Et puisque la France est en plein dans les élections présidentielles, nous vous proposons une lecture édifiante sur l’avenir (sombre) de nos démocraties, - devrait-on dire « de nos vies » tout court ?- à cause de tous ces GAFA et NATU, ces géants du web qui savent tout sur nous et qui ont le pouvoir de tout contrôler, à la fois au niveau des individus mais aussi des communautés…

Aujourd’hui dimanche 23 avril est jour d’élection en France. J’ai fait mon devoir consciencieux de citoyen en glissant un bulletin dans l’urne ce midi, j’ai pris ma décision dans l’isoloir, j’hésitais entre le vote utile et celui qui se trouvait le moins loin de mes convictions. Mais ma conviction profonde, c’est que les hommes politiques maitrisent de moins en moins notre devenir, celui de nos pays et bien au-delà le devenir de l’humanité toute entière. J’ai été conforté dans cette idée dernièrement par un livre prêté par un ami de Sanur intitulé « l’Homme Nu » écrit conjointement  par le journaliste Christophe Labbé et l’écrivain Marc Dugain. Cet essai de moins de 200 pages nous parle des GAFA et des NATU ou comment Google, Amazon, Facebook et Apple puis dans un second temps Netflix, AirBnb, Tesla et Uber ont changé irrémédiablement en moins de 15 ans le devenir de l’humanité et notre société. Or je n’ai trouvé presqu’aucune réponse à toutes les questions que pose ce livre pour notre avenir dans le programme des 11 candidats à l’élection présidentielle française.

L’un des points abordés dans ce livre, c’est que d’ici 20 ans, plusieurs études concordantes prouvent qu’environ 50% des emplois auront disparu, quasiment tous ceux des classes moyennes y compris journalistes et médecins et qu’il ne restera plus que des sales boulots mal payés ou bien des jobs à très haute valeur ajoutée requérant créativité et communication. Le progrès ne crée plus d’emplois et ce n’est pas la perspective d’un petit revenu universel de subsistance qui peut nous réjouir.

Un autre point, c’est l’incidence des tablettes sur le développement des enfants. Alors que tous les gosses des cadres de la Silicon Valley sont éduqués à l’ancienne dans une école Waldorf où l’ordinateur est prohibé jusqu’à l’âge de 14 ans, des études très sérieuses prouvent que les tablettes provoquent des troubles de l’attention, des retards de langage, entrave le principe de causalité et cause la perte de la notion du temps, une altération de la motricité fine et globale et nuit à la socialisation. Pourtant, la ministre actuelle de l’Education française a lancé un grand plan d’investissement pour équiper toutes les écoles avec ces fameuses tablettes.

Environ 80 % de toutes nos lectures, de nos recherches, de nos requêtes sur nos téléphones portables, nos liseuses et nos ordinateurs sont stockés dans la mémoire des méga-ordinateurs de ces entreprises de big data, d’où le titre de ce livre qui met en lumière le fait que nous n’avons jamais été autant espionnés et mis à nu. Elles permettent ensuite à ces entreprises qui se revendent les données de mieux nous cibler et de nous enfermer dans des bulles. Qu’on nous propose une publicité pour le sac à dos de nos rêves parce que nous avons parlé avec un ami il y a deux jours d’une rando sur un email, ça ne pose pas de problème mais ça doit nous mettre la puce à l’oreille. Si on est malade et que l’info est revendue à une assurance… Si on veut garder un tant soit peu privées nos affaires et notre vie alors que tout, absolument tout, est enregistré et peut être utilisé à notre encontre des années plus tard, alors, il est nécessaire de s’insurger contre cela sans renier le formidable outil que représente Internet.

La dernière partie du livre étudie les domaines dans lesquels ces grandes entreprises, qui sont devenues plus puissantes que les états, ont investi… et ça fait froid dans le dos. Si vous n’avez jamais entendu parler de transhumanisme, vous allez en comprendre les mécanismes. On étudie comment nous greffer de la mémoire et on greffe déjà des membres directement au cerveau, l’intelligence artificielle a fait tellement de progrès que les ordinateurs sont maintenant auto-apprenants et nul doute qu’ils nous dépasseront un jour très prochain. Dans la mesure où ces GAFA et ces NATU, grâce à Internet, ne sont plus limités par les frontières ni par aucune législation, les hommes politiques n’ont plus aucun pouvoir sur elles.

J’ai bien sûr beaucoup pensé à cette phrase de Rabelais en lisant ce livre : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » et nos politiques actuels sont complètement dépassés par ces enjeux, ils ne sont préoccupés que par leurs carrières et la manière de se faire offrir des costumes à 6000 euros pièce. C’est à nous, citoyens de nous mobiliser sur ce sujet. Je me propose de le prêter à ceux qui m’en feront la demande.

Socrate Georgiades

« L’Homme Nu, la dictature invisible du numérique » de Marc Dugain et Christophe Labbé, Ed. Robert Laffont et Plon. 196 pages, 17.90 euros.

la mafia des transports à Ubud

Bien, nous ne le savions pas encore mais il n’y a pas que les touristes qui se plaignent de l’absence de solutions de transport décentes à Bali…

Je suis indonésienne, je vis à l’ouest d’Ubud dans le quartier de Kedewatan et je voulais attirer l’attention des autorités et des touristes sur la difficulté à trouver un transport à bon prix sur Ubud. Rappelons d’abord qu’il n’y pas de transport public à Ubud, dans une ville qui attire chaque année des milliers et des milliers de touristes. Non seulement on ne peut pas faire appel à une  compagnie officielle de taxis du type Blue Bird, ni à celles on line du genre Gocar, Uber ou Grab mais les services de moto-taxis du type Gojek sont aussi interdits d’accès sous prétexte de protéger le marché des transports locaux. Or les transporteurs locaux ne sont pas professionnels, il est presque impossible de les joindre par téléphone mais en plus ils pratiquent des tarifs prohibitifs.
J’ai quand même réussi à trouver des numéros de téléphone de taxi-moto par la page FB Ubud Community mais les gars ne sont pas fiables, ils arrivent avec une heure de retard, transmettent l’info à un copain encore moins fiable qui ne vient pas et demandent par exemple 75 000rp pour se rendre à Singapadu, 150 000 pour se rendre à Kuta.
Je voudrais rappeler par exemple que le voyage Kuta – Ubud en Gocar coûte 118 000rp.
C’est non seulement étonnant que les autorités ne prennent pas plus soin des touristes et les laissent aux mains de ce qui ressemble vraiment à une mafia locale, mais pour nous aussi, Indonésiens de souche, ça pose vraiment un problème. Je sais qu’un journal français ne peut rien faire pour améliorer ma situation mais j’espère au moins que vous m’offrirez une tribune pour témoigner de mon exaspération. Bien à vous et merci pour votre journal,

Dina

harcèlement pécuniaire à Kayuputih

Un lecteur nous fait part du harcèlement pécuniaire dont il fait l’objet dans le village de Kayuputih, près de Lovina. Une forme de racket plutôt ordinaire à Bali…

Bonjour, je suis Joël Le Bail, je viens de faire construire une maison sur les hauteurs de Lovina, à Kayuputih. J’avais acheté une petite maison à Kaliasem lorsque je travaillais à l’ambassade, nous étions bien intégrés au quartier et personne ne nous harcelait pour obtenir de l’argent. Mon épouse indonésienne souhaitant habiter une maison dans la montagne, nous avons donc déménagé à Kayuputih il y a 2 mois. Depuis, nous sommes harcelés par de soi-disant représentants du village pour payer de soi-disant impôts locaux. Nous nous sommes acquittés du versement de l’IMB et de la taxe foncière, payés à des organismes officiels, mais ce que j’appelle la mafia locale nous harcèle pour payer une taxe « nouveaux habitants » et des taxes pour diverses activités dans 3 villages, soit 3,8 juta, plus 750 000rp pour Nyepi... Jamais nous n’avons eu à payer de telles taxes lorsque nous vivions à Kaliasem, à 2km de notre maison actuelle. Ces taxes sont-elles légales ? Cela me fait penser à la Corse. Pouvez-vous me conseiller ? Bien cordialement.

Joël Le Bail

La réponse de la rédaction…
Bonjour Joël, merci pour votre courrier. Oui, votre cas n’est pas isolé. Plusieurs cas identiques au vôtre me sont remontés, ça dépend à la fois des banjar et de la solvabilité supposée des clients. Ce week-end, on m’a précisément parlé d’un couple de Chinois, elle est indonésienne et lui est de Chine, ils sont aisés et les pecalang les ont carrément empêchés de rentrer chez eux sous le prétexte qu’ils n’avaient pas acquitté une taxe au banjar. Me permettez-vous que je publie votre courrier, si besoin en dissimulant votre nom et le nom du village, pour essayer de faire remonter de l’info et peut-être trouver une solution ? Bien à vous.

Socrate Georgiades


Enfin, dernier retour de la personne…
Bonjour, merci de votre réponse si rapide et de votre souci de nous aider. Bien entendu, vous pouvez publier mon courrier. Je sais qu’un retraité « bule » apparait aux yeux de certains comme quelqu’un de riche. J’ai consacré toutes mes économies à la construction de cette maison et je n’ai plus de quoi acheter une voiture… je ne suis pas un riche bule mais je ne me plains pas, j’assume mes choix de vie ; j’emploie 2 personnes du village comme je m’y étais engagé auprès du Lurah... mais je ne veux pas céder à l’extorsion de fonds. Les mafias prospèrent car beaucoup de gens se laissent
faire ; solidarité oui, racket non. C’est contraire à mes idéaux. J’aurais accepté si cet argent avait été redistribué aux pauvres de la commune ; mais ce n’est pas le cas (j’ai interrogé mes voisins avec qui j’ai de bonnes relations). Merci du temps que vous me consacrez, mettant en pratique les principes de fraternité. Bien cordialement.

Joël Le Bail

In memoriam

Eugène Baikoff nous a quittés le 22 janvier dernier dans sa 92ème année. Un cancer en phase terminale s’était déclaré au mois d’août et a mis un terme à ses 60 ans de carrière en tant qu’ingénieur structure. Il a refusé tout traitement et chimiothérapie et a pris en main le traitement de sa maladie avec une remarquable clarté d’esprit, pragmatisme et honnêteté. Sa dernière volonté était une crémation sans aucune cérémonie religieuse, elle a été respectée.

Bons vents Eugène!

LIberté de ton

Comme il arrive régulièrement depuis la création de la Gazette, un lecteur s’étonne de notre liberté de ton. C’est oublier que l’Indonésie est une démocratie depuis presque vingt ans maintenant, avec une liberté d’expression garantie, ce qui est tout à l’honneur du pays…

Bonjour à toute l’équipe du journal. Je viens de découvrir la Gazette et je suis ravi de pouvoir lire des articles en Français sur les événements de la vie à Bali, ainsi que ceux du pays en général. Je dois vous avouer qu’en tant que résident retraité, ma surprise fut grande de découvrir tout ce qui se passe en actualités, (politique, justice, etc...).  Mon rêve est brisé... Je me suis même posé la question de savoir s’il n’était pas dangereux pour les journalistes et la Gazette de publier ces articles documentés, sans problème, sans censure. Je suis en admiration que ça marche. Merci pour votre excellent travail journalistique. Cordialement.

Wayan JC (Jawa)


La réponse de la rédaction…

Bonjour et merci pour votre courrier et vos félicitations. Parce que nous sommes étrangers et souvent isolés dans notre bulle linguistique et culturelle, nous sommes quelquefois un peu coupés du pays dans lequel nous avons élu domicile. C’est donc notre travail que de vous informer de l’actualité très riche de ce pays. Comme dans la plupart des pays du monde, l’actualité est souvent noire, voilà pourquoi par exemple nous avons décidé de passer les infos les plus anxiogènes uniquement sur notre fil d’actualité Twitter, nous les avons presque toutes supprimées de notre compte Facebook et du journal papier.

Relayer l’info est un métier difficile, il faut choisir et hiérarchiser. Ne pas être béni oui-oui en ne passant que des infos positives, ne pas jouer les jeux du cirque et attiser le goût du sang en ne passant que des infos anxiogènes et sanguinolentes. Pour nous qui vivons à Bali, dans la première destination touristique du pays, c’est un souci quotidien que de jouer avec cet équilibre subtil pour donner l’image la plus vraie et juste du pays sans angoisser nos visiteurs et les résidents qui ont décidé de s’y fixer. C’est une vraie responsabilité parce que les acteurs du tourisme (hôteliers, voyagistes...) et les gens de l’office du tourisme de l’Indonésie souhaiteraient bien évidemment nous voir plutôt faire rêver les touristes et relayer une image de magazine papier glacé du pays. On nous lit, on nous scrute, on nous observe en haut lieu, à Denpasar, Jakarta et Paris mais nous n’avons jamais eu de pression ni de censure ni de procès en presque 12 ans d’existence. Mais il est vrai que nous prenons les devants, nous nous auto-censurons sur quelques sujets très sensibles et nous documentons toujours nos articles en citant des sources journalistiques indonésiennes. Il est vrai aussi que notre sensibilité occidentale nous fait voir les choses d’une manière différente qui ne peut pas être exprimée publiquement ici au risque de froisser la sensibilité et la fierté nationales, nous en avons conscience et respectons les Indonésiens qui nous accueillent dans leur pays.

Les autorités ont sans doute conscience de la justesse de notre démarche et du fait que nous ne franchissons jamais les limites (disons plutôt, presque jamais). Notre action journalistique et culturelle, notre quête d’une image la plus exacte de ce pays, contribuent certainement à promouvoir et valoriser Bali et l’Indonésie plutôt qu’à noircir sa réputation... car nous sommes avant tout de vrais amoureux de l’Archipel ! Bien cordialement et bonne lecture.

Socrate Georgiades
Une belle initiative des enfants du Lycée français de Bali avec Bali Sea Turtles et Ticket to the Moon…

Chers insulaires ! Afin de préserver les océans, le Lycée français de Bali s’associe avec Bali Sea Turtles et Ticket to the Moon dans l’optique de promouvoir le développement durable qui est un enjeu majeur dans les objectifs de l’école. Voient le jour au sein de l’école de nombreux projets humanitaires axés notamment sur l’eau. Le mois dernier, la classe de 4ème a participé au lâcher de bébés tortues tout juste sortie de l’œuf organisé par l’association Bali Sea Turtles. Tout au long de l’année, des bénévoles s’occupent du ramassage des œufs exposés aux dangers des plages. Les tortues nées sur une plage reviennent pondre au même endroit, c’est pourquoi leur avenir est mis en péril par l’accroissement du tourisme et des animaux errants. De plus, d’autres dangers restent à braver une fois à l’eau : le plastique et les déchets en général... Environ 1 tortue sur 1 000 survivra, il est donc impératif de les préserver.

L’association a pris de la notoriété et bénéficie aujourd’hui de l’aide de nombreux bénévoles également locaux qui peu à peu prennent conscience de l’impact important  qu’une petite action peut avoir. C’est pourquoi nous voulons leur venir en aide avec la vente de sacs. Ceux-ci sont fabriqués à partir de toile de parachute fournie par Ticket to the Moon et sont particulièrement pratiques et résistants. Les objectifs de ce projet sont de sensibiliser et de mobiliser par le biais de la communication contre l’utilisation des sacs plastiques. Les fonds récoltés seront reversés en majeure partie à l’association Bali Sea Turtles et permettront aussi à notre classe de partir en mission-sauvetage des eaux balinaises. Adhérez à notre cause et unissons-nous pour construire un futur plus durable !

Les élèves de Terminale.
Noémie, Camille, Chan, Balthazard et  Jasmine

Casse-tête administratif avec l'ambassade

La demande de visa pour la France est-elle trop compliquée depuis l’Indonésie ? C’est la question que pose cette personne qui incarne un cas particulier mais qui n’est pas non plus exceptionnel : elle est étrangère non ressortissante de l’Union Européenne en France, où elle réside, n’a pas de Kitas ici et n’est pas non plus indonésienne… 

Alors qu’avant l’Ambassade de France à Jakarta recevait directement les demandes de visa, aujourd’hui le service est délocalisé et le traitement est confié à une entreprise intermédiaire qu’on appellera T. T est une entreprise indonésienne qui reçoit les dossiers et les transmet à l’ambassade. Soulignons toutefois que les demandeurs n’ont aucun contact direct avec l’ambassade. Impossible de poser une question quelconque ou appeler pour des renseignements, on nous envoie directement à T. Mais qu’en est-il de T ? Sont-ils assez compétents pour des questions plus complexes qui touchent directement aux lois françaises ? Savent-ils faire face à des cas qui sortent du schéma habituel ? Enfin, arrivent-ils à communiquer efficacement avec l’ambassade ?

Selon le règlement, seule une personne de nationalité indonésienne ou résidente ici avec un Kitas peut demander le visa pour la France à l’Ambassade de Jakarta. Il existe toutefois une dérogation si la personne en question peut justifier d’une raison urgente de retourner en France et ne peut pas demander le visa depuis son pays d’origine. Mais bien que le cas particulier soit précisé sur le papier, l’entreprise T sait-elle le mettre en pratique ?

Résidente en France depuis 8 ans avec un titre de séjour renouvelable d’1 an, j’ai dû partir en Indonésie pour 6 mois sachant que mon titre de séjour expirait avant mon retour en France. La préfecture de Paris m’a gentiment précisé que je peux demander mon visa de retour sans problèmes à l’ambassade de France. C’est là que toutes les péripéties ont commencé. Après plusieurs échanges au téléphone avec T, j’arrive à prendre rendez-vous en précisant que je ne possède pas de Kitas en Indonésie. Arrivée sur place depuis Bali, je suis confrontée à un retournement de situation : « Mademoiselle, on ne peut pas accepter votre dossier puisque vous ne rentrez pas dans les critères habituels. » Inutile de leur expliquer que j’ai tous les justificatifs nécessaires pour prouver que je réside en France de manière permanente, ils ne comprennent pas et ne veulent pas m’écouter. Ils paniquent et m’envoient à l’ambassade pour que j’explique moi-même la situation en me précisant qu’« on m’attend à l’ambassade ».

Qui ? Où ? Je n’en sais rien. Arrivée devant, je bataille pendant 20 minutes pour pouvoir entrer puisque personne ne semble être prévenu de mon arrivée. On remarque déjà un léger problème de communication. Après de longues explications au garde, j’entre dans le service de visa. La réceptionniste indonésienne m’explique en français sans vraiment comprendre ma situation que la responsable des visas n’est pas là aujourd’hui. C’est là où je me dis que T s’est débarrassé de moi car ils ne savent pas comment gérer le problème, de vrais professionnels ! En insistant, j’arrive enfin à parler avec une personne française qui me comprend un peu mieux. Elle m’annonce alors que dans quelques heures, elle contactera la responsable pour pouvoir discuter de mon cas (qui, j’insiste encore, est bien prévue dans la loi !) qui a son tour donnera des directions à T. Entre l’avion dans 5h et l’incertitude d’obtenir mon visa de retour, je ne sais pas ce qui est pire. Finalement, la responsable donne le feu vert à 2h de l’heure du vol et mon dossier est accepté par T. Autonomie de la part de T : 0 !

Je croyais que tout ceci allait être fini et que j’allais recevoir mon passeport dans 15 jours (délai maximal de traitement de demande). Grosse erreur ! Dix jours plus tard, on me demande d’envoyer mes relevés bancaires sans me préciser à quelle adresse. J’envoie à deux adresses email de l’ambassade et à l’adresse de T. Les jours qui suivent, je n’ai aucune nouvelle et le dossier n’avance pas. Je ne sais pas si les papiers sont bien reçus ou non. T me dit qu’ils n’ont pas la réponse, l’ambassade me dit qu’ils vont me répondre. Je les appelle tous les jours et j’ai toujours la même excuse. Je n’ai d’ailleurs jamais reçue la réponse promise de l’ambassade. Les deux instances ont passé leur temps à se renvoyer la balle sans vraiment connaître le rôle de chacun dans l’affaire. Comment l’ambassade peut-elle se déresponsabiliser de toutes questions techniques en mettant tout sur le dos d’une entreprise non compétente à cet égard ? Est-ce que ça suffit de parler français pour comprendre les subtilités administratives ?

Mon expérience a démontré des vraies failles dans ce système de communication administratif, un vrai manque de sérieux et l’inefficacité du traitement. J’avais comme l’impression de faire ma demande en ligne sauf que la case pour cocher mon cas ne fonctionnait pas et le bouton d’aide ne figurait pas sur l’écran.

Renouvellement laborieux d'un visa tourisme

Les péripéties d’un renouvellement de visa tourisme​. Si on arrive à Bali pour y passer 30 jours, le visa est gratuit pour les Français et de nombreuses nationalités. Mais si on veut rester plus de 30 jours, il faut payer son visa à l’arrivée ainsi que le renouvellement pour les 30 jours suivants. Cette touriste, qui souhaite rester anonyme, nous livre la petite chronique de ses trois allers-retours au bureau de l’immigration…

Arrivée aéroport, je paye un visa normalement gratuit la somme de 440 000rp pour un mois et un ticket autorisant le prolongement d’un mois, on m’annonce que ceci me coûtera seulement 330 000rp. ​Lundi 22. Je me rends donc au bureau de l’immigration à Nusa Dua, un jeudi matin 3 semaines après​, la fleur au fusil​, avec passeport et le fameux stamp déjà dans le passeport. 30 mn de voiture plus le péage deux fois pour le nouveau bureau super moderne avec plein de tableaux​ d’affichage pour tous les numéros en attente, des hauts parleurs qui hurlent et scandent les numéros qui s’affichent (on se demande pourquoi deux opérations !)​.​ Pas mal organisé mais toujours un monde fou. Des gens de tous âges et conditions, des jeunes en petite tenue très légère, et je me souviens de l’époque où il était interdit d’entrer en short et débardeur... Des vieux retraités visiblement, des cannes et des cheveux blancs, je reconnais quelques kitas aussi. Moi je suis une nouvelle touriste !

Pour le touriste lambda qui veut dépenser son argent un mois de plus en Indonésie, il faut : le passeport, le billet retour, la fiche à remplir avec un millier de question​s​. Evidemment, comme j’avais ​pas tout, le toko du coin te fournit​ Internet et photocopie, ouf ! 20 mn. J’y retourne, et je fais la queue 45mn​. Un taré qui parle pas mais qui hurle, m’engueule parce que j​’ai pas rempli l’adresse de ma famille dans mon pays d’origine (????). Et où j’habite ici ? H​ôtel ? Villa ? Ah, chez des amis... Honnêtement, je me sens humiliée. J’ai mal calculé, je serai quand même en over stay de 4 jours, soit 1 200 000rp à payer au départ ! Juillet ao​ût, 31 jours. Va t’asseoir, on t’appellera.
Encore 15mn, tu récupères un bout de papier et tu dois revenir 3 jours après et pas un autre jour ! Pour faire photo et payer 330 000rp normalement ! Ensuite, tu reviendras 3 jours après reprendre ton passeport. Et je devrai quand même aller à Singapour ou payer l’over stay à la fin.
RDV obligatoire 5 jours après pour photo et paiement. Tant pis si tu avais prévu de partir en croisière, raison de l’extension de ton visa dans ce beau pays.

Jeudi 25. ​A nouveau embouteillage et péage. Arrivée à l’accueil, c’est ticket, attente assez courte, paiement : 350 000rp. Tu remets la quittance à un employé qui vérifie et te redonne un numéro d’attente pour photo et empreintes (empreinte ! pour un touriste !). Et l​à,​ l’horreur, j’ai le ticket numéro 155, le numéro affiché​, en cours, est le 65. A raison de 2mn par personne, je calcule près de 3 heures. Je suis abattue, sort ma tablette et me mets à lire en attendant et prenant mon mal en patience. L’attente durera 2h40… Ensuite ça va vite : photo​, empreinte et le prochain RDV le mardi suivant pour le passeport.

Mardi 30. ​Embouteillage et péage pour la troisième fois le mardi suivant, soit 9 jours en tout.
Et là, miracle, tu reçois ton passeport en moins de 10mn. Je regrette presque la rapidité, je m’étais mis dans un bon état d’esprit pour attendre encore quelques heures... Coût financier : 440 000rp, à l’arrivée, 350 000rp, pour la prolongation, 6 fois 11 000rp de péage, 66 000rp. Essence, attente, embouteillage. Et au final, pour moi, encore 1 200 000rp pour 4 jours d’over stay. Soit plus de 2 000 000rp ! Si j’avais su... j’aurais pris un AR retour à la journée à Singapour, j’aurais au moins pu faire du shopping dans l’aéroport !

Les mains de Nur

Serge, un lecteur, nous parle avec ferveur de sa passion pour les massages de Nur, sa « physiothérapeute un peu magicienne »…

Bonjour, de retour à Bali, j’ai envie de parler de Nur. « Les mains de Nur ». Les mains de Nur volètent au dessus de mon dos, de la tête aux pieds. C’est la prière de Nur. Puis elle enfonce le pouce dans la plante de mon pied droit, Oh, ça fait mal. Nur me dit : « D’après ton pied droit, ton rein gauche est enflammé. Tu dois boire plus. » Enfin, Nur commence à masser ma jambe droite, du pied jusqu’à la fesse. Ses mains déposent un peu d’huile et me massent en profondeur. Nur me masse, me caresse, me triture, me fait mal mais me fait du bien. Nur reprend la même routine sur la jambe gauche, et là, j’attends, je vais souffrir, je le sais. Et oui, quand elle a fini les deux jambes, Nur s’attaque à mon dos, des fesses au cou. Après avoir déposé un peu d’huile et massé mon dos traditionnellement quelques minutes, Nur enfonce son coude au creux de mon dos de tout son poids et le promène ce coude, des fesses au cou. Et là, ça fait mal, je serre les dents et commence à compter : dix, vingt, trente secondes avant que ça s’arrête. Mon Dieu que c’est bon quand, me faisant me retourner sur le dos, elle demande : « Comment te sens tu ? » Nur me masse maintenant le ventre, les bras, les mains. J’ai l’impression de me faire laver comme un bébé. Les mains de Nur étaient du granit. Elles deviennent du velours, mieux encore, sont chaudes comme du pain. Enfin, Nur masse mon crâne, mon front, mes joues, puis immobilise ses mains sur mon visage. Et, pendant une minute, je m’endors, soulagé de mes douleurs, reposé et l’esprit en paix. Les mains de Nur volètent de nouveau au dessus de moi. C’est la prière de fin de massage de Nur. Nur est ma masseuse. Elle est physiothérapeute et un peu magicienne. Je la paie dix euros pour une heure.


Serge

Sur les restaurants de plage de Jimbaran

Un lecteur n’a pas du tout apprécié un article de la page culinaire d’août dans laquelle nous affirmons que les restaurants de plage de Jimbaran et Kedonganan sont malheureusement devenus aujourd’hui des « arnaques à touristes »…

Bonjour, je suis vraiment attristé de lire l’article sur les restaurants de Jimbaran. J’aurais pu comprendre (quoique) un tel article sur le site de Trip Advisor mais pas dans la Gazette, provenant de personnes résidant depuis longtemps à Bali. Cette généralisation est inadmissible. Un journaliste ne doit-il pas vérifier l’info avant de l’écrire et surtout de la publier ? Il y a 3 lieux de cafés sur la plage de Jimbaran et vous le savez sans doute parfaitement. De quel endroit parlez-vous ? Je peux vous faire diner sur cette même plage sans aucune des critiques que vous mentionnez.
Le titre de l’article est ignoble. Pour en finir avec quoi ? Ne mettez pas tout le monde dans le même panier, faites correctement votre métier. Pour en finir avec le journalisme non professionnel ?


Bernard

La réponse de la rédaction…

Cher Bernard, je vous sais un fidèle lecteur de la Gazette depuis ses débuts et je suis bien désolé de vous attrister. Mais oui, je persiste et signe, je porte un jugement très critique sur les établissements de plage qui s’étendent de Jimbaran à Kedonganan et c’est mon métier que d’analyser, décortiquer, comparer, synthétiser, mettre en perspective et critiquer - sans parti pris -, et pas que dans le domaine culinaire. Oui, je fais un amalgame parce que je compile depuis des années les expériences de mon entourage sur ce lieu et les miennes propres quand il m’arrive d’y aller, pas plus d’une fois par an, en changeant à chaque fois d’établissement et avec le faible d’espoir d’en trouver enfin un dans lequel je pourrai bien manger et si possible avec un rapport qualité/prix honnête. J’ai toujours fait extrêmement attention à ne pas porter atteinte à toutes les combines liées à l’industrie touristique à Bali mais là franchement, je réitère ma généralité de café du commerce sur les restos de plage de Jimbaran malgré les milliers de personnes qui y défilent chaque jour. Et c’est d’autant plus frappant qu’à Bali, s’offre à nous un immense choix de restos, pour toutes les bourses et tous les goûts, avec une grande majorité de gens sérieux qui prennent leur métier à cœur, qu’ils soient propriétaires de petits warung ou de grands restaurants cotés. Nous avons le choix, profitons-en, la restauration à Bali ne se réduit pas à ces restos à touristes ! A propos de cette zone de Jimbaran, je voudrais mentionner le chef suisse Heinz Von Holzen qui anime depuis près de 20 ans un cours de cuisine balinaise admirable et qui prend un malin plaisir à emmener ses élèves d’un jour en visite éclair dans le marché de poissons de Kedonganan à la recherche du « dernier poisson frais de Bali » mais je n’en dirai pas plus !
Si vous vous rappelez de la Gazette du mois d’avril 2014 et de mon article intitulé « Tripadvisor, pas si avisé que ça ! », vous aurez du mal à nous comparer à cet instrument déloyal qui porte au pinacle, grâce à son algorithme totalement tronqué, des restaurants insignifiants qui ont juste acheté une vingtaine de critiques ou ont demandé à leurs amis de leur poster des critiques 5 étoiles au détriment d’établissements qui ont pignon sur rue depuis longtemps et totalisent des milliers de critiques…
Pour revenir aux restos de la plage de Jimbaran, j’émettrai quand même un bémol en admettant que la qualité s’est dégradée au fil des ans, sans doute en raison de la  concurrence, il me semble que c’était meilleur il y a une dizaine d’années et que le rapport qualité-prix était plus raisonnable. La course aux commissions nuit gravement à la qualité des prestations et des activités et c’est valable dans le monde entier. Ne soyons pas naïfs, ne défendons pas des gens qui n’ont aucun respect pour leurs clients sous prétexte qu’ils sont du cru et félicitons-nous bien plutôt qu’un journal ait le courage de le mentionner.

Socrate Georgiades

La France mauvaise mère mais bonne marâtre

Sous le titre « La France mauvaise mère mais bonne marâtre », ce lecteur, habitué de la page Forum, nous fait part de son indignation devant les propos des pouvoirs publics après l’attentat de Nice et affirme se sentir plus en sécurité en Indonésie qu’en France…


Mon père ancien magistrat, pupille de la nation, mon grand-père étant mort sur le champ d’honneur pour la patrie et le drapeau tricolore, j’entendais ma grand-mère me dire : « N’oublie jamais que la France est une mauvaise mère mais une bonne marâtre. »
Après l’horreur qui a frappé nos concitoyens à Nice, je me questionne et je repense à cette phrase pleine de bon sens. Je suis très en colère contre l’immobilisme et l’incompétence de l’ensemble de la classe politique française et de nos dirigeants. Mais pourquoi le peuple, les citoyens français ne se révoltent-ils pas (plus) contre un gouvernement qui ne sait pas les protéger ?
Pourquoi les grands-parents, les parents, les enfants, les petits-enfants, les amis, après la stupeur et la souffrance d’avoir perdu des proches et qui pleurent aujourd’hui leurs morts et leurs blessés encore une fois, peuvent-ils entendre et accepter de nos hommes politique qui se doivent de nous défendre : « Eh bien oui, c’est le terrorisme, nous sommes en guerre et il faut s’attendre à avoir d’autres attentats. »
Parallèle que je fais avec mon statut d’expatrié, vivant à Bali depuis 23 ans, (citoyen français), où moi-même, commandant de réserve, fils de magistrat, je me vois refuser par 3 fois l’ouverture d’un compte en banque en France (qui est un droit constitutionnel) avec la seule et unique excuse que je réside en Indonésie, pays à risque !?!?
La France est-elle un pays sans risque, je l’ignorais : 5 attentats en moins de 18 mois et plus de 250 morts !
La France avec un gouvernement qui permet l’ouverture aux bourses scolaires à l’étranger mais qui pour des raisons non argumentées ne les concèdent pratiquement jamais. Faut-il bénéficier de copinage pour y accéder ?
La France dont le président à l’arrogance de se justifier sur un salaire de plus de 9000 euros mensuels donné à son coiffeur privé, alors que les Français souffrent du chômage et d’une crise économique majeure avec une perte du pouvoir d’achat sans précédent ?
Et pire, la vie de nos hommes politiques a-t-elle plus de valeur, qu’un citoyen lambda ?
Françaises, Français, ne soyez pas naïfs, bien sûr que oui quand on sait que pour une manifestation contre la loi Myriam El Khomri le service de sécurité était de plus de 2000 policiers gendarmes et militaires alors que sur la promenade des Anglais, qui réunissait plus de 100 000 personnes, le dispositif s’appuyait sur l’engagement de 64 fonctionnaires de la Police Nationale et de 42 de la Police Municipale, déployés sur l’ensemble du périmètre : soit 106 au total !
Cela laisse rêveur concernant la protection que met en place nos gouvernants selon que l’on doit protéger des « Elus du peuple » ou des simples citoyens, dans un contexte où je le rappelle la France est en « état d’urgence ». Ouf, merci de nous rassurer et de nous protéger aussi efficacement !
Alors oui, Mesdames et Messieurs les politiques, instances gouvernementales, je me sens bien plus en sécurité avec ma femme et mes 3 enfants dans un pays dit à risques comme l’Indonésie plutôt que dans mon propre pays où tout n’est qu’usurpation, manipulation, hypocrisie et condescendance.
Mais surtout encore une fois, je ne comprends pas la réaction passive de mes concitoyens et des familles endeuillées qui, incompréhensiblement, ne réagissent pas à un tel misérabilisme de la protection de la classe politique qui se doit de défendre son peuple.
Je pleure comme nous tous nous pleurons nos morts, encore une fois... une fois de plus... et nous n’attendons pas des indemnisations, de l’argent de qui que ce soit (compensation qui me parait tellement irréelle tant elle semble inappropriée à la souffrance des familles endeuillées) mais juste simplement et légitimement que nos décideurs, nos dirigeants, nos gouvernants prennent leurs responsabilités et tiennent leurs engagements politiques et que pour une fois une seule, ils se préoccupent réellement de leur concitoyens.
Aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons et surtout REVEILLONS-NOUS !

Pierre Porte

suite du courrier sur la difficulté d'obtention du permis de travail après 55 ans


Suite du courrier anonyme du mois dernier sur les difficultés d’obtenir un permis de travail lorsqu’on est un travailleur étranger et sénior en Indonésie…

Mon courrier du mois dernier, à ma grande surprise, souffre d’omissions, par exemple, la conclusion du courrier et une faute de frappe qui retire tout son sens à une phrase. La Gazette aurait-elle besoin de plus d’espace pour sa pub ? Non, heureusement, il n’en est rien. Celle-ci m’accorde le droit de compléter mon article et je l’en remercie.  Elle, au moins, au contraire de bon nombre d’entre nous, ne souffre pas de concurrence notoire.

Je parle d’un « conflit » et non pas d’un « concept » entre le législatif de Jakarta et l’exécutif dans tout l’Archipel. Le premier ministère à être « en ligne » a été celui des impôts. Ce système se généralise assez rapidement. Toute demande administrative traitée en ligne court-circuite les administrations locales de chaque province. Et c’est là où le bât blesse !

Parmi de très nombreux exemples, la non délivrance dans votre dossier immigration de l’IMTA original de l’année dernière, qui se trouve pourtant au Depnaker de Denpasar, peut être sanctionnée à 3,5 millions Rp (négocié à 2,5 millions). Et vous avez de la chance, me dit-on, car à Renon (Denpasar), ce serait presque le double !

Ma foi, en tant qu’étranger, jouons le jeu, vérifions bien notre liste et acceptons que l’exécutif puisse accéder au « panier » comme en ligne sur Internet.

La confirmation de ce fait s’établit aussi dans la réponse du juriste de la Gazette : « au cas par cas ». Un certain « flou » persiste cependant au sujet de la maturité et l’expiration des 5 ans de validité de l’Imta (permis de travail) et Kitas (permis de séjour).

Si ceux-ci expirent à 64 ans, va-t’on vous prolonger jusqu’à 69 ans ou 65ans ? Ce sera peut-être jugé « au cas par cas ».

Oui, monsieur le juriste, dans une PT locale (directeur et commissaire indonésiens), nous sommes dans une très grande majorité, entrepreneurs, investisseurs et… salariés. A quand l’âge de devenir patron ? Mais ne nous plaignons pas trop. D’autres pays de l’ASEAN ont des procédures bien plus restrictives que l’Indonésie.

Ouf ! L’accord de principe du BKPM de Jakarta est bien arrivé avec 3 semaines de retard. Les fautes de frappe (décidemment) entre notaire, agent et BKPM en sont responsables. Le marathon peut continuer.

Vu de France, nous passons souvent pour des inconscients et nous pouvons en rire entre nous ici.

Enfin, pour clore ce courrier, cette citation intemporelle et globale de Paul Valery : « Que de choses à ignorer pour pouvoir agir ». Ayo, maju !

De la difficulté d'obtenir un permis de travail au dessus de 55 ans

Une personne qui souhaite rester anonyme nous fait part de ses difficultés à obtenir un permis de travail à un âge où elle est ici considérée comme retraitée…

Nous les vieux ? Les retraités (inconscients) à la besogne ? Certes, heureusement nos amis nous disent que nous faisons plus jeune(s) que notre âge. Malheureusement, le verdict irrévocable de l’immigration nous fait sentir notre âge. Avec ma compagne, nous travaillons pour une PT locale et non pas une PMA. Celle-ci, 65 ans comme nombre d’entre nous, se fait refuser l’IMTA (permis de travail ou Ijin Menetap Tenaga Asing) pour l’an et n’obtient que 6 mois après les délais insoutenables. Raison ? Âge : autour de 65 ans et aucune autre précision. Tous ceux avec cet IMTA inclus dans le permis de séjour, les 2 termes sont souvent confondus dans notre communauté, savent très bien que votre passeport ne vous appartient plus pendant 6 mois. Mieux vaut ne pas avoir d’urgence pour quitter le pays. De plus, nos vieilles photocopies erronées valables depuis 25 ans sont maintenant révolues. Il nous faut actuellement produire les documents originaux, le tout en plus mémorisé dans une clé USB.  Bon, pourquoi pas ? C’est la mondialisation. Malheur à celui dont les parents ou membres de la famille ne retrouvent pas le diplôme original. Certes, l’éducation nationale pourrait le retrouver (si vous avez un ?), mais il va falloir avoir les nerfs solides pour ne plus être présent sur les lieux de travail pendant un certain temps. Et surtout que votre agent ne perde pas un document original. Il vous en coutera très cher même si le document se trouve dans les archives.

Deuxième épisode, il faut maintenant prolonger les 6 mois. Hic ! Le capital enregistré de notre PT locale n’est que de 650 millions IDR et il faudrait l’augmenter, apparemment capital minimum à 2,5 milliards d’IDR pour pouvoir prolonger. La situation très subjective de chacun vous amène à choisir votre destin. Dans l’obligation et parce que nous aimons ce pays depuis tant d’années nous choisissons donc, comme beaucoup de vieux de continuer à travailler. Les experts dans l’assurance vie (actuary science) et Dieu, si vous y croyiez, ne prédiront jamais votre départ pour (vers) le céleste, ni votre état de santé. Le but de ce courrier n’est pas d’entretenir une polémique entre le concept existant entre le corps législatif de Jakarta et exécutif dans toute l’Indonésie. Nous avons donc choisi de former une PMA (Modal Penanaman Asing), investir et avoir enfin, je l’espère le droit de travailler. Le président de la république semble avoir déclaré qu’il donnait 3 jours (non, pas 3 heures) au BKMP de Jakarta pour donner son accord de principe sur votre compagnie. Mais voila, les dossiers s’empilent, votre notaire n’obtiendra peut-être pas votre numéro en liste d’attente. Même les agents les plus sérieux ne peuvent s’avancer sur un délai d’un mois, 6 semaines, siapa tau ?

La bonne nouvelle dans tout cela est que la concurrence ne sera pas prête à affronter le marathon administratif, contraintes budgétaires, morales, etc. Une parenthèse. Il vous faut fournir impérativement une adresse de vos locaux bien sûr, pour cet accord de principe. Mieux vaut avoir sécurisé un bail emphytéotique et croiser les doigts pour que cet accord soit accepté.

La réponse du journal...
Merci pour votre courrier qui nous donne l’occasion de faire le point sur les permis de travail pour les plus de 50 ans. Les autorités ont limité la délivrance d’un nouveau permis de travail ces derniers temps à des salariés dont l’âge est compris entre 25 et 50 ans (auparavant de 20 à 55 ans). Il semblerait que si vous avez plus de 50 ans, on puisse quand même obtenir un permis de travail pour 6 mois, les dossiers sont étudiés au cas par cas, à voir avec votre agent. Pour les salariés qui atteignent 50 ans et jusqu’à 65 ans, les autorités renouvellent le permis de travail sans trop de  difficulté. Au-delà de 65 ans, il semble qu’on ne puisse plus renouveler son permis de travail en tant que salarié, il faut alors créer sa propre PMA et être inscrit sur les actes de la société pour avoir le droit de prétendre à obtenir un permis de travail, ce qui est le cas de notre lecteur.

Au sujet de la mort d'Amokrane Sabet

Une analyse de la rédaction sur l’affaire Amokrane Sabet en préambule de vos nombreuses réactions sur la page Facebook du journal…

Nous avons été sollicités par plusieurs de nos lecteurs pour enquêter sur l’enchainement de faits qui a conduit à la mort de l’officier de police A.A Putu Sudiarta et du Franco-algérien Amokrane Sabet lors de son arrestation le 2 mai dernier. Nous voudrions présenter une fois encore toutes nos condoléances à la famille du brigadier balinais qui a perdu la vie et laissé derrière lui une famille avec deux enfants.

L’affaire est très sensible parce qu’elle suscite beaucoup d’interrogations. Et pour ceux de nos lecteurs qui ne sont que de passage ici, rappelons au préalable quelques données : les droits humains ne sont pas très respectés en Indonésie, ni ceux des minorités ethniques, religieuses, sexuelles, ni ceux des fous qu’on enchaine dans les arrière-cours, ni ceux des voleurs de mobylettes à qui on tire dans les jambes et même les droits des consommateurs (rappelons-nous cette jeune maman qui se plaignait sur les réseaux sociaux d’un hôpital où elle avait été mal soignée, elle s’était retrouvée en prison pour diffamation) ; les Indonésiens ont horreur du désordre social et montrent une tolérance zéro pour la délinquance ; la liberté de la presse n’est pas aussi étendue qu’en Occident (un journaliste qui avait enquêté sur un scandale de corruption à Bali qui touchait au frère d’un bupati s’était retrouvé avec une balle dans la tête il y a 10 ans) ; et enfin, rappelons que nous sommes étrangers ici, tolérés, et que nos hôtes sont prêts à entendre certaines vérités de leurs pairs mais pas de notre part.

Ceci étant posé, par éthique journalistique, nous ne pouvions pas écrire un article sur l’affaire Amokrane Sabet parce que nous n’avons pas accès à des sources fiables. En revanche, nous nous autorisons ce long préambule aux échanges qui ont eu lieu sur notre page Facebook et qui témoignent bien que cette affaire nous a tous touchés au plus profond de nos peurs et de nos convictions.

Grâce à une personne qui a bien voulu témoigner incognito, voici les éléments que nous pouvons avancer, sans faire de victimisation, pour éclairer un peu mieux la personnalité de celui que certains surnommaient le « fou du village ».

Amokrane Sabet est arrivé il y a environ trois ans à Bali en provenance de Londres où il s’était fait un nom dans la pratique du MMA (Mixed Martial Arts) puis avait possédé un pub. Il est né en France, de double nationalité algérienne et française et est parti assez jeune s’expatrier en Angleterre. Il semble avoir été très affecté par la mort de son père en 2007 et lors de son arrivée à Bali, il a confié à notre témoin que tout ce qu’il faisait lui était dicté par son père. Il parlait déjà beaucoup de dieu. Petit à petit à Bali, il s’est transformé. Sa voix a changé de timbre (était-ce lié à la prise de stéroïdes pour le culturisme?), il s’est fait tatouer partout sur le corps, y compris un éclair qui lui barrait l’œil et s’est enfoncé petit à petit dans la folie en prétendant souvent qu’il était Jésus Christ. Il terrorisait tout le monde à Canggu et à Seminyak au point que les clients évitaient les endroits où il avait des passages réguliers, il menaçait les gens, les insultait et s’est fait éjecter de toutes les salles de sport où il continuait à s’entrainer. Il a fait l’objet d’un article dans un journal balinais peu de temps avant sa mort pour avoir proposé à un touriste de lui emprunter sa femme… Tous les amis qu’il avait pu se faire ici se sont écartés de lui au fur et à mesure, il vivait seul et personne n’a pu l’aider à suivre un traitement psychiatrique ou même à être interné. Dans les vidéos amateurs qui ont circulé sur Internet quelques minutes après sa mort, on l’entend clairement dire « Kill me, kill me, I’m god ! »

Il est bien clair que cette personne aurait dû faire l’objet d’une hospitalisation sans consentement mais l’organisation de la prise en charge psychiatrique à Bali (cf. La Gazette de Bali n°59 – avril 2010) est déficiente. Peut-on rendre responsable les autorités balinaises de ne pas interner les résidents étrangers ? Pourquoi les autorités françaises n’ont-elles pas répondu aux sollicitations des autorités balinaises comme la presse locale l’a indiqué ? Est-ce du ressort et du pouvoir des ambassades de mettre tout en œuvre pour empêcher un de leurs ressortissants de semer le désordre ?

Hormis ces quelques questions, il y en a d’autres qu’il est légitime de se poser à la lecture des vidéo qu’on a pu voir sur Internet :
Pourquoi avoir envoyé autant de forces de l’ordre pour arrêter un seul homme ?
Pourquoi ne pas l’avoir simplement neutralisé avec un Taser ou au pire en lui tirant dans les jambes ?
Pourquoi a-t-on entendu une quinzaine de coups de feu alors qu’il n’avait qu’un couteau à la main ?
Pourquoi est-il mort à 80m de l’endroit où la police est venue l’arrêter ?
Pourquoi a-t-on tiré sur lui alors qu’il était déjà agonisant au sol ?
Pourquoi porte-il des chaines aux chevilles quand on glisse sa dépouille dans l’ambulance ?
Pourquoi le résultat de l’autopsie atteste qu’il est mort des suites de coups de couteau qu’il se serait porté au cou ?

Toute la Beauté du Monde de Marc Esposito

Le cinéaste et romancier Marc Esposito, qui vit à Bali et que nous avons déjà interviewé (cf. La Gazette de Bali n°14 – juillet 2006) à l’occasion de la sortie de son film tourné à Bali « Toute la beauté du monde », nous fait cette remarque sur un papier que nous avons publié sur la programmation de deux de ses films au restaurant-cinéma BlackBeach d’Ubud et au sujet desquels nous avons omis de mentionner son nom…

Bonjour, Je suis un fidèle lecteur de la Gazette, mais là, je suis déçu, et irrité. Je viens de lire un papier de la Gazette « Cinéma tous les jeudis soirs à Blackbeach », et c’est pour le moins choquant dans un long papier-programme de ce genre, que les noms des réalisateurs des films projetés ne soient jamais cités, et d’autant plus choquant que deux sur quatre sont réalisés par un mec qui passe six mois par an à Bali, ma pomme, et que ce paramètre est probablement pour quelque chose dans le choix des programmateurs. Et si c’est un hasard, n’était-ce pas le rôle de La gazette de Bali de le signaler ? Amicalement.


ME

La réponse de la rédaction…
Salut Marc,  Nous sommes infiniment désolés de cette bévue dans l’agenda culturel. La propriété intellectuelle a un sens pour nous, nous sommes aussi des auteurs. Et si nous t’avions interviewé à la sortie de ton film sur Bali plutôt que tes acteurs, c’est parce que nous avons pleinement conscience qu’un réalisateur est bien la pierre angulaire du long cheminement qui mène jusqu’à la sortie d’un film en salle. Maigre consolation, ton nom figurait tout de même sur l’article en question puisque c’est l’affiche de ton film qui illustrait la brève rédigée par notre stagiaire Arthur. Bien amicalement.

Socrate Georgiades

Mais où est passé le poisson d'avril ?

Notre ancien contributeur Rainer, « Ze billettiste séminal » de la Gazette de Bali, « Ze père spirituel » de tous les chroniqueurs qui sont passés dans ces pages, s’étonne que nous n’ayons point commis de poisson d’avril cette année. En conséquence, il en a vu partout…

Bonjour l’équipe LGdB, malgré une lecture attentive de la dernière édition de La Gazette de Bali, je n’y ai pas pu déterminer avec certitude le poisson d’avril habituel (mon cynisme me fait soupçonner un sur presque chaque page). J’ai finalement été gagné par la conviction que c’est l’ensemble des quatre courriers de lecteurs qui en ont fait l’office : entre un amoureux de David Bowie qui veut changer les membres de la rédaction en nécrologues, une ancienne billettiste qui ne digère pas que sa successeur ait un point de vue différent du sien, une vacancière ingénue qui s’est fait grugée par les taxis  (Ah ma pauvre, et t’as encore rien vu !) et un ex-habitant de l’île qui ne voit pas les prix s’envoler… avouez qu’un poisson-clown chasse l’autre. Pour pimenter un peu le débat, je vous transmets quelques réflexions personnelles sous la forme de l’article ci-dessous que je vous propose de publier dans la même rubrique. Cordialement.


Rainer

Voici donc le texte de sa majesté Rainer…
Eh ben mon colon ! Parmi les innombrables lecteurs du Petit Prince, peu nombreux sont ceux qui se souviennent que Saint-Exupéry avait dédié ce conte à son meilleur ami, Léon Werth. Plus rares encore sont ceux qui connaissent cet écrivain haut en couleur, un personnage si extraordinaire qu’il méritait le qualificatif « meilleur ami » de la part de l’auteur du Petit Prince.

Léon Werth était un romancier, chroniqueur, critique d’art, anticonformiste et antimilitariste que ses biographes qualifient comme insoumis et libertaire. Ce qui est certain, c’est que la plume de cet anticolonialiste convaincu était assez caustique pour le rendre infréquentable dans les milieux conformistes : dans la France des années 1920, l’anticolonialisme était un concept foncièrement à contre-courant. Voici un extrait du pamphlet rageur que Werth écrivit en 1926 sur la bêtise de la gent coloniale après un voyage en Cochinchine :

« L’Européen d’ici est sans mystère, facile à lire. Mais il n’a plus rien d’européen. […] C’est que tous […] ayant connu en Europe la contrainte sociale ou la discipline, sont devenus en Asie des potentats. Voici, privés de contrainte extérieure, des hommes qui n’en connaissent point d’autre. Ils sont aussi les victimes d’un formidable décalage social. Ils subissent l’ivresse du nouveau riche à un degré qui n’est point imaginable en Europe. Car ils n’ont pas seulement cette puissance que donne l’argent. Ils ont la puissance. La couleur de leur peau et la saillie de leur nez leur confèrent une immédiate royauté. […] Leur grossièreté est intolérable. »

Comme les choses ont changé ! Aujourd’hui, 90 ans plus tard, l’expatrié européen installé en Asie du Sud-Est n’est pas un colon et n’a plus rien d’un potentat. Au lieu de soumettre les indigènes de jadis, il subit piteusement l’attitude raciste des autochtones et se voit confronté à une législation profondément xénophobe.

La puissance que lui donnait l’argent s’est effritée depuis que les fils d’un peuple « plus si arriéré que ça » ont compris comment traire jusqu’à l’excès vaches, bœufs, vachères et vachers venus d’un Occident opulent qui suscite la convoitise.

Même son nez aquilin ne lui procure plus la moindre élévation royale depuis que les dames de la bourgeoisie locale se font affiner leurs pifs camus mieux que les toubibs-balafreurs de Michael Jackson ne l’eussent jamais réussis.

Enfin, l’expat actuel ne se permet plus un comportement grossier envers son entourage, car il a été éduqué selon les concepts démocratiques de son pays natal hautement développé. Il a donc intégré l’égalitarisme qui veut que tous les êtres se valent, même le dernier des ressortissants d’un pays sous-développé.

Peut être est-ce aussi un peu grâce aux observations lucides des Léon Werth et aux réflexions sur la valeur de l’amitié du Petit Prince que le 3e millénaire n’est plus colonialiste et le respect d’autrui s’est généralisé !

Ou est-ce que je me trompe ?

Rainer

Fouille au corps dégradante à l'aéroport Ngurah Rai de Denpasar

Une mésaventure de plus expérimentée à l’aéroport Ngurah Rai, cette fois une fouille au corps dégradante, à l’initiative d’un seul policier, sans témoin…

Bonjour, je viens à Bali régulièrement. Je suis venu le 1er avril par le vol de 18h20 Malaysia Airlines : MR Michel Emile Henri Genay Flight BKK-KUL-DPS Ticket n° 2322436757989. Cette année, j’ai le plaisir d’économiser 35$ ainsi que beaucoup de temps pour le visa. Tout s’est bien passé jusqu’après le contrôle des bagages, avant de sortir de l’aéroport. Rien n’avait été signalé dans mes bagages. Un agent se tenant à 10m après les scanners m’a demandé de voir mes bagages. Jusque-là tout est normal. Il était seul. Ça a commencé par le contrôle complet détaillé de l’ensemble de mes deux bagages : un sac à dos vieux de 15 ans et mon sac ordinateur, caméra, neuf. Ensuite, il m’a demandé de le suivre dans une salle et ensuite dans une autre pièce adjacente. Il m’a demandé d’enlever le haut, ensuite de baisser le slip, de me pencher, je suppose pour rechercher de la drogue... Le fait qu’il soit seul pour cette opération, et que ses méthodes ne peuvent être efficace, d’autres pays utilisent des chiens ou une radiographie, Je pense qu’il y avait dans cette inspection, de la xénophobie, une attitude à vouloir abaisser l’autre, le blesser. J’ai été très conciliant et il m’a enfin rendu mon passeport. Je rapporte ces faits car ce policier doit sans doute reproduire cette inspection. Pour moi, c’est passé. Je me souviens de la réflexion d’un voyageur sur le vol Bangkok – Kuala Lumpur avec qui j’ai parlé, il m’a confié ne plus vouloir aller à Bali. Je pense que le comportement de ce policier va à l’encontre de l’ouverture vers plus de tourisme matérialisée par 30 jours de visa gratuit. A vous de voir s’il est important de remonter l’information dans les milieux officiels indonésiens. Cordialement. 


Michel Genay

motard dans la cendre

motard dans la cendre
merapi novembre 2010

face sud du merapi

face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar