Anna Abate, ex-contributrice italienne de notre défunt journal multilingue « The Communities of Indonesia » souhaite attirer l’attention des lecteurs de la Gazette sur le sort des enfants des rues à Bali.
Chers amis, combien de fois avez-vous été abordé dans la rue par un enfant qui demandait de l’argent ? Combien de fois vous êtes-vous demandé s’il était juste de leur donner de l’argent qui finalement encouragerait leur « carrière » de mendiants ? Combien de fois vous êtes-vous senti assailli d’un sentiment dérangeant ? Voilà venu le temps de mener une action ambitieuse qui portera ses fruits, donner aux enfants des rues de Bali une école où ils pourront apprendre à lire et à écrire, à compter et le plus important, à réaliser qu’il existe un autre moyen de gagner sa vie. Oui, ils le peuvent.
Ils peuvent, avec votre aide, briser le cercle vicieux qui les poussera à envoyer dans l’avenir leurs propres enfants mendier qui eux-mêmes enverront leurs enfants et ainsi de suite, les exposant tous à la même violence, génération après génération. Oui, vous le pouvez. Nous ne cherchons pas seulement à récolter des fonds, nous voulons aussi éveiller les consciences et dans la mesure du possible, inviter les gens à engager un peu de leur temps pour ce projet. Car, une fois l’école installée, nous allons avoir besoin de volontaires pour venir faire la lecture ou partager leurs talents et expériences afin d’encourager ces enfants à prendre leur vie en main.
Ce projet est emmené par l’association Yayasan Kasih Peduli Anak (http://ykpa.org) qui, depuis quelques mois, faisait classe sur la plage mais a dû fermer face à la volonté des autorités de ne plus voir d’enfants des rues sur la plage ! La solution envisagée a été de construire une école attenante à l’orphelinat que gère l’association YPKA dans Denpasar. Nous sommes dorénavant parrainés par Investir à Bali, Rudy Art, Tarita Furniture, Warisan et La Gazette de Bali.
Afin de garantir la transparence de ce projet, une nouvelle rubrique sur le site YKPA lui est dédiée : « ABC, une école pour les enfants des rues de Bali » avec une liste des donateurs et toutes les dernières nouvelles en ligne. Bientôt, nous aurons aussi un nouveau logo et si vous désirez lier votre site internet à ce projet, vous êtes plus que le bienvenu. Bali a tant apporté à chacun d’entre nous, il est temps de faire un geste en retour. Faites-vous un cadeau : offrez une école aux enfants des rues de Bali.
Anna, Coordinatrice volontaire du projet
« ABC, une école pour les enfants des rues de Bali »
Contact à anna_abate@hotmail.com
Paris-Bali, 3ème Aller
Ah ! Qu’il me fut difficile de quitter ma France, j’entends par là mes racines familiales, plus ancrées que jamais, ma chair, mon sang de près comme de loin, des parents aux arrière-cousins, ma terre : ma mère. Ah, qu’il me fut difficile de quitter les miens, ceux que j’avais choisis pour amis et même médecins, mes semblables, mes proches, mes complices, mes partenaires, mon équipe, mes doigts de la main. Moi qui croyais avoir fait le deuil de cette notion d’amitié, trop absolue dans mon cœur, donc trop immature, trop dépendante, bref à revoir au prochain chapitre. Je me suis retrouvée piégée par mes sentiments, qui eux n’avaient fait aucun deuil : ceux de partir sans les miens, moi, la constructive, la bâtisseuse, l’idéaliste, la rêveuse.
J’ai quitté mon Pays, ma richesse, mon berceau, celui qui me mit au monde, me fit grandir et devenir ce que je suis : une femme. J’ai quitté le goût, la chatouille du palais, le sucré et le salé, l’éblouissement des papilles, l’encensement des sens. J’ai quitté ma Culture, ses palais architecturaux, ses miroirs, ses peintures, ses flambeaux. J’ai quitté le raffinement du son, de la note, le détail du plaisir, les silences dans la musique, les crescendos et les decrescendos, j’ai nommé Monsieur Jazz, Madame Classique et M. Contemporain, tous réunis en une seule et même radio : FIP ! Le monde de l’innommable, le clone du Céleste. J’ai laissé derrière moi les festivals de jazz, de théâtre, les artisans de l’art, les chercheurs d’infini. J’ai quitté mon Histoire avec ses rois, ses ouvriers de la Beauté qui construisirent un royaume, et ses révolutionnaires. J’ai quitté Mon histoire et tous mes ancêtres que je ne connais pas. Je me demande en écrivant ce que je fais de mon temps alors que je ne connais pas même leurs noms ni leurs histoires, moi qui viens d’eux. Etrange anachronisme, qui fait peut-être nos malaises d’aujourd’hui ! J’ai quitté ma France et je réalise que j’ai moi aussi mon tatouage, moi qui résiste en-corps à cette mode uniformiste, à mon goût trop carcérale. Pas de cobras sur le bras, pas de chenille sur la cheville, pas de cachalot dans le dos. Non, juste un hexagone, gravé à la feuille d’or, en profondeur dans le cœur. Une marque invisible mais indélébile. Je vous ai quittés, tous, toutes et tout, sans comprendre ce que je faisais, le pourquoi de mon déplacement, le bien-fondé de la chose.
Je vous ai quittés parce que j’avais un billet retour. Parce que j’avais un aller pour une île où j’ai encore à vivre, une île et puis sans doute une autre et encore une autre, peut-être à l’infini, dans d’autres pays ou continents. Un aller pour l’horizon. Expédition en cours : Bali. Destination prisée. Je n’ai jamais trop compris pourquoi à ce point là. Sans doute un engouement de mode, un ennui collectif qui tente, pour sortir de son état dépressif, de viser un point dans l’eau. Bali ! A-380 : Touché-coulé ! Et malgré mes lourds bagages qui m’attachent à chez moi comme un boulet enchainé à mon pied, voilà cette île qui me tend déjà les bras ! Ses odeurs, sa chaleur, ses Balinais en pagaille aussi souriants qu’insouciants, son mode de vie décalé face aux tentacules consommatrices et psychotiques de la société moderne, sa montre arrêtée... Je n’ai jamais autant ressenti l’exotisme de ces lieux et la différence profonde qu’il pouvait exister entre la France et ici ! Bali reste encore une indicible poésie, un incontournable charme et ne demande qu’à être aimée. Elle est là, attend, nous regarde. L’aime qui peut, à qui saura en saisir les instants, se mettre à son rythme, faire confiance à la vie qui s’écoule et s’y coule.
Bali ? Un apprentissage, un chemin, une avancée, une douceur pour celui qui lui ouvre son cœur. Des défauts, oui bien sûr, elle en a, comme vous et moi; mais son fond est bon. Il faut juste apprendre à la diriger, comme un cheval, la dompter sans la cabrer, juste ce qu’il faut, puis la laisser nous guider. Bali, fille d’un soir, qui reste dans notre lit plus longtemps que prévu, bien après l’aube d’un surlendemain. Je ne la comprendrai jamais totalement. Et c’est ce charme là du mystère, de l’insondable, de l’étranger et de l’étrangeté qui en fait ses attraits, au point que je ne souhaite même pas les percer. J’aime garder cette distance entre elle et moi, conserver ce qui fait l’intérêt de la rencontre : l’inconnu. Bali insaisissable et mouvante Dame, tellement vivante et surprenante. On s’apprête à l’aimer et elle nous damne. On la châtie, elle nous conquiert pour l’éternité. Bali, un chemin de vie.
Nathalie
J’ai quitté mon Pays, ma richesse, mon berceau, celui qui me mit au monde, me fit grandir et devenir ce que je suis : une femme. J’ai quitté le goût, la chatouille du palais, le sucré et le salé, l’éblouissement des papilles, l’encensement des sens. J’ai quitté ma Culture, ses palais architecturaux, ses miroirs, ses peintures, ses flambeaux. J’ai quitté le raffinement du son, de la note, le détail du plaisir, les silences dans la musique, les crescendos et les decrescendos, j’ai nommé Monsieur Jazz, Madame Classique et M. Contemporain, tous réunis en une seule et même radio : FIP ! Le monde de l’innommable, le clone du Céleste. J’ai laissé derrière moi les festivals de jazz, de théâtre, les artisans de l’art, les chercheurs d’infini. J’ai quitté mon Histoire avec ses rois, ses ouvriers de la Beauté qui construisirent un royaume, et ses révolutionnaires. J’ai quitté Mon histoire et tous mes ancêtres que je ne connais pas. Je me demande en écrivant ce que je fais de mon temps alors que je ne connais pas même leurs noms ni leurs histoires, moi qui viens d’eux. Etrange anachronisme, qui fait peut-être nos malaises d’aujourd’hui ! J’ai quitté ma France et je réalise que j’ai moi aussi mon tatouage, moi qui résiste en-corps à cette mode uniformiste, à mon goût trop carcérale. Pas de cobras sur le bras, pas de chenille sur la cheville, pas de cachalot dans le dos. Non, juste un hexagone, gravé à la feuille d’or, en profondeur dans le cœur. Une marque invisible mais indélébile. Je vous ai quittés, tous, toutes et tout, sans comprendre ce que je faisais, le pourquoi de mon déplacement, le bien-fondé de la chose.
Je vous ai quittés parce que j’avais un billet retour. Parce que j’avais un aller pour une île où j’ai encore à vivre, une île et puis sans doute une autre et encore une autre, peut-être à l’infini, dans d’autres pays ou continents. Un aller pour l’horizon. Expédition en cours : Bali. Destination prisée. Je n’ai jamais trop compris pourquoi à ce point là. Sans doute un engouement de mode, un ennui collectif qui tente, pour sortir de son état dépressif, de viser un point dans l’eau. Bali ! A-380 : Touché-coulé ! Et malgré mes lourds bagages qui m’attachent à chez moi comme un boulet enchainé à mon pied, voilà cette île qui me tend déjà les bras ! Ses odeurs, sa chaleur, ses Balinais en pagaille aussi souriants qu’insouciants, son mode de vie décalé face aux tentacules consommatrices et psychotiques de la société moderne, sa montre arrêtée... Je n’ai jamais autant ressenti l’exotisme de ces lieux et la différence profonde qu’il pouvait exister entre la France et ici ! Bali reste encore une indicible poésie, un incontournable charme et ne demande qu’à être aimée. Elle est là, attend, nous regarde. L’aime qui peut, à qui saura en saisir les instants, se mettre à son rythme, faire confiance à la vie qui s’écoule et s’y coule.
Bali ? Un apprentissage, un chemin, une avancée, une douceur pour celui qui lui ouvre son cœur. Des défauts, oui bien sûr, elle en a, comme vous et moi; mais son fond est bon. Il faut juste apprendre à la diriger, comme un cheval, la dompter sans la cabrer, juste ce qu’il faut, puis la laisser nous guider. Bali, fille d’un soir, qui reste dans notre lit plus longtemps que prévu, bien après l’aube d’un surlendemain. Je ne la comprendrai jamais totalement. Et c’est ce charme là du mystère, de l’insondable, de l’étranger et de l’étrangeté qui en fait ses attraits, au point que je ne souhaite même pas les percer. J’aime garder cette distance entre elle et moi, conserver ce qui fait l’intérêt de la rencontre : l’inconnu. Bali insaisissable et mouvante Dame, tellement vivante et surprenante. On s’apprête à l’aimer et elle nous damne. On la châtie, elle nous conquiert pour l’éternité. Bali, un chemin de vie.
Nathalie
policier pickpocket
Encore un courrier qui dénonce la mauvaise conduite de fonctionnaires indonésiens, décidément le thème spontané du forum de mois-ci ! Nous connaissions les policiers corrompus qui cherchent n’importe quelle raison pour aligner les touristes, voici une nouveauté, celle des policiers voleurs, qui agissent comme d’habiles pickpockets. Voilà qui ne va pas arranger la réputation de Bali !
Alors qu'en ce mois de novembre 2011, ma mère et moi nous promenions en scooter à Kuta, nous nous faisons arrêter et contrôler par la police, nos papiers bien en règles et le casque bien vissé sur la tête. Malheureusement, lors de ce contrôle un second policier est intervenu. Alors que nous étions concentrées sur les remarques du premier policier, le second à discrètement ouvert notre porte monnaie et a volé la totalité de nos espèces... Soit 1 800 000 rp. Bien entendu, nous n'apprécions pas ce fait divers. Ce policier corrompu n'en est sûrement pas à son premier essai. À qui se plaindre ? Nous lisons régulièrement la Gazette de Bali même en France et je pense que ce fait mérite quelques lignes. Bonnes vacances à tous les Français et aux autres. Soyez vigilants. Cordialement.
Églantine, France
Alors qu'en ce mois de novembre 2011, ma mère et moi nous promenions en scooter à Kuta, nous nous faisons arrêter et contrôler par la police, nos papiers bien en règles et le casque bien vissé sur la tête. Malheureusement, lors de ce contrôle un second policier est intervenu. Alors que nous étions concentrées sur les remarques du premier policier, le second à discrètement ouvert notre porte monnaie et a volé la totalité de nos espèces... Soit 1 800 000 rp. Bien entendu, nous n'apprécions pas ce fait divers. Ce policier corrompu n'en est sûrement pas à son premier essai. À qui se plaindre ? Nous lisons régulièrement la Gazette de Bali même en France et je pense que ce fait mérite quelques lignes. Bonnes vacances à tous les Français et aux autres. Soyez vigilants. Cordialement.
Églantine, France
Une autre réaction à la mésaventure de Vichenou Cleber...
Bonjour, je lis régulièrement votre Gazette puisque je me rends 4 à 5 fois par an a Bali où j'ai quelques attaches dans la société balinaise. J'ai relevé dans votre dernier numéro, la lettre d'une personne ayant été refoulée par l'immigration indonésienne pour cause de faciès, car c'est de cela qu'il s'agirait. Je dois dire qu'en tant que Réunionnais, je suis très surpris par les affirmations de ce monsieur et j'ai du mal à croire à sa version. Je ne dis pas qu'il n'a pas été refoulé, mais je dis que la raison devait être autre. Nombre de touristes réunionnais descendants d'Indiens du Sud, se rendent chaque année en Indonésie, des hommes d'affaires que je connais et ressemblant plus a des Indiens qu'à des Européens vont et viennent et je n'ai jamais entendu qu'un seul ait eu à justifier l'authenticité de son passeport. Mieux, le compagnon de ma fille qui vit et travaille à Jakarta et qui est un descendant d'Indien n'a jamais rencontré le moindre problème et obtenu son Kitas sans aucune réserve. J'ai moi même accompagné ses parents à Noël dernier et nous avons passé l'immigration de Jakarta normalement. Est-ce que la différence vient du fait que les Réunionnais, quelques soient leurs origines lointaines, sont parfaitement intégrés et depuis longtemps dans une société multi-culturelle et ont donc des comportements différents des autres ? Je ne le sais pas, mais en tous cas les arguments de votre correspondant me paraissent inventés et la question que je me pose : dans quel but ?
Gérard Luzi
Gérard Luzi
Rebondissant sur le courrier du Français Vichenou Cleber qui racontait le mois dernier comment les services d’immigration de Jakarta lui avait refusé l’accès au territoire sans raison si ce n’est un évident délit de faciès, un lecteur nous fait part ce mois-ci de son expérience à Kalimantan lorsque des policiers locaux s’étaient mis en tête de l’arrêter, le soupçonnant d’être le terroriste islamiste français Frédéric Jean Salvi.
Le courrier relatant la mésaventure d'un français refoulé à la frontière indonésienne à Jakarta a d'abord été publié sur un forum de voyage francophone. Les quelques internautes ayant réagi à cette histoire ont déploré le comportement hostile des officiers de l'immigration tout en affirmant cependant que ceux-ci étaient malheureusement dans leur bon droit et n'avaient enfreint aucune espèce de règlement.
Si cela est peut-être vrai dans le cas présent (les experts répondront à ma place), et si la corruption qui concerne le plus directement les expatriés est à mille lieues d'être éradiquée, il faut néanmoins souligner que contrairement à une idée répandue, l'impunité n'est pas totale.
En août 2010, j'ai été « interpellé » par la police locale du village de mon épouse, au fin fond du Kalimantan. Motif : mon signalement ressemblait fortement, dixit le chef de la police, à celui d'un islamiste français alors recherché pour actes de terrorisme sur le territoire indonésien (F. J. Salvi) ; même prénom (Frédéric), même taille (grand) et portant également des lunettes !
Convaincus de la mauvaise foi de nos interlocuteurs, mon épouse et moi avons été, après les pourparlers ordinaires, jusqu'à les mettre au défi de nous empêcher physiquement de quitter le village. Excédé, je finis même par arracher mon passeport biométrique flambant neuf (dont l'authenticité était là aussi mise en doute) des mains d'un des policiers. Talonnés par leur 4x4, nous arrivâmes finalement en ville au terme d'un voyage angoissant. A l'aéroport, je passai un coup de fil à l'ambassade de France. On me conseilla, tant que je n'étais pas officiellement placé en état d'arrestation, de poursuivre mon voyage comme si de rien n'était (cette stratégie s'avéra... payante !), tout en soulignant que « dans les cas comme celui-ci » - ah bon, il y en a d'autres ?- la police avait effectivement le droit de m'appréhender pour procéder à des vérifications. Sous-entendu, à cette époque, la police était en droit d'arrêter tous les Français costauds à lunettes (même si Salvi, dont le portrait était visible sur Google Images, n'en portait pas !) et de les enfermer pendant deux jours et deux nuits pour procéder à des vérifications dont on imagine d'ici le très grand professionnalisme.
Mais la vérité était un peu plus nuancée. Un complice au sein de la police locale m'assura que si j'avais alors raconté mon histoire aux services adéquats, le responsable de ces désagréments qui me furent occasionnés aurait pu avoir de gros ennuis et finir par être muté... Confirmant ses dires, de nombreux Indonésiens acquis à ma cause me conseillèrent de « lapor » (déposer) et de « tuntut » (attaquer en justice), des termes dont l'emploi de plus en plus fréquent montre bien le ras-le-bol de la population du cru face à ce type de pratiques...
Comme quoi, face à l'immigration, à la police et à toutes ces administrations gangrénées par d'innombrables « kambing hitam » (brebis galeuses), il existe des moyens d'action légaux. Le tout, et ce n'est pas une mince affaire, étant de savoir actionner les bons leviers. Une idée de futur article pour La Gazette ? ....
Frédéric, Java.
Le courrier relatant la mésaventure d'un français refoulé à la frontière indonésienne à Jakarta a d'abord été publié sur un forum de voyage francophone. Les quelques internautes ayant réagi à cette histoire ont déploré le comportement hostile des officiers de l'immigration tout en affirmant cependant que ceux-ci étaient malheureusement dans leur bon droit et n'avaient enfreint aucune espèce de règlement.
Si cela est peut-être vrai dans le cas présent (les experts répondront à ma place), et si la corruption qui concerne le plus directement les expatriés est à mille lieues d'être éradiquée, il faut néanmoins souligner que contrairement à une idée répandue, l'impunité n'est pas totale.
En août 2010, j'ai été « interpellé » par la police locale du village de mon épouse, au fin fond du Kalimantan. Motif : mon signalement ressemblait fortement, dixit le chef de la police, à celui d'un islamiste français alors recherché pour actes de terrorisme sur le territoire indonésien (F. J. Salvi) ; même prénom (Frédéric), même taille (grand) et portant également des lunettes !
Convaincus de la mauvaise foi de nos interlocuteurs, mon épouse et moi avons été, après les pourparlers ordinaires, jusqu'à les mettre au défi de nous empêcher physiquement de quitter le village. Excédé, je finis même par arracher mon passeport biométrique flambant neuf (dont l'authenticité était là aussi mise en doute) des mains d'un des policiers. Talonnés par leur 4x4, nous arrivâmes finalement en ville au terme d'un voyage angoissant. A l'aéroport, je passai un coup de fil à l'ambassade de France. On me conseilla, tant que je n'étais pas officiellement placé en état d'arrestation, de poursuivre mon voyage comme si de rien n'était (cette stratégie s'avéra... payante !), tout en soulignant que « dans les cas comme celui-ci » - ah bon, il y en a d'autres ?- la police avait effectivement le droit de m'appréhender pour procéder à des vérifications. Sous-entendu, à cette époque, la police était en droit d'arrêter tous les Français costauds à lunettes (même si Salvi, dont le portrait était visible sur Google Images, n'en portait pas !) et de les enfermer pendant deux jours et deux nuits pour procéder à des vérifications dont on imagine d'ici le très grand professionnalisme.
Mais la vérité était un peu plus nuancée. Un complice au sein de la police locale m'assura que si j'avais alors raconté mon histoire aux services adéquats, le responsable de ces désagréments qui me furent occasionnés aurait pu avoir de gros ennuis et finir par être muté... Confirmant ses dires, de nombreux Indonésiens acquis à ma cause me conseillèrent de « lapor » (déposer) et de « tuntut » (attaquer en justice), des termes dont l'emploi de plus en plus fréquent montre bien le ras-le-bol de la population du cru face à ce type de pratiques...
Comme quoi, face à l'immigration, à la police et à toutes ces administrations gangrénées par d'innombrables « kambing hitam » (brebis galeuses), il existe des moyens d'action légaux. Le tout, et ce n'est pas une mince affaire, étant de savoir actionner les bons leviers. Une idée de futur article pour La Gazette ? ....
Frédéric, Java.
Délit de faciès à l'aéroport de Jakarta

Un Français nous fait part d’une expérience malheureuse à l’entrée sur le territoire indonésien. Alors qu’il venait de s’acquitter du visa on arrival, il a été refusé par les officiers d’immigration de Jakarta et mis dans un vol retour avec ses deux frères pour « doute sur l’authenticité des passeports ». Et aussi, indubitablement, pour délit de faciès…
Bonjour, je m’appelle Vichenou Cleber, je vous raconte mon premier et dernier voyage en Indonésie du 11 octobre 2011. Je pars avec mes 2 frères au départ de Paris pour Bali en passant par Abu Dhabi et escale à Jakarta. Nous sommes d’origine indienne, de nationalité française. L e s s e r v i c e s d e l’immigration à Jakarta nous prennent à part dans un bureau pour un contrôle. On en a l ’habi t ude. Ce n’est pas très agréable mais on a toujours fini par ent r er dans l e pays qu’on voulait visiter. Cette fois, on a été tout bonnement refoulé du territoire. Avant toute chose : les passeports sont en règle, dont 2 tout neufs renouvelés il y a un mois, les visas ont été délivrés à l’arrivée à Jakarta, le billet retour était réservé, nous avions de l’argent liquide en euros (environ 800 chacun) + carte de crédit, nous avions réservé une guest house à Seminyak.
Il n’y a eu aucune possibilité « d’arranger l’affaire », mais par contre, on nous a dit qu’il y avait de sérieux doutes sur l’authenticité des passeports, notamment sur le manque de tampons « exit » à la sortie du territoire français, sans pour autant chercher à vérifier en faisant appel aux autorités. Ils ne nous ont pas mis au courant de la situation urgente (1h d’attente), ils nous ont dit que nous ne ressemblions pas à des Français (Blancs). Aucune procédure nous a été remise, ni papier, ni justificatif. Lorsqu’on avait quelqu’un de l’ambassade au téléphone, ils ne voulaient pas leur parler. Ils ne nous ont pas laissé appeler d’une cabine téléphonique (sauf une fois lorsqu’on était avec des personnes de la compagnie Etihad qui nous escortent à l’avion ). Menace de détention en cellule si on ne montait pas dans l’avion retour J’essaye désespérément de me faire indemniser les 900 euros déboursés mais rien à faire. Les assurances et l’assistance ne couvrent pas un problème administratif liée aux autorités sur place. Je suis en colère, je me sens abandonné, isolé et floué. Comment repartir en voyage à l’étranger après une expérience pareille ? Travailler une année et économiser pour ça, c’est tout simplement injuste ! Ceci est un témoignage mais aussi un appel au cas où vous auriez une solution. Merci de l’éventuelle publication.
Vichenou Cleber
recycler les sacs plastiques
Rebondissant sur notre numéro spécial environnement du mois dernier, un surfeur nous donne un bon tuyau pour le recyclage des sacs plastiques…
Bonjour, après lecture de votre article sur le « village qui trie ses ordures », je voulais vous faire part d’une idée pour éliminer les sacs plastiques sans les brûler. Le principal problème avec ces sacs, c’est qu’ils tiennent beaucoup de place par rapport au poids et qu’ils ne sont pas valorisables en l’état. A Dakar, ils les collectent, les font fondre, rajoutent du sable et versent le mélange dans des moules pour en faire des pavés autobloquants. Le défaut de cette méthode,
c’est que pour les faire fondre, ils les chauffent (dans des marmites !) en brûlant par dessous... des sacs plastiques ! D’où bien sûr des odeurs et de la pollution, sans compter les risques de brûlures en manipulant les marmites. Pour éviter ce problème du chauffage polluant, j’ai pensé tout simplement à un genre de « barbecue solaire » avec les classiques miroirs concentrant la chaleur du soleil sur un récipient contenant les sacs plastiques. Au fur et à mesure de la fonte, on en rajoute si besoin. Si le but de l’opération est seulement d’éliminer les sacs avec le moins de pollution possible, il suffit de donner au récipient de fonte une forme adéquate (pavé) et même sans ajouter du sable (opération dangereuse à chaud), on peut toujours insérer les quelques blocs produits dans un quelconque chemin. L’inconnue est la chaleur nécessaire pour faire fondre le plastique et conséquemment la puissance du « barbecue » (surface des miroirs ?). Chaque village pourrait avoir son « barbèque à plastiques » à la place du feu de détritus. Il faudrait simplement ramasser les plastiques et les entasser dedans en attendant que le soleil de midi les compacte en les fondant. Ce qui éviterait d’avoir à transporter les sacs collectés (coût du transport et logistique !). Tout se ferait à petite échelle, localement. Le plastique chauffé sent mauvais, mais BEAUCOUP moins que du plastique qui brûle ! En espérant que quelqu’un qui ait plus de temps que moi à passer à Bali puisse tester tout ça en vraie grandeur. Cordialement.
Emmanuel « Manu » Lucot (actuellement à Balangan pour surfer)
Bonjour, après lecture de votre article sur le « village qui trie ses ordures », je voulais vous faire part d’une idée pour éliminer les sacs plastiques sans les brûler. Le principal problème avec ces sacs, c’est qu’ils tiennent beaucoup de place par rapport au poids et qu’ils ne sont pas valorisables en l’état. A Dakar, ils les collectent, les font fondre, rajoutent du sable et versent le mélange dans des moules pour en faire des pavés autobloquants. Le défaut de cette méthode,
c’est que pour les faire fondre, ils les chauffent (dans des marmites !) en brûlant par dessous... des sacs plastiques ! D’où bien sûr des odeurs et de la pollution, sans compter les risques de brûlures en manipulant les marmites. Pour éviter ce problème du chauffage polluant, j’ai pensé tout simplement à un genre de « barbecue solaire » avec les classiques miroirs concentrant la chaleur du soleil sur un récipient contenant les sacs plastiques. Au fur et à mesure de la fonte, on en rajoute si besoin. Si le but de l’opération est seulement d’éliminer les sacs avec le moins de pollution possible, il suffit de donner au récipient de fonte une forme adéquate (pavé) et même sans ajouter du sable (opération dangereuse à chaud), on peut toujours insérer les quelques blocs produits dans un quelconque chemin. L’inconnue est la chaleur nécessaire pour faire fondre le plastique et conséquemment la puissance du « barbecue » (surface des miroirs ?). Chaque village pourrait avoir son « barbèque à plastiques » à la place du feu de détritus. Il faudrait simplement ramasser les plastiques et les entasser dedans en attendant que le soleil de midi les compacte en les fondant. Ce qui éviterait d’avoir à transporter les sacs collectés (coût du transport et logistique !). Tout se ferait à petite échelle, localement. Le plastique chauffé sent mauvais, mais BEAUCOUP moins que du plastique qui brûle ! En espérant que quelqu’un qui ait plus de temps que moi à passer à Bali puisse tester tout ça en vraie grandeur. Cordialement.
Emmanuel « Manu » Lucot (actuellement à Balangan pour surfer)
Dans l’édition de mars dernier, notre contributrice culinaire Ida Ayu Puspa Eny avait lancé un appel dans ces colonnes pour une petite fille gravement brûléequelques années plus tôt dans le warung de ses parents à Nusa Ceningan. Elle a été entendue.
Grâce à de généreux donateurs, cette fillette maintenant âgée de 11 ans a pu partir pour commencer l’aventure de plusieurs opérations qui s’étaleront sur au moins toute une année. Fin septembre, une première opération de sa main gauche a déjà été réalisée
avec succès dès son arrivée à l’hôpital de Cancar (Florès). L’enfant a, une semaine après, pu commencer la rééducation de sa main et fin octobre a repris le cours de sa scolarité au sein de l’hôpital. Saluons son courage et souhaitons-lui que cette année soit pour elle une totale réussite. Je voulais profiter de ce bref message pour remercier tous les amis qui ont contribué à ce succès ainsi que Luciana, Marie-Françoise, Bernard, Arlette et Christian qui sont à ses
côtés dans cette entreprise, sans oublier les chirurgiens australiens bénévoles et toute leur équipe formidable. Si vous désirez soutenir, par de généreux dons, les personnes qui ont permis le départ de cette formidable et longue aventure, vous serez les bienvenus et pouvez joindre le journal qui transmettra vos appels. Merci d’avance.
Ida Ayu Puspa Eny
Une lectrice enthousiaste au sujet de notre nouvelle rubrique « Reflets, Indonésiens et francophones », nous propose une série de jeux de mots idiots inter-linguistiques…
Bravo Halida et l’IAPI ! Même si c’est évident, c’est réconfortant de savoir que des Indonésiens partagent notre culture et notre langue… Ne serait-ce que pour le plaisir des jeux de mots idiots bilingues. « - Qu’est ce que tu bois ? Un pastis, pasti !
- Ca va ta sœur ?
Pff, tu la connais, elle est jamais contente…toujours à faire du kakak boudin !
- Non mais t’as vu l’heure ?! Ça fait 45 min que j’attends !
Oui, pardon mais y’avait des embouteillages à couper à la machette. »
Vive le multilinguisme !
Stéphanie Delacroix
Bravo Halida et l’IAPI ! Même si c’est évident, c’est réconfortant de savoir que des Indonésiens partagent notre culture et notre langue… Ne serait-ce que pour le plaisir des jeux de mots idiots bilingues. « - Qu’est ce que tu bois ? Un pastis, pasti !
- Ca va ta sœur ?
Pff, tu la connais, elle est jamais contente…toujours à faire du kakak boudin !
- Non mais t’as vu l’heure ?! Ça fait 45 min que j’attends !
Oui, pardon mais y’avait des embouteillages à couper à la machette. »
Vive le multilinguisme !
Stéphanie Delacroix
la non coupe du monde de rugby sur TV5
Pierre Porte, un de nos lecteurs, s’est inquiété de l’absence de la Coupe du monde de rugby sur la chaîne TV5 et leur a envoyé un courrier. Voici la réponse…
Nous avons bien reçu vos questions concernant la retransmission de la Coupe du monde de rugby 2011. Nous ne sommes hélas pas en mesure de diffuser ces matches. Les équipes de TV5Monde ont engagé les négociations avec les agences chargées de la commercialisation de cet événement depuis plusieurs mois. TV5Monde a développé plusieurs réseaux (8 chaînes) pour adapter ses programmes à l’attente des téléspectateurs et fluidifier la négociation des droits, mais il suffit qu’un pays d’un continent donné obtienne des droits nationaux en faisant une offre importante, pour que nous ne puissions plus avoir accès au programme sur tout un continent.
En l’occurrence, mais comme c’est le cas pour les événements mondiaux (JO / championnats du monde), des télévisions nationales puissantes ont fait des offres à des niveaux financiers que notre budget ne nous permet pas de concurrencer. La couverture de TV5Monde est si large qu’il nous faudrait pouvoir réunir des montants équivalents à la totalité des droits d’acquisition de tous les pays du monde (nous sommes reçus dans 200 pays), ce qui représenterait des centaines de millions - voire des milliards de $ - pour chaque événement, budget dont nous ne disposons évidemment pas. Croyez que, passionnés de rugby, nous sommes nous aussi frustrés de ne pouvoir diffuser ces événements et vous satisfaire. Nous rendrons compte dans nos journaux des résultats, nous avons décidé d’envoyer une journaliste faire des reportages en NZ et proposerons de courts portraits de joueurs. Nous diffusons également depuis le weekend du 3 septembre une émission spéciale de 52 mn, La Magie de la coupe du Monde. Ces éléments seront également consultables sur un site dédié sur TV5Monde.com. Nous tentons de répondre à vos attentes le reste de l’année, selon les continents, en proposant des matches du Top 14, ou de la H Cup, ainsi que des émissions spéciales. En vous remerciant de votre fidélité, bien à vous.
La Direction des Programmes
Nous avons bien reçu vos questions concernant la retransmission de la Coupe du monde de rugby 2011. Nous ne sommes hélas pas en mesure de diffuser ces matches. Les équipes de TV5Monde ont engagé les négociations avec les agences chargées de la commercialisation de cet événement depuis plusieurs mois. TV5Monde a développé plusieurs réseaux (8 chaînes) pour adapter ses programmes à l’attente des téléspectateurs et fluidifier la négociation des droits, mais il suffit qu’un pays d’un continent donné obtienne des droits nationaux en faisant une offre importante, pour que nous ne puissions plus avoir accès au programme sur tout un continent.
En l’occurrence, mais comme c’est le cas pour les événements mondiaux (JO / championnats du monde), des télévisions nationales puissantes ont fait des offres à des niveaux financiers que notre budget ne nous permet pas de concurrencer. La couverture de TV5Monde est si large qu’il nous faudrait pouvoir réunir des montants équivalents à la totalité des droits d’acquisition de tous les pays du monde (nous sommes reçus dans 200 pays), ce qui représenterait des centaines de millions - voire des milliards de $ - pour chaque événement, budget dont nous ne disposons évidemment pas. Croyez que, passionnés de rugby, nous sommes nous aussi frustrés de ne pouvoir diffuser ces événements et vous satisfaire. Nous rendrons compte dans nos journaux des résultats, nous avons décidé d’envoyer une journaliste faire des reportages en NZ et proposerons de courts portraits de joueurs. Nous diffusons également depuis le weekend du 3 septembre une émission spéciale de 52 mn, La Magie de la coupe du Monde. Ces éléments seront également consultables sur un site dédié sur TV5Monde.com. Nous tentons de répondre à vos attentes le reste de l’année, selon les continents, en proposant des matches du Top 14, ou de la H Cup, ainsi que des émissions spéciales. En vous remerciant de votre fidélité, bien à vous.
La Direction des Programmes
Inscription à :
Articles (Atom)
motard dans la cendre
merapi novembre 2010
face sud du merapi
paysage de désolation après le passage des lahar