit au cours de la balade, les rencontres canines, puis c’est le retour à la moto, seules ou accompagnées, distribution de biscuits et ayo-allez, hop on rentre. Ce matin-là, au retour sur le parking, ce sentiment qui nous relie à un reliquat d’instinct, un sixième sens. Un soupçon d’un « il y a truc qui ne tourne pas rond ». Mon « saddle » pourtant bien fermé à clé me parait bizarrement vide. Il manque mon permis. Comment c’est possible ? Tous les jours les mêmes gestes automatiques, le permis, les biscuits sous la selle. Je cherche partout par terre autour de la moto… Rien. Retour maison, je cherche, rien, retour plage, rien, retour maison. Vraiment rien.
Perplexe, incrédule et pour le coup bien réveillée ;  je poste sur une page Facebook spécial expats avérés. De la réponse à coté, souvent cynique, parfois amère : perdu ou pris sur le parking mon permis... Si quelqu’un le retrouve me contacter. S’ensuit très rapidement une pluie de remarques, commentaires, leçons, accusations, les unes plus négatives voire racistes que les autres... Je me sens déprimée face à ce flux inutile et vraiment pas très généreux. Je ne veux pas être aspirée dans ce trou béant, allez me dis-je : laisse tomber tous ces grincheux,  lâche prise, ce n’est qu’un permis et une photo (certes très chère) et je delete mon post avec un petit commentaire en passant.. Bah quoi ? Je ne suis pas parfaitement zen non plus ! Six réveils plus tard, je reçois un sms… anglais de vache espagnol, je comprends vite qu’il s’agit de quelqu’un, local, qui aurait retrouvé mes papiers !!!!!!!!! Quelques sms plus tard, beaucoup d’avertissements amicaux mais personne de disponible pour m’accompagner, je pars à la rencontre de Ricky. Ricky est un Indonésien, probablement Javanais, petite vingtaine d’années, Ricky tient une boutique de téléphones portables à Kuta. Il ne doit pas manger tous les jours. Ricky a pris la peine de chercher le moyen de me contacter. Non seulement, il me rend mes papiers intacts, la photo y compris ; mais il tente de refuser le petit billet que je veux lui glisser. Alors là... moi qui ne chante même pas seule sous ma douche, je pars en chantant à tue-tête sur ma sepeda motor. Non pour ces papiers retrouvés, mais pour le cadeau immense de ce petit gars... la confirmation que oui, les gens bons existent
encore !!!!!!!!!!!!! A peine rentrée à la maison, je ne résiste pas à l’envie de partager ce happy end sur cette même page Facebook qui me semblait réunir les amateurs de la complainte. Pendant plusieurs jours, j’entendais le bruit incessant de notifications telles des machines à sous qui crachent des pièces au casino...534 likes !!!!!!!! Et à chaque ding, le sentiment d’une petite victoire. Moral de l’histoire : tout le monde aime un happy end.


Lucy


un marché hôtelier juteux pour le groupe Accor

 
Sous le titre « Un marché hôtelier juteux pour le groupe Accor », un lecteur nous explique pourquoi il n’a pas apprécié notre papier « Business » sur Franck Loison et le groupe Accor dans le numéro d’octobre dernier...
 
En octobre, lorsque vous présentez - très admiratifs - le plan carrière de Franck Loison et qu’il vous dit : « A Bali, l’offre de chambres croît plus vite que le nombre de vacanciers » et que dans le même temps il affirme que « les perspectives de développement sont loin d’avoir atteint leurs limites sur notre île », le paradoxe ne vous frappe
pas ? Et lorsqu’il affirme sans vergogne « les sommes en jeu éliminent petit à petit tous les petits hôtels de famille », vous ne trouvez rien à dire ? Et quand il assure que le moratoire sur la construction d’hôtels voulu par les élus du peuple balinais n’est pas prêt de voir le jour parce que tous les grands groupes hôteliers y sont en compétition, cela ne vous émeut pas plus que cela ?

Pensez-vous vraiment qu’Ubud a besoin du Sofitel et du MGallery qu’Accor veut y ouvrir ? Cela ne peut réussir qu’au détriment de ceux qui ont créé les guest houses et les établissements de toutes classes qui ont fait le charme de cette destination culturelle depuis des dizaines d’années et dont le sens de l’hospitalité n’a rien à apprendre de la superficialité bourgeoise de l’hôtellerie à la française dont la riche clientèle de rentiers fait tellement rêver Monsieur Loison.

C’est son droit de parler comme il parle, n’est ce pas votre devoir de journaliste d’en souligner le cynisme et de mettre en garde contre un développement incontrôlé de l’industrie touristique au détriment « des petits hôtels de famille » et finalement de la culture balinaise qui reste la raison majeure de l’arrivée des touristes à Bali ?



Yvan Vandenbergh


La réponse de la rédaction…




Cher monsieur, merci d’avoir pris la peine de nous écrire. Concernant le premier point : « les perspectives de développement sont loin d’avoir atteint leurs limites sur notre île », vous prêtez à tort à M. Loison un propos qui figure dans le chapeau de l’article et donc émis par le journaliste. Notre journaliste fait référence à des études et des propos tenus par les plus hautes autorités du tourisme sur les perspectives de développement de Bali, c’est un fait, il y aura d’ici quelques années des millions de touristes en plus à Bali. M. Loison est bien placé pour savoir que les hôtels existants sont bien loin d’un taux de remplissage à 100%, il n’empêche que nous assistons actuellement à une course effrénée au développement.

C’est bien sûr un paradoxe mais si vous avez lu l’article avec attention, vous avez remarqué qu’Accor ne fait que de la gestion hôtelière et n’est en rien propriétaire des murs. Mieux que cela, ce sont les propriétaires terriens ou les investisseurs qui font la démarche de faire appel à ce groupe français pour gérer leurs hôtels. Je suis bien en peine de répondre au nom d’Accor mais je me demande à haute voix au nom de quoi Accor devrait refuser des contrats au prétexte qu’il y a déjà assez d’hôtels à Bali ? Si le business plan est valable et qu’Accor est capable d’apporter aux propriétaires de l’hôtel, tous indonésiens, les bénéfices escomptés, il me semble que nous ne pouvons que nous en féliciter.

Bien sûr que le paradoxe nous frappe mais ce n’est pas le sujet de l’article. Si nous pouvions interviewer le bupati de Badung, le gouverneur de Bali ou le ministre du Tourisme, nous lui poserions toutes ces questions qui nous démangent sur le développement totalement incontrôlé de Bali. Dans ce numéro, nous publions un grand papier sur la crise de l’eau à Bali, elle est en partie liée au tourisme et à la consommation d’eau des hôtels. Il y a un moratoire lié à la construction de nouveaux hôtels à Bali comme nous le rappelons dans cet article mais il n’est pas respecté. On ne peut pas tout révéler dans cette réponse mais c’est un fait que pour construire un hôtel, il faut une cinquantaine de licences et il faut croire que ces licences rapportent beaucoup d’argent à ceux qui les délivrent.

Concernant le second point, « les sommes en jeu éliminent petit à petit tous les petits hôtels de famille », là encore vous prêtez à notre interviewé des propos écrits par notre journaliste. Oui, il est avéré que le goût de la classe moyenne s’oriente de plus en plus vers des hôtels standardisés avec écrans plats et climatisation plutôt que des hôtels de famille avec murs en bedeg, gecko hurlant la nuit et ventilateurs poussifs. Je grossis le trait avec un peu d’humour mais il est vrai que le cœur de la population touristique asiatique (90% des touristes qui déferlent sur Bali) préfère des hôtels qui sont aux antipodes des goûts des touristes européens. C’est tout à fait souhaitable que de petits hôtels familiaux se maintiennent, ils contribuent bien plus à la stabilité du tissu économique local mais c’est un fait qu’ils n’ont pas les moyens ni de résister en terme d’offres de service ni de plate-forme de réservation ni de marketing.

Au sujet de votre paragraphe suivant sur le moratoire, vous supposez bien à tort que ce sont les grands groupes hôteliers qui contraignent les autorités balinaises à le bafouer. Comme je vous l’ai expliqué un peu plus haut, ce sont des propriétaires terriens, balinais et/ou indonésiens qui font appel à des groupes hôteliers qui n’agiront qu’en tant que prestataires pour eux.

Est-ce qu’Ubud a besoin d’un Sofitel ou d’un M Gallery ? Je n’en sais rien et je ne suis pas un habitué de ce genre d’établissements mais vous savez sans doute qu’il y a 640 hôtels à Ubud, alors un de plus ou de moins, ça ne me fait ni chaud ni froid et je ne vois pas en quoi je devrais m’en émouvoir.

Je ne trouve pas les propos de M. Loison cyniques comme vous le dites. Ils sont d’un domaine que vous semblez ignorer, celui des affaires, c’est le sujet de notre article. Ce n’est pas notre devoir de mettre en garde contre le développement incontrôlé de Bali, nous ne sommes ni une ONG, ni un parti politique, nous relatons des faits dans le cadre d’un journal et d’articles aux contours bien délimités. Il s’agissait dans le cas de cet article consacré à Accor d’exposer la raison pour laquelle les propriétaires fixaient plutôt leur choix sur cet enseigne. C’est votre liberté de dénigrer «  la superficialité bourgeoise de l’hôtellerie à la française et sa riche clientèle de rentiers », c’est notre droit de rappeler qu’elle rencontre du succès auprès des investisseurs indonésiens.

Vous semblez être un amoureux de Bali et vous parlez avec votre cœur, vous avez bien raison. Mais le monde change et Bali n’y échappe pas. Contrairement à ce que vous écrivez, la raison majeure de l’arrivée des touristes à Bali n’est plus la culture, tout le monde le déplore mais c’est une réalité et nous journalistes tâchons de rendre compte de la réalité. Les touristes asiatiques viennent flâner dans les malls de Centro ou Beach Walk, les Australiens surfent sur Bukit ou boivent des bières à Old Men’s du côté de Canggu, les Européens font leur shopping à Seminyak ou écument les derniers restos chics et lounges de Kerobokan. Ubud a considérablement changé depuis le film « Eat, Pray, Love », les prix ont explosé, on trouve sur le circuit « Monkey Forest-Jalan Raya Ubud » les grandes enseignes internationales, eh oui, on vient aussi faire du shopping, satané shopping à Ubud, ne vous en déplaise. Et malgré cela, les autorités balinaises se plaignent que les touristes ne dépensent pas assez…

Les touristes occidentaux cultivés ont une quête d’authenticité qui se heurtent frontalement à la modernité. Au nom de quoi étiqueter le Bali des années 80 avec ses petites pensions de famille plus authentique que le Bali de 2015 avec ses grandes enseignes internationales ? La force de la culture balinaise ne se loge pas dans son offre d’hébergement mais dans ses cérémonies, ses temples, ses paysages, le sourire de ses habitants.

Si j’ai consacré autant de temps à vous répondre, c’est parce que votre courrier m’a touché. Notre cœur saigne, à nous tous les amoureux de Bali, qui avons décidé de nous enraciner sur cette île magnifique. Nous souffrons de voir les plastiques la défigurer, ses eaux polluées, le béton stériliser ses rizières mais il est sage de comprendre que nous n’avons aucune prise là-dessus. Et plus encore, il nous faut sans doute nous défaire de ces images qui ont ravi nos ancêtres qui visitaient l’expo coloniale en 1931 et se réjouissaient et s’émouvaient de voir l’authenticité des indigènes qu’on leur proposait d’observer parqués dans leurs enclos. Les indigènes sont entrés dans la modernité et ils aiment maintenant loger dans des Sofitel, grand bien leur fasse.

Pour terminer ce courrier par une boutade, je reproduis le premier couplet de la chanson « Nénufar » interprétée par Alibert, qui était la marche officielle de l’expo coloniale de 1931 :



Quittant son pays,

Un p’tit négro

Vint jusqu’à Paris

Voir l’exposition coloniale


C’était Nénufar

Un joyeux lascar

Pour être élégant

C’est aux pieds qu’il mettait ses gants



 

Socrate Georgiades

Un beau projet intitulé « La Beach Nettoyeuse » mené par un Breton qui a de la suite dans les idées. Après une première démonstration sur une plage de Tanah Lot le 13 décembre dernier, les guides francophones de Bali utiliseront cette machine pour le nettoyage qu’ils organisent le samedi 24 janvier à 10h sur la plage de Goa Lawah, près de Klungkung.


Bonjour, nous sommes venus, ma femme et moi, passer 15 jours de vacances à Bali en janvier dernier. L’atmosphère du pays, la gentillesse de ses habitants et le fait que l’on s’y sente bien nous ont donné envie d’y revenir, mais pour plus longtemps. Lors d’une promenade à la plage de Kuta, quelle ne fut pas notre stupéfaction de voir, non pas une plage de sable, mais une couverture de plastique qui la recouvrait. Petit à petit, l’idée de faire quelque chose m’est apparu comme un « devoir », je voulais agir. De retour en France, je me suis mis à la recherche de ce qui se faisait, de ce qui existait pour le nettoyage de plage. De fil en aiguille, j’ai rencontré une association qui travaillait dans ce domaine, près de chez moi, en Bretagne. Leur matériel n’est autre qu’une ancienne râteleuse à foin modifiée. L’ayant vue à l’œuvre, et compte tenu de sa rusticité et du résultat obtenu, et bien j’en commandais une pour Bali. C’est Guy Pogu qui a assuré les modifications de la première, c’est donc lui qui va me préparer la bête.



Pendant ce temps, je me suis mis à la recherche d’organismes, d’ONG susceptibles de faire importer cette bécane. Pas évident. Mais j’ai trouvé le site de Matt : OPBali (Océan Protection Bali). Son action cadrait exactement avec mon projet. Nous sommes donc entrés en contact et il m’a suggéré de contacter Archipelago Adventure et m’a mis en relation avec TTM (Ticket To The Moon). Echange d’emails réguliers, ça avance. Finalement, un transitaire peut s’en occuper. C’est pas donné mais je ne vais pas tout annuler pour quelques centaines d’euros.

  

Arrivé sur Bali, nous avons rencontré Régis d’Archipelago, qui nous avait toujours suivis et encouragés. Adhérent complètement à notre projet, il nous a aimablement mis à disposition une place pour garer la bécane et sa voiture pour effectuer les premiers essais. De plus, il m’a permis de rencontrer les guides balinais francophones à qui j’ai pu soumettre le projet, c’était à l’occasion de la rencontre du tourisme francophone organisée par la Gazette de Bali et le Museum Pasifika le 26 novembre. Mon 1er but étant que des locaux soient intéressés me semble atteint. Mon 2ème souhait, maintenant, serait de la voir régulièrement sur une plage. On y arrivera, c’est certain.   

Si vous voulez plus de renseignement, rendez-vous sur ma page FB : Philippe Monfort (BaliBreizh)



Philippe


La suite de l’opération menée par Gaia pour l’orphelinat « The Seeds of Hope Children’s Home » qui continue de faire appel à votre générosité car le budget de l’établissement n’est pas encore complètement bouclé pour l’année 2015…


Bonjour, j’avais écrit le mois dernier dans la Gazette pour lever de l’argent et trouver des bénévoles pour une opération caritative menée le vendredi 12 décembre dernier dans un orphelinat de Dalung qui s’appelle panti asuhan Benih Harapan (Seeds of Hope children’s home). Comme prévu, nous avons emmené les enfants au parc accrobranche Bali Tree Top à Bedugul. C’était non seulement la première fois qu’ils allaient à Bedugul mais aussi qu’ils participaient à une activité dans les arbres. Les enfants ont adoré, ils ne s’attendaient pas à être obligés d’enfiler des baudriers et d’apprendre le maniement des mousquetons, ils ont très vite capté toutes les techniques de sécurité puis se sont élancés dans les arbres. Au bout d’une demi-heure, certains avaient déjà atteint le circuit noir, le plus difficile, tandis que les plus petits âgés de moins de 5 ans se sont éclatés sur le circuit jaune. Il n’y avait qu’une adulte de l’orphelinat pour les encadrer et trois autres bénévoles étrangers. Les enfants sont tous très indépendants, c’était frappant de voir qu’ils ne se disputent jamais, ils s’entraident. Nous avons eu beaucoup de chance avec la météo, il a fait très beau et la pluie s’est mise à tomber seulement au moment du déjeuner (merci à Robert de Casa d’Angelo pour les sandwiches et les donuts). Dès que le soleil est revenu, les enfants ont demandé l’autorisation de pouvoir retourner jouer dans les arbres.



Pendant ce temps, Carine et Michel, Esther (qui nous a fait découvrir à tous cet orphelinat), Susan (qui a aussi géré l’énorme gâteau d’anniversaire de la fondatrice), Augustin et Jean-René avaient commencé à installer les tables et la décoration pour la soirée qui se préparait dans l’orphelinat. Nous les avons rejoints avec mon père qui avait préparé la veille dans la cuisine de Balibel (merci à Puspa et au chef Ketut pour son aide) 30 kilos de sauce bolognaise alors que nous n’étions que 140 ! Ensuite, Jérémy, le chef de Pearl restaurant, est arrivé pour donner un coup de main en cuisine, il avait aussi préparé de délicieux lumpia et une très bonne salade. Les invités ont commencé à affluer dont une partie des donateurs. La fondatrice de l’orphelinat, Ibu Sandra, s’était faite toute belle pour recevoir les invités depuis son fauteuil roulant. C’est son fils qui a ouvert la soirée avec un petit discours, ensuite les enfants ont chanté puis dansé.



Pendant ce temps, les bénévoles installaient la nourriture sur les tables. Nous avions fait 12 kilos de frites qui ont été servies en entrée et elles ont été avalées en quelques minutes, grand succès, merci à Siti la cuisinière de l’orphelinat qui a épluché les patates et à Komang et Made (villa Warna Warni) de les avoir fait cuire à la mode belge en deux fois. La grande surprise de la soirée, vers 19h30, c’était l’arrivée du Père Noël sur un dokar (une charrette à cheval) qui était venu de Kuta tout exprès (merci à Franck Metay et à Yuri de Julia Costumes). Ca a fait une très grande impression sur les enfants. Le père Noël ne parlait pas couramment indonésien, il a expliqué aux enfants en français qu’il arrivait du Pôle nord et qu’il avait chaud. Je l’ai aidé à distribuer la masse de cadeaux que Sean et Erna du Sky Garden ont offerts : chaque enfant a reçu un sac avec un nécessaire de toilette, une serviette, du matériel d’art plastique, des livres, un dictionnaire, des cahiers d’anglais, des fournitures scolaires, des snacks, du matériel de sport, des CD de musique, des partitions…



Merci à mon ancienne école Montessori et à sa directrice Wilma Grier qui a accepté de faire passer un message à tous les parents. Il a fallu plus d’une heure et demie pour distribuer les cadeaux à chacun des 67 enfants de l’orphelinat. J’ai été vraiment touchée de voir la réaction des enfants, ils étaient bien sûr excités de voir le père Noël et hyper contents d’avoir autant de cadeaux. Ils ont suivi le père Noël longtemps dans la rue lors de son départ, ils n’avaient pas envie de le quitter. Ensuite, la musique a commencé. Deux guides indonésiens francophones sont venus faire l’animation : Gusti Leo a joué à la guitare quelques rocks endiablés et chanté une chanson de Joe Dassin puis Petrus a carrément mis le feu jusqu’à minuit à la salle. Le grand Patrick a joué aussi avec les musiciens indonésiens et les enfants de Seeds of Hope, merci aussi à tous ceux qui ont osé prendre le micro pour chanter : Dewi Porte ou encore Jamy qui nous a interprété du Piaf. Encore merci à tous les bénévoles qui ont apporté leur aide et à tous ceux qui ont financé cette soirée : Djamal et Agus, Pierre Porte, Carine et Michel, Franck Metay, Véronique et Caroline, Dominique et Jean-Marc, Jean-René, Agnès Harsono, Nancy Causse, Fabrice Giraud…

Merci à tous ceux qui se sont engagés à verser un million par mois tout au long de l’année 2015 (Pierre Porte, Claire Guillot, Jean-René Gossart, Club Bien à Bali) ou 500 000 Rp (Carine François et Michel Papazoglou, Socrate Georgiades, Rodolphe de Montesquieu). Mon plus grand objectif pour l’année 2015, c’est d’aider Ibu Sandra à rassembler chaque mois le budget nécessaire pour payer la nourriture des enfants de l’orphelinat. Nous avons encore besoin de trouver 6.5 millions par mois pendant douze mois, faites vos donations par virement directement sur le compte ci-dessous !

Gaia Georgiades




Tel. 0815 17 17 9615




Jl. Panji l N° 7 Br. Kwanji, Dalung, Kuta Utara, Denpasar, Bali

Tél. (0361) 439 723



Coordonnées bancaires :

Bank: Pt. Bank Negara Indonesia
Address: Jl. Gajah Mada n° 30, Denpasar, Bali, Indonesia

Acct Name: Panti Asuhan Benih Harapan


Swift Code: BNINIDJADPS

ACCT: 0049404826






Cette « Lettre ouverte à Eric et Franck Girardot », à mettre dans le dossier judiciaire de la société Vivalavi en France, écrite par un investisseur floué. Nous profitons de cette occasion pour rappeler une nouvelle fois à nos lecteurs que la pleine propriété est interdite aux étrangers en Indonésie et que dans ce cas précis, il est tout à fait illusoire de penser pouvoir « enregistrer à Bali des actes de propriété » signés en France sur du foncier indonésien.


Messieurs Eric et Franck Girardot, la société Vivalavi que vous dirigez a entrepris un projet de construction d’un complexe touristique à Bali, appelé Rening Bay, pour lequel vous avez recueilli les fonds de près de deux cents investisseurs. En raison de graves difficultés financières, ce projet est aujourd’hui interrompu. Ma compagne et moi avons reçu jeudi 30 octobre 2014 l’email que vous adressez à ces investisseurs, dans lequel vous annoncez, pour résoudre ces difficultés, différentes démarches parmi lesquelles la vente des six villas situées sur le site de Kerobokan, déjà construit et indépendant du projet ci-dessus. Ma compagne et moi-même sommes propriétaires de deux de ces villas. Je viens par la présente vous enjoindre très solennellement de cesser la mise en vente du site de Kerobokan. Pourquoi ? La première raison est qu’en vendant Kerobokan, comme le précisent plusieurs des journalistes qui ont tenté de décrire la complexité du panorama de la situation de Vivalavi, vous tuez le rêve. Non pas tant le rêve trop tentant, pour de multiples investisseurs, de se constituer un revenu du fait d’un placement réussi, que celui de s’investir dans un projet dont la nature écologique, sociale, éthique et économique donnait à cet investissement la dimension d’une contribution, et pour certains d’une participation, à la construction d’un monde plus équitable. Vous tuez le rêve parce que vous bradez Kerobokan, dont tous les visiteurs témoignent qu’il est un « petit paradis », pour un gain dérisoire au regard des difficultés financières de Vivalavi. La deuxième raison est que pour vendre Kerobokan, vous semblez avoir congédié l’équipe indonésienne qui s’est consacrée à son développement et son animation durant plusieurs années, une équipe dont la professionnalisation était un gage de crédibilité pour les valeurs que vous défendez. En vendant Kerobokan, vous transformez l’image d’un projet éthique en une marchandise où les hommes sont de simples pions entre les mains de comités exécutifs uniquement préoccupés de logiques financières. En revenant sur la vente de Kerobokan, une partie du projet reprend vie. La troisième raison, et non la moindre, est que Kerobokan ne vous appartient pas : vous avez déjà vendu les six villas de ce site à six propriétaires, contrats de vente français à l’appui, six propriétaires qui n’ont pas été consultés pour cette mise en vente. En ce qui nous concerne, ma compagne et moi, nous vous rappelons, et vous ne l’ignorez pas, que ces villas ne sont pas à vendre. Nous vous les avons achetées, et vous vous êtes engagés contractuellement, il y a deux ans déjà, à réaliser l’enregistrement, à Bali, des contrats de vente correspondants, en conformité avec la loi indonésienne. Vous nous avez assuré par la suite que les actes de propriété des villas de Kerobokan étaient en cours d’enregistrement à Bali, dans un pays où les procédures « peuvent être longues ». A ce jour, ma compagne et moi sommes toujours en attente de nos actes d’achat enregistrés à Bali. De ce fait, nous exigeons maintenant que vous nous adressiez ces actes enregistrés, ou que vous fassiez procéder à leur enregistrement, la totalité du prix convenu vous ayant été versée. En résumé, comme nous vous l’avons dit expressément à plusieurs reprises, en privé et lors de la réunion publique du 27 juin 2014 au cours de laquelle vous exposiez votre « plan de sauvetage », nous vous répétons que les villas que ma compagne et moi-même avons achetées ne sont pas à vendre. Jusqu’à ce jour, vous ne semblez pas en avoir tenu compte. L’entendrez-vous aujourd’hui, dans cette lettre ouverte ? Une dernière raison, personnelle cette
fois : Eric, « les yeux dans les yeux », selon l’expression que vous aimez utiliser, vous m’avez personnellement affirmé que vous étiez homme de parole, au point que les écrits n’ont de portée qu’à l’aune de la poignée de main qui les accompagne. C’est pour partie sur la foi de cette assertion que je vous ai donné ma confiance. Je vous demande aujourd’hui d’être à la hauteur de cette confiance ; il y va de votre honneur.



Denis Brochier, le 8 novembre 2 014


Une élève de l’école française de Bali – qui n’est pas sans avoir un lien particulièrement étroit avec le journal – nous fait parvenir cette info sur une initiative qu’elle lance pour aider l’orphelinat « The Seeds of Hope Children’s Home » à l’occasion de Noël. Sortie, cadeaux mais aussi recherche de moyens afin de garantir des donations régulières à cet établissement dont le journal a déjà parlé (cf. La Gazette de Bali n°107 – avril 2014), Gaia en appelle à notre générosité et nous explique son programme…


J’ai 14 ans et je suis élève à l’école française de Bali. Il y a quelques mois, j’ai décidé de monter un projet qui me tient beaucoup à cœur avec un orphelinat. Cet orphelinat s’appelle « The Seeds of Hope Children’s Home » (Panti Asuhan Benih Harapan en indonésien), il se situe à Dalung, au nord de Kerobokan, dans le sud de Bali. J’ai rencontré les 67 enfants de cet orphelinat lors d’un spectacle donné par la troupe de théâtre de Jean-René Gossart à laquelle j’appartiens. Les enfants étaient venus pour participer à ce spectacle, ils ont d’abord dansé et ensuite ont chanté après la pièce de théâtre tous ensemble sur scène. Il n’y avait pas d’adultes pour les encadrer, juste les chauffeurs de leurs minibus, ils sont très autonomes et très indépendants. J’ai été vraiment émue comme tout le monde dans la salle, ils étaient heureux d’être sur scène, tous de 3 à 22 ans. A la fin du spectacle, il y a eu une vente aux enchères de tableaux réalisés par les enfants avec Carine François et de photographies d’Agnès Harsono. J’ai réalisé à ce moment-là que j’avais beaucoup de chance d’avoir autant de choses dans ma vie, ça m’a donné envie de partager quelque chose avec eux et pas seulement de leur donner de l’argent.

Il y a quelques mois, l’idée m’est venue de leur offrir un grand repas de Noël, des cadeaux et une sortie. Si je vous écris aujourd’hui, c’est parce que je cherche des bénévoles pour m’aider et aussi de l’argent pour financer ces opérations.



Le vendredi 12 décembre, nous commencerons le matin par une sortie. Ils avaient le choix entre Bali Tree Top à Bedugul ou le Waterbom, ils ont choisi le parc accrobranche. Nous avons besoin de 3 millions de roupies pour payer les tickets d’entrée et la nourriture pour les 67 orphelins. Le soir à partir de 18h, nous organisons un grand dîner de Noël dans l’orphelinat à Dalung. Les enfants adorent les spaghettis bolognaise et les frites. Nous allons aussi leur offrir un gâteau et des friandises. Sur la base de 30 000 rp/personne, il me faut rassembler 2,5 millions pour payer ce repas aux 80 enfants et adultes présents. Pour les cadeaux, j’ai demandé à mon ancienne école Montessori où on avait l’habitude d’offrir chaque année des cadeaux à un orphelinat ou à une école défavorisée. J’ai envoyé à tous les parents d’élèves une liste de choses essentielles qu’on va remettre à chacun des enfants dans un sac personnalisé. Ca comprend des affaires de toilette, des fournitures scolaires, des cahiers d’anglais, du matériel de dessin, des partitions ou des disques parce qu’ils aiment vraiment tous la musique, des vêtements, des jouets pour les plus petits, des jeux pour les plus grands et des articles de sport. Le propriétaire de Sky Garden a proposé d’offrir ces sacs-cadeaux à tous les enfants. Si vous avez envie de nous aider à préparer le repas ou à le financer ou aussi à animer la soirée, vous êtes les bienvenus.





Enfin, la dernière partie de cette action consiste à lever des fonds pour l’orphelinat. Ibu Sandra qui a créé en 2000 cet endroit étonnant avec l’aide de son mari et de ses enfants nous a expliqué que sa seule difficulté financière, c’est de trouver chaque mois le budget nourriture pour les 67 enfants. Le budget est de 18 millions par mois, soit moins de 9000 roupies par enfant et par jour. Pour l’instant, elle reçoit juste une donation de 500 dollars australiens/mois, il lui manque donc environ 12 millions par mois qu’elle récolte en contactant des donateurs chaque mois. L’idée, c’est donc de trouver 12 personnes ou entreprises, parmi les lecteurs du journal, capables de s’engager à verser pendant un an un million par mois. Nous ferons un bilan de toutes ces opérations dans le journal du mois de janvier et nous remercierons tous les bénévoles et les donateurs. Je compte sur votre générosité et je vous remercie énormément. A chaque Noël, on dépense tous beaucoup d’argent pour faire plaisir à nos proches et surtout à nous-mêmes  mais ce Noël, ça serait génial de donner un petit quelque chose à des enfants qui en ont vraiment besoin.



Gaia Georgiades



Des touristes ont été scandalisés durant leur récent séjour à Bali par les déchets qui s’amoncellent partout. De retour en France après un séjour gâché disent-ils, ils ont écrit à l’office du tourisme d’Indonésie à Paris ainsi qu’à la Gazette de Bali. Nous publions leur courrier dont les considérations sur l’environnement et le manque de gestion des déchets sont plus pertinentes que celle relative à la religion pratiquée par les Balinais…



Je me permets de vous adresser cette lettre afin de vous faire part de mes interrogations et inquiétudes, suite à mon séjour touristique d’un mois passé à Bali et Lombok au courant de cet été. Nous étions partis dans l’esprit baroudeur, avec le sac à dos et des images paradisiaques en tête telles que l’on peut les voir dans les magazines ou les reportages sur Bali. Car dans l’inconscient collectif, cette île est synonyme de paradis perdu, de retour aux sources, de sérénité et de communion avec la nature, car les Balinais sont pour la plupart bouddhistes (sic). Ces images d’Epinal, nous les avons retrouvées mais en partie seulement. Car la publicité faite sur cette île, ne correspond pas à la réalité visible sur le terrain et l’écart est conséquent. Nous avons été littéralement choqués et même agacés par la gestion environnementale de Bali mais aussi Lombok, qui en portent déjà aujourd’hui les stigmates.



Car au delà du centre ultra touristique de Kuta ou Legian, où les plages sont belles, nettoyées, les rues exemptes de déchets, Bali est tout simplement en péril partout ailleurs et je pèse mes mots. En effet, partout où se pose le regard ou la curiosité, dans les rizières, dans les rivières, dans la mer, dans les rues, derrière les hôtels, à coté des maisons, partout la même constatation navrante et affligeante : celle du spectacle dantesque des déchets qui s’amoncellent, qui se déversent ou qui brûlent. On en prend alors plein la vue et le nez. Insupportable ! Ils sont là, partout envahissants tel un poison qui gangrène ce paradis qu’est (qu’était ?) Bali, représentant une véritable nuisance, bien plus pour les touristes que pour les Balinais, qui eux n’ont ni les moyens ni même l’envie de les ramasser.



C’est en discutant avec les habitants que l’on s’aperçoit que rien n’est fait pour résorber ce problème : le gouvernement n’a rien mis en place pour faciliter la collecte voire le tri des déchets, qui ne font que s’accroitre avec l’arrivée massive de touristes de plus en plus nombreux chaque année. Pire encore, la nécessité de ramasser ne s’impose pas à eux, rien n’a été fait jusque-là pour informer ou éduquer les jeunes à la préservation de l’environnement et plus largement à celles des espèces marines, qui elles font les frais de cette pollution. Bali est au pied du mur : va-t-elle continuer à fermer les yeux ou va-t-elle enfin réagir, comme le font avec beaucoup de courage certaines associations locales, tenues par des Occidentaux  mais dont les moyens sont insuffisants.



Qu’est ce qui peut expliquer cette situation chaotique ? La corruption ? Le manque de moyens ? La volonté politique ? Les solutions et l’argent dégagé par la manne touristique existent pourtant : ne pourrait-on pas créer une taxe écologique, comme il en existe déjà dans certains pays, ne pourrait-on pas rendre la matière « éducation à l’environnement » obligatoire dans les programmes scolaires, comme on le fait en France, par exemple ? Pourquoi ne pas installer davantage de poubelles dans les villes ? Car force est de constater qu’elles sont très rares voire inexistantes. Le gouvernement ne pourrait-il pas appuyer financièrement les actions des associations locales qui font un travail remarquable, elles ?



Je vous adresse ce courrier pour vous lancer un cri d’alarme, mais aussi pour vous faire part de ma grande déception suite à notre séjour que nous avons planifié de longue date. Gâché, le voyage l’a été assurément car nous avons été incommodés à plusieurs reprises par les odeurs dans les hôtels et home stays ou nous séjournions, sans parler des déchets sur les plages ou dans la mer, les exemples sont multiples. En échangeant avec d’autres touristes, nous ne sommes pas les seuls à avoir partagé ces désagréments ! Nous sommes convaincus que Bali est en péril dans les prochaines années, rattrapée par son inaction face aux problèmes environnementaux majeurs qu’elle rencontre et qu’elle ne peut plus aujourd’hui nier.



Pour notre part, nous ne recommanderons pas cette destination à notre entourage. Bali sera désertée par les touristes si elle continue à nier le problème, car le gouvernement oublie que c’est la beauté de la nature et de ses fonds sous-marins qui attirent les touristes. Déjà les guides touristiques de référence comme Lonely Planet évoquent dans le dernier exemplaire le péril écologique et s’interroge sur l’avenir touristique de l’île. Merci de bien vouloir transmettre mon courrier aux services qui pourront ou auront envie de réagir avant qu’il ne soit trop tard ou qui sont concernés par le contenu de ma lettre. En vous remerciant d’avoir pris la peine de lire mon courrier et en espérant qu’il vous interpellera, je vous prie de recevoir, Madame, Monsieur, mes salutations les meilleures.



Mme Vix et Mr Ledanois, Sélestat

La suite des témoignages dans l’affaire Vivalavi, cette fois-ci, celui de Thierry Blancheton dont le nom a été cité dans le droit de réponse du fondateur Franck Girardot publié le mois dernier….



Bonjour, je m’appelle Thierry Blancheton et je remercie la rédaction de publier ce courrier, en réponse aux accusations de Franck Girardot à mon égard, dans la Gazette du mois d’octobre. J’invite les lecteurs, qui n’auraient pas lu ces déclarations, à en prendre connaissance dans les archives du site Internet du journal. Il s’agit d’une réaction de l’ex-patron du groupe Vivalavi et de 3V Fitness, à la lettre d’une investisseuse victime de la banqueroute du groupe, diffusée dans l’édition de septembre. J’ai moi-même, avec mon épouse, investi dans les projets de cette compagnie pour laquelle nous avons également travaillé.



F. Girardot déclare : « Thierry Blancheton ne se prive pas, depuis plusieurs mois, de raconter, à qui veut bien l’écouter, sa version des faits ». Je lis, ici, le lapsus, sans doute révélateur, d’un esprit troublé par une affaire qui semble le dépasser. En effet, il n’existe pas plusieurs versions des faits, il n’y a pas « ma » version des faits opposable à une autre. Les faits sont ce qui existe, de nature indéniable, les faits sont opposables à la théorie et non à la réalité. La bonne formule eût été alors de dire, tout simplement, « que je ne me privais pas de raconter, à qui voulait bien l’écouter, toute une série de mensonges », mais monsieur Girardot ne se risque pas à dire que je mens, tant il lui devient difficile de nier une réalité qui s’établit de jour en jour. Voulant, malgré tout, tenter de défendre l’indéfendable, il parle de « ma version des faits » de façon, pour le moins, mal appropriée. Il s’est ainsi hasardé à vouloir reconnaître les faits sans pour autant les cautionner... L’ex-patron de 3V Fitness veut bien assumer mais il n’accepte aucune conséquence...



F. Girardot se dit surpris que La Gazette de Bali, donc que les médias, la presse en général, accomplisse tout simplement et en toute logique, son travail d’information. Il s’interroge sur l’anonymat du témoignage d’une victime relatant la ruine de sa société. Les nombreux articles, émissions de radio et de télévision déjà parus et diffusés dans les médias français ont également souvent été réalisés d’après des témoignages anonymes. A ce jour, aucun autre support que la Gazette, n’a donné l’occasion à Franck Girardot de s’exprimer aussi longuement. Ce dernier aurait donc été bien avisé d’utiliser cette vitrine pour apporter des réponses et en premier lieu des signes de remords et de compassion aux victimes, plutôt que de se perdre en conjectures. Il aurait également pu, je pense, remercier la rédaction comme je le fais aujourd’hui, de lui avoir donné la possibilité de s’exprimer, plutôt que d’invectiver.



Il est facile de comprendre pourquoi les victimes ont peur de parler, à visage découvert, quand on lit, par exemple, que monsieur Girardot, cherchant à rejeter la faute sur autrui, s’en prend publiquement à moi alors que je ne suis pas l’auteur de l’article (ndlr – il ne s’agit pas d’un article mais d’un droit de réponse) et que je l’ai découvert comme tout lecteur, lors de sa parution. Depuis l’annonce de sa cessation de paiement, le groupe 3V Vivalavi, tente de diviser ses investisseurs en trouvant des boucs émissaires. Je serais donc le grand méchant loup qui aurait propagé une « version des faits », une rumeur, qui aurait détruit la santé financière de l’entreprise. Nombre de Français installés à Bali depuis longtemps, se gaussent de lire de telles affirmations puisque, si quelqu’un est bien au fait de l’histoire de cette compagnie ce sont justement mes compatriotes. Contrairement à ce que Franck Girardot croit ou pense, c’est bien cette communauté française qui m’a informé des agissements « borderline » de 3V Vivalavi et non pas l’inverse. Il n’y a, en fait, jamais eu d’autre rumeur au sujet de la fausse épopée Vivalavi, que celle colportée, à juste titre, par la communauté française.

Le bruit courrait, à priori depuis longtemps, au sujet d’agissements malhonnêtes, de trains de vie disproportionnés, de comportements et d’attitudes claniques mais quand celui-ci arriva à mes oreilles, je n’y ai pas accordé d’importance... Comment l’aurais-je pu ? Lors de mon départ de la compagnie, ces informations étaient tellement en décalage avec l’image du sportif charismatique que je connaissais de F. Girardot et avec ce que je pensais connaître de la viabilité de l’entreprise, que je ne pouvais pas croire en de telles rumeurs. Qui plus est, on ne m’a jamais parlé d’un schéma de Ponzi*, tout simplement parce que personne, à Bali (ou à Paris) n’était au courant de ce montage.



Pour le reste, je laisse le lecteur apprécier par lui-même, les propos, à la candeur suspecte, de monsieur Girardot. Il dit lui-même ne pas contester nombre des éléments le mettant en cause. Il déclare ne pas être un escroc « professionnel » ! Il reconnait avoir « pété les plombs », avoir « facilement récolté » beaucoup d’argent et l’avoir « gaspillé », avoir eu « la folie des grandeurs » et s’être finalement perdu dans « une fuite ». Il dit aussi avoir été « présomptueux », avoir été tellement créatif qu’il ne pouvait pas attirer dans ses équipes des gens d’un niveau comparable au sien, avoir été « orgueilleux, naïf, aveugle, sans compétence, sans expérience » et même avoir constitué, avec ses compères, une « bande de Pieds Nickelés »... Pourquoi une telle débauche d’aveux ? Par excès de sincérité, pour tenter de se racheter ou simplement parce que, fasse à la justice, il n’est plus possible de nier l’évidence ? Mais monsieur Girardot ne se sent en rien responsable pour autant. Dans une formule qui rivalise de dédain et de désinvolture, il déclare que lui était prêt « à tout perdre » et pas les investisseurs : « j’ai emmené avec moi des gens qui n’étaient pas prêts, comme je le suis, à tout perdre ». Ce chef d’entreprise qui manageait plus de 100 personnes « n’a pas su s’entourer » des bons collaborateurs et a dû faire face parmi son personnel à « une masse d’incompétents et de profiteurs » ? Tout juste a-t-il eu « la chance de croiser quelques personnes de valeurs » ? Comme si un entrepreneur recrutait ses cadres à la loterie !



Ce serait donc de la faute des personnes qui lui ont fait confiance et de celles qui ont travaillé scrupuleusement à respecter la politique commerciale et « la vision » de leur patron pour Bali Barat et pas de sa faute à lui si l’entreprise a fait banqueroute ! Banqueroute qu’il appelle « une expérience » ! Mais cet « entrepreneur » oublie de livrer un léger détail : il est facile de dire être prêt à tout perdre quand on n’a pas soi-même investi un seul Rupiah dans l’entreprise... Etre prêt à perdre l’argent des autres, en parlant en plus, de « son propre business », c’est facile et c’est surtout très léger comme attitude... Nous avons, finalement, ici une explication très claire du processus qui fut mis en œuvre. Son propre business = s’affranchir de toute responsabilité envers l’argent des investisseurs, argent que l’on nomme chiffre d’affaires et que l’on confond ensuite avec les bénéfices...



Léger aussi que de dire, pour justifier la faillite, que les centaines d’investisseurs lui ont confié leurs fonds « en toute connaissance de cause ». Je n’ai connaissance d’aucun document contractuel indiquant cela... Facile également d’affirmer que les (soit disant) 6000 clients du coaching ne sont pas devenus 6000 investisseurs alors que la réalité est inverse : 90 % des investisseurs sont issus du coaching... Il se perd dans des explications, des suppositions, des spéculations pour éviter de répondre très concrètement à la seule question essentielle : où sont passés
les plus de 20 millions d’euro que lui ont confié quelques 200 investisseurs français ? Il parle de « plan de sauvetage » pour mieux se présenter en héros venant au secours des victimes qu’il a lui même ruinées. Drôle de capitaine qui quitte le navire en pleine tempête, après l’avoir lui-même sabordé tout en accusant les passagers du naufrage... Ce même capitaine qui voudrait maintenant rester à quai pendant que les passagers, eux, embarqueraient, cette fois-ci, dans une chaloupe déjà en train de couler. On nage en plein vaudeville !



Monsieur Girardot dit faire face à ses responsabilités et nous délivrer « la » vérité. La vérité, au contraire des faits, est contestable car elle résulte de l’adéquation entre la réalité et l’homme qui la pense. Il voudrait que nous ayons une larme compatissante à l’égard de sa situation familiale alors que dans toute la longueur de son texte il ne manifeste que de l’indifférence face aux situations catastrophiques dans lesquelles il a plongé nombre de personnes qui lui ont remis les économies de, souvent, toute une vie. Monsieur Girardot était mandaté pour gérer des fonds qu’il a dilapidés, voilà « la » vérité. La seule responsabilité que lui réclament, pour l’instant, les investisseurs qui ont porté plainte, c’est de justement laisser la justice travailler pour tenter de lever le voile sur cette affaire. Une attitude responsable consisterait donc, dans l’intérêt de tous, à collaborer étroitement avec la justice.



Pour ma part, je tiens avec mon épouse, à profiter de cette occasion de m’exprimer pour remercier tous les membres de la communauté française et francophone, chefs d’entreprise ou particuliers, nos amis balinais, nos copains de toutes nationalités ainsi que nos anciens collègues indonésiens de nous avoir témoigné leurs soutiens au cours des derniers mois. S’il avait fallu faire plus court pour vous apporter une connaissance de cette affaire j’aurais tout aussi bien pu vous livrer seulement ces deux citations : « J’ai longtemps cru au miracle » (Les confessions de Madoff - S Fishman) et « J’emmerde mes victimes » (Bernard Madoff. Source : New York Magazine)



Thierry Blancheton



* Charles Ponzi (mars 1882 - janvier 1949) est un Italien, concepteur d’un mode d’escroquerie élaboré sur une chaine d’emprunt. La vente pyramidale dite « de Ponzi » fonctionne par effet boule de neige. Ponzi (tout comme Madoff après lui) promettait à ses souscripteurs des rendements bien au-dessus des réalités du marché et a honoré ses engagements en reversant à ses premiers clients, l’argent des nouveaux souscripteurs. Bernard Madoff, lui, au lieu de placer l’argent en bourse pour le faire fructifier, utilisait les fonds de ses nouveaux clients pour les redistribuer aux anciens investisseurs. En d’autres termes, 15 $ de gains des
115 $ étaient simplement issus des sommes prêtées par les nouveaux investisseurs. Lorsque les gains espérés n’étaient pas au rendez-vous, au lieu de diminuer les rendements de ses clients, Madoff utilisait donc l’argent des uns pour le reverser aux autres. Un système pyramidal qui ne pouvait fonctionner qu’à condition que tout le monde ne souhaite pas récupérer son investissement au même moment. Ainsi, ceux qui récupéraient leurs investissements étaient satisfaits des rendements exceptionnels quand les autres espéraient une satisfaction future d’après la réputation de l’escroc en chef. Ignorant évidemment que Madoff, en vérité, dilapidait le capital de ses clients.



Madoff a chuté, car avec la crise, certains clients ont demandé le remboursement de leurs « cotisations ». Impossible en répartition pure, car justement tout est dépensé de suite pour les allocataires, d’où la faillite de ce système basé sur la fuite en avant. Quand la crise boursière a éclaté (avec la crise des subprimes), les investisseurs se trouvèrent face à un marché en grande difficulté. Ayant besoin d’argent, et moins confiants qu’auparavant, ils décidèrent en masse de récupérer l’argent déposé auprès de Madoff. Trop à la fois. Madoff n’a plus assez d’argent pour rémunérer tous ses clients. Le 11 décembre 2009, B. Madoff est arrêté. Comment la clientèle de Madoff, supposée avertie pour la grande majorité en tant qu’investisseur institutionnel, s’est-elle laissée dupée par un système subreptice d’une simplicité déconcertante ? L’explication est tout aussi simple. Cette fraude gargantuesque s’est construite sur l’image, plus particulièrement sur la réputation d’un individu, dont l’intégrité était unanimement reconnue du seul fait de sa présence dans les plus hauts cercles décisionnels de la finance américaine. Madoff, compte tenu de sa stature, rendait très peu compte de ses activités, faisant peut-être l’objet de questionnement mais jamais de contrôle digne de ce nom.




Note : la clientèle des investisseurs du groupe 3V Vivalavi s’est construite, entre autre, de la même façon sur une réputation en métropole, de Franck Girardot, qui n’était pas entachée des rumeurs circulant à Bali.

Les agressions à deux-roues se poursuivent. Cette fois, le témoignage de quelqu’un qui n’a pas le profil des victimes habituelles…

Avant de rentrer en vacances en famille, j’étais touché et ému par la vague de mobilisation suscitée par les nombreux crimes perpétrés à Bali ces derniers mois. Et comme nous tous, j’ai été ravi de voir que les autorités locales s’étaient engagées à écouter notre cri d’alarme. Dans notre entourage direct, au moins une demi-douzaine de femmes ou jeunes filles ont été victimes de vols à l’arraché sur leur moto. Plusieurs d’entre elles ont été blessées mais grâce à dieu, les séquelles furent minimes. Ces accidents ont suscité en moi une certaine anxiété, mais étant un homme de près de 90 kg, je me sentais plutôt immunisé contre ces bandits dont les visées et le mode opératoire semblaient davantage se porter sur des jeunes filles. J’avais tort. Tout juste de retour de vacances, à 15h, j’avais un rendez-vous à sentral parkir à Kuta. La personne que je devais rencontrer ayant fait défection, j’ai décidé de rentrer après m’être arrêté changer de l’argent. Je me dirige ensuite vers jalan Dewi Sri. Le trafic au niveau de cette avenue est dense et les policiers au niveau du croisement affairés à gérer la circulation. J’ai un petit sac avec mon téléphone, de l’argent et d’autres petites choses. Je m’arrête au feu 100 mètres avant le McDonalds et je me mets à voir des motos exposées à ma gauche. Mon attention est faible à ce moment-là. Le feu passe au vert, je démarre doucement et 5 secondes plus tard, mon petit sac se fait arracher avec une dextérité incroyable. J’ai le temps de résister mais une deuxième moto donne un coup à la mienne et je préfère sauter de ma moto et abandonner mon sac. J’ai eu le temps de voir en eux un petit sourire de satisfaction avant qu’ils ne se volatilisent. Bien évidemment, plusieurs témoins ont assisté à la scène, et au mieux, ils m’ont regardé avec un regard compassionnel.




Après le temps de la colère est venue celui de la réflexion. Ai-je été suivi en sortant du changeur de monnaie ? N’étais-je pas prétentieux de croire que cela n arriverait pas à une personne de ma corpulence ? N’étais-je pas dans le tort à exposer visiblement mon sac ? Comment avaient-ils osé, en plein jour, au milieu de dizaines de témoins et à moins de 100 mètres d’un barrage de police ? Au delà de mes interrogations, j’ai pris certaines résolutions : je roule avec une très grande prudence car si les vols à l’arraché existent dans tous les pays, le fait d’être commis à moto les rend particulièrement dangereux. Je range désormais absolument tout sous le siège de ma moto. Au final, cela reste le moyen le plus simple et le plus efficace de ne plus être une cible. Je suis convaincu que Bali affiche un niveau de sécurité que beaucoup d’endroits envieraient. Il faut rester mobiliser pour que cela le reste encore longtemps.

Simo

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar